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Ces noms propres que l’on doit à Molière

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« Mamamouchi », « tartuffe », « harpagon »… A l’occasion des 400 ans du dramaturge, Le Figaro revient sur ces noms entrés dans la « langue de Molière ».

On connaissait le latin culinaire des ridicules docteurs de Molière et leur fameux serment fourmillant de mots inventés : « De non jamais vous servez de remediis noneis quam de ces seules doctae Facultatis, maladus dust-il crevare, et mori de suo malo ? Le dramaturge se moque à plusieurs reprises de ce discours savant et forge de nombreux mots sur des étymologies grecques, latines, voire arabes. En particulier, ces racines se retrouvent cachées dans de nombreux noms propres qui sont ensuite passés dans le langage courant sous la forme de noms communs. C’est ce qu’on appelle une antonomasie.

mammouchi

« Paix ! Insolent, respectez Monsieur le Mamamouchi », s’exclame Monsieur Jourdain, répondant à sa femme qui se moque de sa tenue. Cette scène est sans doute la plus cocasse des Gentilhomme bourgeois, écrit en 1670 : alors que Monsieur Jourdain refuse l’union de sa fille avec Cléonte, cette dernière décide de le ridiculiser lors d’une cérémonie burlesque où le gentilhomme bourgeois est décoré du faux titre de « mamamouchi ». Ce drôle de nom est un titre honorifique prétendument turc inventé par Molière. Il viendrait, selon le TLFi, de l’arabe : « mamamouchi serait une déformation de l’arabe baba mouchir, nom flatteur signifiant plus ou moins père pacha ». Actuellement, ce terme est utilisé pour désigner un dignitaire de pacotille.

sosie

Le nom de Sosie, s’il apparaît pour la première fois dans une comédie de Plaute, est rendu célèbre par héberger de Molière, créé en 1668. Sosie est donc le valet d’Amphitryon, dont Mercure prend l’apparence pour mieux tromper la belle Alcmène. « Sosie » est simplement la forme française du nom grec Sosias, utilisé par Plaute dans son Amphitryon. Le mot est entré dans le langage courant pour désigner une personne ayant une forte ressemblance avec une autre.

Amphitryon

Lui aussi nous vient de la pièce éponyme de Plaute, dont Molière s’est inspiré et a transmis le nom à la postérité. Il est le maître de Sosie et le mari trompé d’Alcmène. Sous ses traits, Jupiter se fait passer pour lui dans le lit de sa femme et de cette union semi-divine naît le demi-dieu Héraclès. Le nom d’Amphitryon vient du préfixe grec amphi qui signifie « les deux côtés à la fois » et du verbe truô, « épuiser ». C’est donc celui qui est « doublement épuisant ». Son nom nous est resté grâce à la phrase de Sosia qui, lorsqu’on lui demande qui est Amphitryon, répond : « Le vrai Hôte / Est l’Hôte où l’on dîne ». Un « hôte » n’est donc pas un mari cocu ni un maître sévère mais seulement un hôte généreux.

Harpagon

Celui-ci n’est pas sympathique : Harpagon est le personnage avare de la pièceAvare de Molière, créé en 1668. En plus de soigner son grain jusqu’à la déraison, ce personnage se pose en père sévère et égoïste : il oppose les mariages de sa fille et de son fils à des fêtes trop pauvres. Le dramaturge a joué ici avec les étymologies grecques du nom de la barbe bleue : harpax, harpagos, en grec, signifie le « rapace ». Quand on dit, aujourd’hui, qu’un tel homme est un « harpagon », c’est pour dire que celui-ci est avare et sans cœur, comme l’Harpagon dans la pièce.

Tartuffe

« Tartuffe ? Il se porte à merveille, / Gras et gras, avec un teint frais et une bouche vermillon. répond Dorine, la servante, à son maître Orgon. Cette description de Tartuffe donne le ton de la pièce Tartuffe ou l’Imposteur, créé en 1669 : un faux dévot moralisateur s’immisce dans la famille d’Orgon pour profiter du gîte et du couvert… mais aussi de sa femme Elvire. Le nom de ce célèbre resquilleur vient de l’italien, comme le souligne le TLFi : « Emprunté à l’italien tartufo, attesté dans un sens péjoratif (peut-être ‘trompeur, imposteur’). » Il est resté sous la forme française de « tartuffe » pour désigner un imposteur qui profite de la situation. On le retrouve également dans les dérivés : « trufferie » ou « truffe », pour « imposture » ou « tromper quelqu’un ».

Dom Juan

Ce dernier nom n’est pas le moins connu. Il est le grand séducteur de Molière, le personnage principal de la pièce Dom Juan ou Le Festin de Pierre qui raconte les derniers jours de ce galant qui, flanqué de son valet Sganarelle, court de jupon en jupon jusqu’au châtiment ultime, la mort. Cette pièce baroque est inspirée d’un fait divers qui se serait déroulé à Séville au XIVe siècle. Il a inspiré de nombreuses œuvres comme L’agresseur de Séville et l’invité de pierre de Tirso de Molina ou l’opéra Don Giovanni de Mozart. Il est entré dans l’histoire sous le nom d’antonomasie « dom juan », désignant ainsi un « homme à femme ».


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