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Cinémathèque québécoise : les visages de Bruce LaBruce


Depuis plus de deux décennies, le nom de Bruce LaBruce est synonyme de controverse, de provocation et même de blasphème. La Cinémathèque québécoise le démontre particulièrement bien avec la plus grande rétrospective canadienne consacrée au cinéaste torontois.

Le cinéaste en témoigne : cette rétrospective pourrait difficilement mieux porter son nom : Bruce LaBruce : Tendre et transgressif. Car quiconque connaît – même brièvement – sa filmographie sait qu’il est capable de visiter les deux extrémités de ce spectre.

D’une part, le sensuel et romantique Gérontophilie voire les plus nuancés Saint Narcisse. Et d’autre part, les très violents – et sexuellement explicites – Zombie de LA et le déranger Otto ; ou Up with Dead People qui ne laissent personne indifférent. Les cinéphiles peuvent désormais découvrir ces deux visages du cinéaste puisque ces œuvres sont toutes projetées dans la métropole au cours du mois prochain.

« Quand j’ai commencé, j’essayais toujours de me dépasser à chaque nouveau film, de pousser plus loin ma démarche pour choquer et faire réagir. J’ai toujours cette impulsion, mais j’aime davantage aller dans des domaines différents, parfois plus doux », déclare Bruce LaBruce.

Nouveau film

Un exemple ? Son nouveau film, Les affaires de Lidiaqu’il reviendra présenter le mois prochain dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Le cinéaste explore le destin d’un couple dont la femme découvre que son mari entretient une relation extraconjugale avec un autre homme. La sexualité est bien sûr omniprésente. Mais contrairement à de nombreuses œuvres de Bruce LaBruce, elle est simulée plutôt que montrée explicitement.

Au sortir de la projection, certains pourraient même être amenés à croire que l’enfant terrible du cinéma canadien s’est calmé au fil des années. Un constat qui fait sourire la principale intéressée.

« Pas nécessairement », dit-il.

« J’aime choquer, mais pas à n’importe quel prix. Je pense qu’il faut avoir un message à faire passer, une raison de le faire. C’est pourquoi je n’aime pas particulièrement ces films d’horreur, par exemple, qui ne cherchent qu’à susciter le dégoût », explique-t-il.

Mais même s’il est moins explicite, son Les affaires de Lidia a tout de même réussi à choquer certains cinéphiles qui l’ont découvert sur la route des festivals. La raison ? Le cinéaste a engagé deux acteurs pornographiques de premier plan dans le monde gay… mais pour les mettre en scène dans des ébats hétérosexuels.

« J’ai reçu des tonnes de messages de personnes en colère me traitant de traître. Alors même dans mes films les plus tendres, il y a toujours quelque chose de subversif », lâche Bruce LaBruce en riant.

La rétrospective Bruce LaBruce : Tendre et transgressif se poursuit jusqu’au 26 octobre à la Cinémathèque québécoise.



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