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Après Kherson, l’Ukraine affirme avoir lancé une opération amphibie de l’autre côté du Dniepr


De la fumée s’élève de la rive gauche du Dniepr. VALENTYN OGIRENKO / REUTERS

Les forces ukrainiennes ont mené un assaut maritime sur la péninsule de Kinburn, en bordure de l’oblast de Kherson. Cependant, aucune confirmation du succès de cette opération n’a été donnée.

Ce n’est pas le moment d’une pause opérationnelle pour l’Ukraine. Deux jours seulement après avoir repris la ville de Kherson, abandonnée par les Russes, les forces de Kyiv auraient lancé un assaut amphibie sur la péninsule de Kinburn, à cheval sur l’oblast de Mykolaïv et Kherson.

« La péninsule de Kinburn, qui reste la seule fraction non libérée de la région de Mykolaïv, est désormais l’un des objectifs des forces armées ukrainiennes. Les combats se déroulent», a annoncé le 12 novembre Nataliya Humenyuk, porte-parole du commandement sud de l’armée ukrainienne. De manière plus ludique, le directeur de cabinet de Volodymyr Zelensky, Andriy Yermak, a communiqué sur cette opération… en emojis sur Twitter.

Le ministère britannique de la Défense a publié sa carte quotidienne du conflit, incluant la péninsule dans le territoire contrôlé par les Ukrainiens.

Ces déclarations donnent un certain crédit aux images présentées comme celles de l’opération, publiées sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Mais pour l’instant, aucun communiqué officiel ne garantit le succès de cet assaut.

Une position stratégique

La péninsule occupe une position hautement stratégique, séparant la mer Noire de l’estuaire du Dniepr. Surtout, elle n’est située qu’à une poignée de kilomètres en face d’Ochakiv, une importante base navale ukrainienne. L’armée russe en prend le contrôle à la mi-juin, trois mois après avoir conquis la région de Kherson. De cet éperon de sable et de marais salants, elle avait bombardé le port d’Ochakiv, détruisant notamment la corvette de lutte anti-sous-marine Vinnytsia. Plus généralement, Kinburn est utilisé depuis juin comme base d’artillerie avancée et plate-forme de lancement des désormais célèbres drones iraniens.

La péninsule de Kinburn. Google Maps

Depuis dimanche, des rumeurs circulent sur un débarquement des forces spéciales ukrainiennes sur la péninsule et un retrait des Russes. Plusieurs comptes Telegram pro-russes ont même annoncé la libération du nord de la péninsule, sans que cette information ait été officiellement confirmée. Le service de presse du gouverneur de la région de Kherson a également démenti formellement tout débarquement ukrainien. « La péninsule de Kinburn est sous le contrôle de l’armée russe. Il n’y a pas eu de tentatives ennemies de débarquer sur la péninsule», a assuré l’organe, auprès de l’agence de presse russe TASS.

Mais si cette opération s’avère réellement un succès, ce sera en partie grâce au matériel naval américain fourni à Kyiv, et notamment à des dizaines d’engins de combat. « Aux capacités ukrainiennes restantes, il faut ajouter 18 bateaux américains annoncés en juin, puis 40 récemment promis», souligne Joseph Henrotinrédacteur en chef de la revue Défense et sécurité internationale et chercheur au Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux.

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Opération de harcèlement ou reconquête ?

Reprendre la péninsule de Kinburn présenterait en tout cas de multiples intérêts pour les forces ukrainiennes. Un débarquement réussi leur permettrait d’abord d’y neutraliser définitivement la base de tir russe et ainsi de faciliter le transit des navires dans cette zone tout en protégeant leurs ports. Néanmoins, cette position semblait déjà compromise depuis que l’Ukraine avait repris la rive droite du Dniepr, puisqu’elle se trouvait elle-même à portée des canons ukrainiens.

Est-ce alors le préambule d’une reconquête de l’oblast de Kherson, ou une simple opération de harcèlement, pour déstabiliser le dispositif russe au sud du Dniepr ? Cet assaut permettrait en effet d’étirer l’armée russe et de fixer des troupes dans la péninsule, afin d’obtenir une plus grande marge de manœuvre sur le fleuve.

Mais ce débarcadère pourrait aussi devenir une véritable tête de pont sur la rive gauche du fleuve. Dans ce cas, l’armée ukrainienne affirme sans doute sa volonté de déborder l’armée russe sur son flanc ouest et de contourner ses lignes de défense pour reprendre l’oblast de Kherson. Cette manœuvre permettrait à l’armée ukrainienne de ne pas avoir à traverser le Dniepr, où tous les bateaux ont été détruits par les Russes dans leur fuite.

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