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Bronchiolite aggravée par la pollution de l’air intérieur


L’exposition des bébés à certains produits chimiques augmente le risque de toux sèche et d’infection respiratoire, rappelle une étude française.

A l’heure où les services hospitaliers font face à un afflux de cas de bronchiolite, une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) souligne l’importance d’assurer la qualité de l’air dans les chambres des bébés. Cette recherche, menée dans le cadre de la cohorte parisienne qui suit la santé respiratoire de 3 840 enfants nés entre 2003 et 2006, montre qu’une exposition précoce au formaldéhyde – un produit chimique très présent dans l’environnement intérieur – augmente le risque de bronchite, de bronchiolite et d’épisodes de troubles nocturnes. toux sèche chez les nourrissons.

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Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mesuré la pollution de l’air dans les maisons de 196 enfants participant au projet de recherche. Des capteurs placés pendant sept jours dans la chambre du bébé ont enregistré la concentration de différents polluants un mois après la naissance, puis à 6 mois, 9 mois et 1 an. Ces mesures ont été comparées aux caractéristiques des logements (âge, chauffage, ameublement, humidité, double vitrage, etc.) et de leurs occupants (habitudes de ventilation, activités pratiquées, tabagisme).

« Il est apparu que la présence de parquet vitrifié, stratifié ou flottant, de peinture et d’aggloméré entraînait des niveaux importants de formaldéhyde, d’autant plus que ces sources étaient récentes »précise Isabelle Momas, professeure de santé publique à l’université Paris Cité et responsable scientifique de la cohorte, dont les enfants sont aujourd’hui des adolescents.

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Les scientifiques ont ensuite développé un modèle mathématique qui prédit les niveaux de formaldéhyde en fonction des caractéristiques de l’habitat. Cela leur a permis d’extrapoler les résultats pour reconstituer l’exposition précoce de chacun des enfants de la cohorte.

Les questionnaires de santé adressés aux parents ont révélé que 43 % des enfants souffraient d’au moins une infection respiratoire avant leur premier anniversaire, la moitié d’entre eux sifflant simultanément, ce qui constitue un facteur grave. Une toux sèche nocturne a été signalée chez 15 % des nourrissons. Ce taux était augmenté chez les bébés exposés à des niveaux plus élevés de polluants dans l’air ambiant.

Conseiller en environnement intérieur

« Par ses propriétés irritantes, le formaldéhyde peut affecter l’épithélium bronchique et constituer un facteur amplificateur des symptômes.souligne le Pr Bertrand Delaisi, pneumologue et pédiatre à l’Institut de l’Enfant de Boulogne-Billancourt. Autrement, l’immaturité du système respiratoire rend le nourrisson particulièrement vulnérable ». Or, la présence de ce produit dans l’air des habitations est importante en France, selon les mesures réalisées ces dernières années.

La seule arme défensive dont disposent les parents reste la ventilation de l’appartement, même s’il fait froid, pour chasser les polluants. « Le tabac est aussi à éviter absolument.prescrit Bertrand Delaisi. En cas de problème de santé récurrent, il est également possible de contacter un conseiller en environnement intérieur qui établira un diagnostic précis d’humidité, de pollution, d’allergènes, de poussières, etc. »

lefigaro -helth

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