Skip to content
Après l’escale Lyon-Marseille, le foot français lorgne toujours le modèle anglais des tribunes


Pendant la campagne présidentielle, un candidat peut vanter les mérites de l’industrie allemande puis citer en exemple la social-démocratie scandinave. Interrogé sur l’arrêt du match Lyon-Marseille dimanche, Xavier Bertrand a salué, lundi 22 novembre, au lendemain de la fin du match Lyon-Marseille, le modèle anglais avec sa pacification des stades de football de la fin des années 1980.

« Il faut qu’il y ait des sanctions qui soient prises… On ne peut pas avoir la dérive en France de ce sport redoutable, si populaire, comme on a pu le savoir en Angleterre à un moment », a déclaré sur France Inter, le président de la région Hauts-de-France dans la course à l’investiture des Républicains.

Un autre président, celui de la Ligue de football professionnel (LFP), cite également en exemple le voisin d’outre-Manche. Dans une interview avec L’équipe, lundi, Vincent Labrune salue les dirigeants du RC Lens qui ont recensé une quarantaine de leurs supporters et décrété des interdictions commerciales de stade après les incidents lors du derby contre Lille en septembre. « C’est par ce type de comportement que nous pourrons éradiquer ce fléau. Ce n’est pas facile, mais nous n’avons plus le choix. L’Angleterre a réussi à s’en sortir il y a plusieurs décennies », estime le patron de la LFP.

Lire aussi L’OL sanctionné d’un huis clos total, par précaution, après l’interruption du match contre l’OM

Parce qu’il a vaincu le fléau du hooliganisme, le modèle anglais se pare de toutes les vertus. Mais la comparaison passe un peu vite sur le contexte historique incomparable avec la série d’incidents survenus cette saison dans les stades de Ligue 1. « La réponse des pouvoirs publics et des clubs intervient dans un contexte particulier, celui des plus grandes catastrophes avec des dizaines de morts en trois étapes », rappelle Ronan Evain, directeur exécutif de l’association indépendante Football Supporters Europe (FSE).

La France n’a jamais connu un traumatisme comme l’épisode tragique de Hillsborough, du nom du stade délabré de Sheffield, avec ses 97 morts dans une bousculade avant un match de Coupe entre Liverpool et Nottingham en 1989. Voté deux ans plus tard, le Football Offences Act, introduit trois nouveaux délits : pénétrer sur la pelouse, chanter des chansons racistes ou jeter un objet sur la pelouse revient désormais à s’exclure des stades.

Derrière la politique restrictive, le dialogue avec les supporters

Avec la Premier League naissante, l’Angleterre a ensuite influencé ses voisins continentaux avec la généralisation de la vidéosurveillance, la suppression des clôtures et la fin des tribunes debout. Dans les stades rénovés, les prix augmentent aussi, modifient la sociologie des tribunes – avec le début d’une certaine gentrification – et contribuent à les apaiser.

Vous avez 42,75% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.