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A l’Institut du monde arabe, les merveilles textiles du dernier émir


Portrait officiel de l’émirde Pavel Benkov (1929). La Fondation pour le développement de l’art et de la culture de la République d’Ouzbékistan © Andrey Arakelyan

Plus de 1100m2Yaffa Assouline a sélectionné des costumes et accessoires de la cour des derniers émirs de Boukhara, jamais exposés auparavant.

L’Institut du Monde Arabe flamboie littéralement en présentant sur 1100 m2 costumes et accessoires dignes de Mille et une Nuit. Celles de la cour des derniers émirs de Boukhara, jamais exposées auparavant. La ville ouzbèke et son imposante citadelle médiévale qui les conserve prête ces trésors de soie et d’or, vestiges d’une période d’apparat unique. Dans leurs vitrines individuelles qui permettent de se retourner, ou par groupes, suspendus dans les airs comme dans un rêve opiacé, de majestueux manteaux de velours et d’or appelés chapans constituent une sorte d’apothéose des cités caravanières ancestrales d’Asie. central, juste avant le nivellement communiste.

« C’était le 2 septembre 1920, se souvient Yaffa Assouline. Boukhara est devenue la République populaire soviétique et le dernier émir, déjà sous protectorat, s’est enfui en Afghanistan. Il a laissé un palais dans lequel son prédécesseur Muzaffar ed-Din (1860-1885) avait installé un atelier privé de tissage et un autre de broderie. Le souverain décidait pour lui-même, sa famille, sa cour et même ses soldats des patrons et motifs à porter. Il est facile d’imaginer cette magnificence d’antan à l’IMA, car, outre les chapans, voici de lourds bijoux et turbans, des selles en bois peintes à la main, des harnachements de chevaux en argent sertis de turquoises talismaniques. Et plus tribal kaftans ikat, une sorte de soie virtuose puisqu’elle est teinte en fil à fil avant le tissage. Et enfin des tapis et nappes appelés suzanis, des univers floraux et stellaires très colorés, presque psychédéliques.

Extrême diversité des techniques et des matériaux

Par rapport à ces ensembles, quelques toiles surprenantes. Les productions orientalistes de l’avant-garde russe au tournant du XXe sièclee siècle. Ces peintures n’avaient jamais quitté leur musée à Noukous, surnommé, pour sa richesse et son éloignement, le « Louvre des steppes ». Mais ce qui frappe le plus ici, dans cette sélection de Yaffa Assouline, c’est l’extrême diversité des techniques et des matériaux. Soies chinoises, cotons locaux ou indiens, laines de steppe et de montagne s’associent parfois à des longueurs de Leeds ou de Lyon comme cadeaux diplomatiques. Car, dans ces années que Rudyard Kipling appelait « le grand jeu », les khanats d’Asie centrale étaient l’objet d’intenses luttes d’influence. Le monde entier semblait courtiser leurs dirigeants. Et, à Boukhara, la guerre de l’élégance bat son plein.

« Sur les routes de Samarcande. Merveilles du soir et de l’or », jusqu’au 4 juin 2023 à Institut du monde arabe (Paris 5e).

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