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Adrienne Weick, lauréate du Grand Prix des Chercheurs 2022


Le jury couronné Le mauvais septièmepublié par Robert Laffont et Magazine du Figaro. Un roman policier sur un manuscrit perdu et caché de Jules Barbey d’Aurevilly, l’auteur de diabolique, dans les décors du Cotentin.

Guy Savoy reçoit dans son prestigieux restaurant du 11 Quai de Conti à la Monnaie de Paris. Le cadre est magnifique et le repas aussi. Trois tables réunissaient le summum de l’investigation médico-légale. Un jury de treize experts qui a travaillé sur quelques manuscrits sur la centaine reçus entre décembre et février par Glenn Tavennec, responsable de la collection police La bête noire aux éditions Robert Laffont. Qui coéditent depuis quatre ans avec Magazine du Figaro le roman choisi. Celui de cette année paraîtra le 22 septembre puis, comme les trois précédents, devrait être inclus dans la collection poche.

Le président de l’Académie Goncourt, Didier Decoin, auteur d’un Amateurs de dictionnaires de faits divers, s’était excusé. Patrick Baudot, ancien chef d’état-major de la Brigade criminelle et secrétaire du prix, a présidé cette quatrième édition avec la verve qui le caractérise. Sous les yeux d’experts judiciaires, de magistrats, de policiers, d’un médecin légiste, d’un archéologue à la Cour pénale internationale et d’Olivier Marchal, ancien inspecteur au SRPJ de Versailles devenu comédien, metteur en scène, il, d’abord en patois du Cotentin, a salué le roman d’Adrienne Weick, qui est, il a tenu à préciser « ni un thriller ni un thriller mais un roman policier», avant d’ajouter «l’énigme étant notre moteur » à tous.

Malédiction, sournoiserie, trahison sont au menu de Le septième diabolique. Les six premiers ayant été rassemblés dans un volume intitulé Diabolique de Jules Barbey d’Aurevilly en 1874. Ce critique acharné qui épuisa Hugo, Zola et d’autres, ce prince du dandysme qui inspira Baudelaire, est un peu oublié aujourd’hui. C’est tout le mérite d’Adrienne Weick de le remettre en pleine lumière grâce à cette intrigue très bien cousue.

Direction le Cotentin et Valognes

Pourquoi Barbie ? « Tout d’abord, répond ce responsable financier au sein de la DRAC, je suis originaire du Cotentin. En 2008, lors du bicentenaire de sa naissance, j’ai assisté à un magnifique spectacle sur Diabolique à Valognes. Cela m’a donné envie d’écrire sur ce livre et sur cet auteur. J’aime les losers et Barbey d’Aurevilly en fait partie car il était déjà hors de son temps. Son génie et son sens de la formule lui ont fait beaucoup de dégâts et d’ennemis. J’ai commencé à imaginer ce qu’aurait pu être la septième nouvelle du recueil Diabolique et peu à peu, l’histoire a grandi et est devenue un roman. Le plus difficile n’était pas de l’écrire mais de le corriger, de l’amender. Cela m’a pris au total trois ans. C’était un défi à relever alors que j’avais des enfants à élever et un travail. Une forme d’émancipation en somme !»

Embarquons donc pour le Cotentin et Valognes où dans plusieurs vieilles bâtisses ayant miraculeusement échappé aux bombardements allemands et américains pendant la Seconde Guerre mondiale, une quête passionnante se joue. Par hasard, un auteur à succès en difficulté et un étudiant naïf découvrent des lettres cachées dans le manoir. Pas n’importe quelles lettres, celles écrites par Jules Barbey d’Aurevilly. Dans ses missives, il s’agit d’une femme recluse. Des inédits du maître sont-ils également cachés dans l’une des résidences où il a séjourné ?

Une énigme que ces détectives amateurs tenteront d’élucider à leurs risques et périls. Caches secrètes, tunnels, ombres menaçantes leur font remonter le temps et revivre l’épisode de la fuite de l’écrivain lors de violents combats dans le Paris de feu et de sang de 1871. Tout y est, y compris l’histoire de Barbey avec Louise Read, cette femme qui fut la dernière muse de l’écrivain, sa gouvernante et secrétaire, son admiratrice qui consacra les dernières années de sa vie à rééditer et faire connaître l’œuvre du dandy né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans le Cotentin.

Le septième diabolique, lauréat du Grand Prix des Enquêteurs 2022 MME

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