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Au Kenya, la sécheresse décime des milliers d’animaux dans les parcs nationaux

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A l’heure de la COP15 et alors que la Corne de l’Afrique souffre d’une pluviométrie insuffisante depuis fin 2020, éléphants, gnous, zèbres et girafes meurent de la sécheresse, selon le gouvernement.

Alors que la COP15, la conférence de l’ONU sur la biodiversité s’ouvre ce mercredi 7 décembre à Montréal avec un défi colossal : conclure un accord historique en deux semaines, à Amboseli, dans le sud du Kenya, près de la frontière avec la Tanzanie, la terre est sèche et craque sous les pieds . Pas une haute herbe à l’horizon, les feuilles des arbres décharnés sont jaunies. Des carcasses d’animaux gisent le long de la route.  » La dernière grosse pluie que nous avons eue ici était en décembre 2021 Déplore Josphat Wangigi Kagai, 37 ans, un garde forestier du Service de conservation de la nature (KWS) qui travaille dans le parc depuis 2016.

Il vient d’être appelé par Kelembu Ole Nkuren, un berger Massaï qui a découvert, alors qu’il faisait paître son troupeau, un éléphant mort depuis près d’un mois. Le pachyderme, éventré par les rapaces et autres prédateurs, gît dans la vaste plaine dominée par les sommets enneigés du Kilimandjaro. Une odeur fétide entoure les restes de l’animal, âgé seulement de sept ans alors que l’espérance de vie des éléphants tourne autour de 60 ans.  » Cet éléphant est mort de sécheresse », déplore Josphat Wangigi Kagai. A l’aide d’une hache, il s’emploie ensuite à retirer les défenses de l’animal pour éviter qu’elles ne soient ramassées par les braconniers.  » Depuis quelques semaines, on fait ça pratiquement tous les jours, c’est la première fois que je vois ça, ça me rend particulièrement triste il soupire.

205 éléphants, 512 gnous, 381 zèbres et 12 girafes sont morts de la sécheresse

Plus de 100 éléphants sont morts – sur un total de 2 000 – depuis juin dans le parc d’Amboseli. Tony KARUMBA / AFP

Au Kenya, la sécheresse, conséquence du changement climatique, a plongé au moins 4 millions de personnes dans la faim (sur une population de plus de 50 millions d’habitants) mais aussi sa faune exceptionnelle, qui en fait une destination touristique prisée. Selon la ministre du Tourisme Peninah Malonza, 205 éléphants, 512 gnous, 381 zèbres et 12 girafes sont morts de la sécheresse entre février et octobre.

A Amboseli, l’un des deux parcs emblématiques du pays avec celui du Masaï Mara, les puits se tarissent, les pâturages se transforment en poussière. « Il y a quelque temps j’ai vu un éléphant épuisé, je lui ai donné à boire mais il était déjà trop tard. Il s’est effondré peu de temps après », explique Josphat Wangigi Kagai, affirmant que les zèbres et les antilopes sont les plus touchés.

Les zèbres et les antilopes sont les plus touchés par la sécheresse. Tony KARUMBA / AFP

« Cette sécheresse est terrible (…) car tout disparaît en ce moment : zèbres, gnous, girafes et éléphants. Je n’ai jamais vu autant d’animaux sauvages mortsassure Kelembu Ole Nkuren, le berger Massaï qui a passé 35 ans de sa vie à Amboseli. Avant la sécheresse, vous pouviez voir des troupeaux d’éléphants errer dans cette partie du parc, ils sont introuvables aujourd’hui « , il continue. Dans une zone reculée du parc, des corps en décomposition de zèbres, de buffles et d’antilopes s’étendent sur le sol aride. Des essaims de mouches se forment. « Le point d’eau le plus proche est à une trentaine de kilomètres, c’était trop loin pour eux», explique Josphat Wangigi Kagai.

Foin et puits contre le carnage

A Amboseli, les rangers apportent du foin aux animaux tous les deux jours. Tony KARUMBA / AFP

Selon Norah Njiraini, membre depuis 1985 de l’Amboseli Trust for Elephants, une organisation qui étudie les pachydermes dans le parc, plus de 100 éléphants sont morts – sur un total de 2.000 – depuis juin dans le parc d’Amboseli. La période actuelle lui rappelle un autre épisode de sécheresse, en 2009, qui a été particulièrement meurtrier pour les éléphants. Faute d’anticipation, cet épisode avait étépire qu’aujourd’huipour les animaux, selon elle. « En 2009, on a perdu des femelles adultes (…), et cette année c’est différent car on perd les plus jeunes« , elle s’inquiète. Cette année, les services de protection de la nature et les agents du parc se mobilisent pour tenter de limiter les conséquences de cette sécheresse. A Amboseli, les rangers apportent du foin aux animaux tous les deux jours.

Dans le parc national de Tsavo East, à environ 140 km au nord, KWS a foré des puits pour amener de l’eau à la surface pour que les animaux puissent s’abreuver. Cinquante-quatre éléphants y sont morts malgré tout entre février et octobre. « Selon les prévisions météo, les précipitations pour cette saison des pluies (d’octobre à décembre) ne devrait pas suffire», souligne Kenneth Ochieng, le directeur du parc, malgré quelques averses récentes. Malgré un horizon sec, il veut resteroptimisteet estime que les actions entreprises porteront leurs fruits :Les problèmes que nous avons sont causés par l’homme (réchauffement climatique, ndlr) et la solution vient aussi de l’homme« .

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