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« Ce Tartuffe a un truc hollywoodien »

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ENTREVUE – Le samedi 15 janvier, l’acteur jouera le rôle-titre de Tartuffe de Molière dans la mise en scène du Belge Ivo Van Hove, à la Comédie-Française.

Le trentenaire est à la fois impatient et concentré. Christophe Montenez, qui a rejoint les Français à 25 ans, est membre de la maison depuis 2020. Il joue, à partir du 15 janvier, dans Tartuffe réalisé par Ivo Van Hove. Il raconte comment il a vu cela en premier. Et le privilège d’être dirigé par un réalisateur de renom.

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Le Figaro : Que vous a dit Ivo Van Hove sur le rôle ?

Christophe MONTENEZ : Il voulait un jeune Tartuffe, il y aura un prologue. Nous partons de l’image d’un clochard recueilli par une famille qui va parasiter, transformer et faire exploser la cellule familiale. Les personnages se révèlent parce qu’ils sont confrontés à ce personnage. j’ai pensé à Théorème, le film de Pasolini, même si ce n’est pas la même chose. C’est intimidant, emblématique, on peut être impressionné mais le travail et la mise en scène le concrétisent et vous le relativisez. Le jour de la première, je serai nerveux. Par ailleurs, Pathé rediffuse la pièce en direct dans ses cinémas. Esthétiquement, c’est beau, le décor de Jan Versweyveld est pensé pour l’acteur. Ivo est dans le spectaculaire, il n’a pas peur de faire le show, de faire des effets. La musique d’Alexandre Desplat porte les acteurs. Il y a un truc hollywoodien, titanesque. Ivo ouvre la voie à l’imaginaire, tout est possible avec lui. Rien n’est interdit. Il a l’air simple, mais il est expérimenté et travaille beaucoup en amont.

Que représente Tartuffe pour vous ?

Nous nous débarrassons de l’idée qu’il est un faux dévot. « Pour être dévot, je n’en suis pas moins un homme », dit-il. Un homme aimé d’Elmire (Marina Hands) et d’Orgon (Denis Podalydès), avec un amour du désir, du corps, presque mystique. Il est attachant, sa déclaration à Elmire est magnifique. Il est séduisant, fatalement manipulateur, mais si vous le traitez comme s’il était authentique tout le temps, c’est troublant. Elle doit être prise avec le plus de sincérité possible. On ne le voit pas comme un personnage de farce, c’est intéressant de voir comment Ivo, homme de théâtre d’une culture différente de la nôtre, traite ce personnage. La pièce est comme une tragédie, le mal est entré dans notre maison. Comment le sortir ? Pour la famille, il y a une réelle urgence à trouver une solution. Le plateau est lourd et chargé, il y a de la gravité. Et aussi le fait d’être vierge dans cette mise en scène. Ivo a dit qu’il avait réussi jusqu’à présent à ne pas mettre en scène Shakespeare en Angleterre et Molière en France. Là, il saute le pas.

Avez-vous vu d’autres versions de Tartuffe ?

J’ai raté celui de Luc Bondy, mais je n’ai pas trop envie de le voir. J’aurais peur d’être influencé même sans le vouloir, d’être questionné. J’ai vu la capture de celle d’Ariane Mnouchkine. Je ne m’en souviens pas exprès… Xavier Gallais l’a joué sous la direction de Macha Makeïeff. Mais la pièce pourrait s’appeler Orgon, Elmire, ou encore Cléante (Loïc Corbery), tous les rôles sont très équilibrés.

Tu étais déjà un petit marquis en Le Misanthrope de Molière mis en scène par Clément Hervieu-Léger…

A 17 ans, je jouais Dom Juan, mais j’étais trop jeune. Molière m’est familier par ce qu’il dit. Je me rends compte avec Clément et Ivo que c’est un grand auteur, au-delà du côté sacré, de ce qu’on imagine, il est fort. Quand vous n’ajoutez pas de second degré ou que vous dépoussiérez le texte, vous enlevez des images périmées, c’est très beau, drôle et puissant. Il a un côté moderne dans l’écriture, les situations. On retrouve ces personnages de faux dévots encore aujourd’hui, Molière raconte l’espèce humaine qui ne change pas.

Comment allez-vous l’interpréter ?

Le trait d’Ivo est franc, clair, limpide. Ce qui est difficile, c’est de vouloir jouer beaucoup de choses à la fois, la manipulation, le fait que Tartuffe en profite. Là, je court-circuite presque la pensée de l’autre, il y a une approche érotique. Tout est passion et amour. Avec Orgon, c’est le partage de la foi. Ne vous posez pas trop de questions, le déroulement des scènes est dans ce tourbillon.

Quel genre d’acteur êtes-vous ?

Le costume est un cadre, il m’aide beaucoup, il transforme directement le corps. J’aime me transformer, mais je suis aussi dans l’intuition du corps, j’aime aussi la voix des acteurs, la façon de parler, le fait de prendre le temps, de construire et de déconstruire. J’aime le travailler. Je joue simplement la scène intuitivement.

Avez-vous des modèles?

Pascal Renéric dans Hamlet de Vincent Macaigne, Xavier Gallais, Niels Arestrup, on vole toujours un peu, j’imagine. J’ai vu le Deuxième surprise d’amour mis en scène par Alain Françon, j’ai compris son travail, je l’ai trouvé très moderne dans la direction des acteurs notamment. J’ai adoré Philip Seymour Hoffman, j’apprécie aussi Daniel Day-Lewis, Joaquin Phoenix ou Al Pacino.

Le cinéma vous demande aussi…

La télévision aussi, mais la Comédie-Française demande beaucoup de temps et on lui en donne beaucoup. J’attends des réponses pour les films.


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