Skip to content
Bataille de symboles autour d’une œuvre explorant le passé antisémite de Vienne


La commission artistique, construite autour du monument à la gloire du maire Karl Lueger, antisémite notoire admiré par Adolf Hitler, n’a pas convaincu tous les Viennois.

En octobre 2020, un groupe d’artistes viennois a inscrit le mot « honte » sur le socle du monument dédié à Karl Lueger (1844-1910), maire antisémite admiré par Adolf Hitler, qui s’est dressé pendant près d’un siècle sur la Ringstrasse , l’équivalent des grands boulevards de Vienne. Sous la pression des Viennois, pour qui ce rappel indirect de l’idéologie national-socialiste ne fonctionne plus, le maire de Vienne a confié à deux artistes autrichiens une intervention sur le site : il s’agit de construire une structure en bois, aux couleurs vives et aux un aspect fragile qui contraste avec cette statue massive.

Cette tentative del’art qui cache la honte», inauguré en octobre, ne fait cependant pas l’unanimité dans la capitale autrichienne, notamment auprès de l’Union des étudiants juifs d’Autriche. L’une de ses représentantes, Victoria Borochov, a ainsi estimé qu' »unAvec ces couleurs et cette taille démesurée, on ne voit absolument pas que cette installation est censée traiter de l’antisémitisme. » Seulement « un petit texte sur une base en bétonprécise cette intention, note-t-elle.

L’adjointe au maire pour la culture Veronica Kaup-Hasler défend la position de la ville. « L’objectif de cette œuvre n’était pas d’être spécifiquement une sculpture contre l’antisémitisme mais d’ouvrir un espace de discussion. Les œuvres d’art invitent à la réflexion de manière complexe et paradoxale. L’art n’apporte jamais de réponse simple« , dit-elle.

Ephémère, cecadrage artistiquedoit céder la place à une nouvelle œuvre dans un an. L’occasion pour la mairie et les artistes de sortir plus clairement de l’ambiguïté historique qui entoure Karl Lueger. Très inspiré par le baron Haussmann, le maire avait transformé Vienne au tournant du XXe siècle pour en faire la capitale que l’on connaît. Mais ses positions antisémites lui valent aussi d’être cité en exemple par Adolf Hitler dans Mein Kampf. A tel point que l’historien Florian Wenninger, de l’Université de Vienne, le considère comme l’une des sources d’inspiration de l’idéologie national-socialiste.

lefigaro – divertissement

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.