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A Zurich, un peintre en résistance contre le plus grand musée de la ville

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La peintre suisse Miriam Cahn est célèbre dans le monde de l’art pour ses toiles aux couleurs acides représentant des silhouettes fantomatiques. Exposée dans les plus grandes institutions du monde, et notamment en ce moment à la Bourse de Commerce, à Paris, inaugurée en mai 2021 par le milliardaire François Pinault, la plasticienne de 72 ans a, en début de carrière, l’a vue acheter des œuvres. par le plus grand musée public de Suisse, le Kunsthaus Zurich.

Mais aujourd’hui, entre l’artiste et l’institution, rien ne va plus. En décembre 2021, dans une lettre ouverte publiée par Tachles, l’hebdomadaire de la communauté juive suisse, il a ciblé le musée de Zurich, exigeant le rachat de l’ensemble de ses 31 œuvres de la collection.

Bührle, marchand pour le IIIe Reich

Aux yeux de Miriam Cahn, le « Réputation du musée [serait] terni «  par l’installation, en octobre 2021, d’une collection de peintures de Manet, Degas et Van Gogh éminemment controversée car ayant appartenu à Emil Georg Bührle, décédé en 1956. Petit personnage
fréquentable comme ce marchand d’armes naturalisé suisse allemand qui a d’abord armé, en toute neutralité, à la fois les Alliés et la Wehrmacht, avant de choisir son camp, en 1940, celui du IIIe Reich.

« Un pas a été franchi. Que cet ensemble soit affiché dans un cadre privé n’est pas mon problème. Mais, dans un musée public, ce n’est pas moral. »Miriam Cahn

Son entreprise lui a permis de constituer une importante collection pendant et après la guerre. Cet ensemble comprend des toiles achetées en partie à la Swiss Fischer Gallery, connue pour avoir orchestré la vente d’œuvres considérées comme de l’art « Dégénérer » par les nazis et les biens commercialisés pillés aux Juifs. D’autres ont été vendues à la va-vite par leurs propriétaires avant de quitter l’Allemagne. Autant de toiles longtemps conservées à la Fondation Bührle, en périphérie de Zurich, mais qui, depuis octobre et l’ouverture d’une nouvelle aile au Kunsthaus, sont visibles par un large public.

Pour Miriam Cahn, elle-même de confession juive, ces origines sont autant de marques indélébiles. « Un pas a été franchi, se confie-t-elle au téléphone, depuis le village de Stampa, où elle habite, dans le canton des Grisons. Que cet ensemble soit montré dans un cadre privé [comme au Musée Maillol, à Paris, en 2019], ce n’est pas mon problème. Mais, dans un musée public, ce n’est pas moral.  » Invoquant ses propres droits moraux et soutenue par ses galeries, elle demande à récupérer ses œuvres en les rachetant « Au prix d’origine ».

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