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A Nantes, la mode s’expose à la lumière des Lumières

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Par Sophie Abriat

Publié aujourd’hui à 07h00

A Nantes, la mode s’expose à la lumière des Lumières

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Fin novembre, alors que nous les rencontrons à quelques jours du vernissage de l’exposition, Angélique Illiet et Delphine De Trégomain, chargées de collection au Palais Galliera, sont au bord de la guerre, en pleine opération « modelage » . Dans le jargon des musées, cela signifie créer un mannequin parfaitement adapté aux formes et à l’apparence de la personne qui a porté la tenue dans le passé. Un travail de reconstitution historique, mais aussi un geste de conservation.

« Les pièces vont rester exposées plusieurs mois, il faut donc bien répartir le poids du vêtement sur toute la structure et s’assurer qu’il n’y a pas de tension susceptible d’abîmer les fibres », expliquent les deux spécialistes, en positionnant une « robe volante » du XVIIIe siècle en lampas de soie sur un de leurs mannequins entièrement fait main, garnis de ouate, jupons en toile, cascades de tulle et morceaux de crin.

Habillées de leurs vêtements, ces « silhouettes basses » parfaitement exécutées, dont le look dépouillé ne manque pas de charme, sont invisibles aux yeux des nombreux visiteurs venus découvrir l’exposition – à l’ouverture, on comptait près de 1 000 entrées par journée.

« Toute notre mission était de faire en sorte que les costumes ne soient pas subordonnés au discours des beaux-arts mais traités sur un pied d’égalité avec les peintures. »Adeline Collange-Perugi, commissaire d’exposition

C’est la première fois que le Musée des Arts de Nantes, en collaboration avec le Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris, confronte pièces textiles et œuvres picturales, croisant des influences réciproques entre le monde artistique et celui de la mode dans le 18ème sièclee siècle. « Toute notre mission était de faire en sorte que les costumes ne soient pas subordonnés au discours des beaux-arts mais traités sur un pied d’égalité avec les peintures », argumente Adeline Collange-Perugi, conservatrice chargée des collections d’art ancien au musée de Nantes, qui commissaire de l’exposition avec Pascale Gorguet Ballesteros, conservatrice en chef, responsable du département mode 18ee siècle et des poupées au Palais Galliera. Tous deux sont ravis de l’intérêt porté à l’exposition. Car, sur le papier, rien n’était gagné.

« Le XVIIIe siècle est encore trop souvent considéré comme un moment poussiéreux de l’histoire, qui sent bon la naphtaline. Quant à la mode de l’époque, on a tendance à la résumer à Mademoiselle Bertin, la « ministre de la mode » de Marie-Antoinette », avance Pascale Gorguet Ballesteros. Ensemble, ils ont passé plus de deux ans à concevoir ce projet savant, qui rassemble pas moins de 200 pièces – peintures et costumes confondus.

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