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Amy Walsh : travailler pour la prochaine génération


Amy Walsh n’a pas hésité longtemps lorsque CF Montréal a frappé à sa porte pour lui demander d’être la conductrice du projet de soccer féminin du club. L’ancienne joueuse veut désormais offrir des options dont elle n’a jamais pu profiter aux jeunes filles de la nouvelle génération.

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La Québécoise a occupé de nombreux postes depuis sa retraite en 2009. Par ses fonctions d’analyste pour le réseau TSN, elle s’est rapprochée de personnalités du club telles que Gabriel Gervais, Patrick Leduc et Patrice Bernier.

« Ils savaient qui j’étais et mon passé avec le sport, et que je suis passionnée non seulement par le football, mais par le football féminin », a expliqué celle qui n’allait pas manquer une occasion de jouer un nouveau rôle dans son sport préféré.

Selon Leduc, Walsh est la première pièce du puzzle vers l’ajout d’une composante féminine à l’Académie. Elle n’est pas non plus étrangère au club, puisqu’elle travaille avec les jeunes depuis 2019 en tant que formatrice de yoga et de mobilité.

Un chemin vers l’équipe nationale ?

La femme de 44 ans connaît le chemin pour atteindre les sommets, mais l’opportunité d’offrir un « raccourci » aux jeunes filles de la Belle Province s’offre à elle.

C’est en 1996, à 19 ans, alors qu’elle jouait avec les Martlets de l’Université McGill, que la milieu de terrain a été repérée par l’Université du Nebraska. Ce déménagement aux États-Unis lui a ouvert la voie pour se joindre à l’équipe senior du Canada.

Si CF Montréal réussit à faire progresser les filles de 13 à 18 ans au sein de son Académie, elles pourraient ainsi faire rayonner le Québec sur la scène internationale, et ce, en ayant développé leur talent dans leur arrière-cour.

« C’est quelque chose qui n’existait pas quand j’étais adolescent. […] Ce qui manquait un peu à mon développement, c’est l’avantage technique qu’ont les jeunes filles actuellement », a admis Walsh, impressionnée par la démonstration des 13-14 ans lors du match des étoiles féminin au Stade Saputo, le 4 septembre dernier.

« Je n’ai pas eu la chance d’avoir ça quand j’étais petit, alors je regarde ma carrière en équipe nationale pendant 10 ans ou en tant que joueur professionnel. Je leur dis que maintenant ils peuvent tout faire. »


Amy Walsh : travailler pour la prochaine génération

PHOTO COURTOISIE/ CF MONTRÉAL

Des modèles

Puisque le soccer féminin bénéficie d’une belle vitrine avec les succès du Canada dans les compétitions internationales, notamment aux Jeux olympiques, les filles ont de nouveaux modèles.

Présentée aux adolescentes lors du match des étoiles, Walsh a déclaré qu’elle n’était pas reconnue, de même pour Rhian Wilkinson. Pourtant, les deux Québécois comptent à eux deux près de 300 sélections avec le Canada.

Comme ces jeunes joueurs, le natif de Saint-Bruno n’a pas non plus eu ce genre d’inspiration en grandissant. Cela est en train de changer.

« Pour moi, en arrivant en équipe nationale, j’ai découvert plus tard qu’elle existait. Je n’en avais pas dans mes modèles; ils ressemblaient plus à Wayne Gretzky ou à mon grand frère. Maintenant, ces jeunes filles ont Christine Sinclairs », a déclaré fièrement Walsh.

Inspiration au Canada

Créer de toutes pièces une composante féminine dans une équipe professionnelle n’est pas une mince affaire, mais d’autres l’ont fait avant le CF Montréal. A l’autre bout du Canada, les Whitecaps de Vancouver sont une possible source d’inspiration.

Le programme féminin de la Colombie-Britannique a été créé en 2015, avec le soutien de BC Soccer. La Girls Elite Academy couvre tout l’ouest du Canada et les joueuses s’entraînent à Burnaby.

Les athlètes âgés de 13 à 18 ans qui y jouent attirent régulièrement l’attention du programme national EXCEL, qui mène souvent aux équipes nationales canadiennes. Jordyn Huitema et Julia Grosso, héroïne de la feuille d’érable aux tirs au but à Tokyo en 2021, sont aussi d’anciennes diplômées de l’école des Whitecaps.

« On peut s’en inspirer, a admis le directeur de la culture soccer au CF Montréal, Patrick Leduc. Chaque club a une réalité différente. Le système de la Colombie-Britannique a des points semblables à ce que nous avons ici à Montréal, mais ce n’est pas tout à fait la même réalité.

Comme les « Caps », le Bleu-Blanc-Noir devra travailler avec l’organisme qui gère le soccer dans la province, Soccer Québec, pour collaborer efficacement.

« Les Whitecaps dirigent ce mouvement depuis longtemps. […] Ils font cela depuis longtemps et j’espère qu’éventuellement nous pourrons avoir une ligue nationale au Canada. Les Whitecaps ont toujours été les leaders dans ce domaine », a déclaré Amy Walsh, collaboratrice du soccer féminin de CF Montréal.

Égalité

Leduc croit que le temps est venu pour le club montréalais de donner des chances égales aux garçons et aux filles. L’absence de parité est un « irritant » pour lui depuis un certain temps. Le chemin sera rocailleux, mais vous devrez essayer.

L’objectif est d’envoyer plus de joueurs québécois en équipe nationale, comme les Whitecaps. Le CF Montréal peut aussi se démarquer dans sa région et il en a les moyens, croit-il.

« Je me demande si on contribue assez, si on peut faire mieux : certainement, a assuré Leduc. Les clubs MLS ont fait la différence au niveau masculin. Le CF Montréal contribue au nombre de joueurs qui font partie de l’équipe nationale [masculine]. Peut-on faire une différence au niveau féminin ?

« Nous avons une scène qui peut stimuler l’appétit des joueurs. Le Stade Saputo est comme une scène de spectacle. Ça donne du carburant, de la motivation aux jeunes. Nous avons un réseau », a ajouté l’ancien joueur.



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