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Colère face à la défense « masculiniste » de l’ailier gauche français qui a giflé sa femme


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Un haut responsable et futur dirigeant potentiel de l’extrême gauche française France Unbowed (LFI) a démissionné de son poste de coordinateur après avoir reconnu avoir frappé sa femme lors d’une dispute. Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a salué sa décision « courageuse », suscitant l’ire de plusieurs militantes féministes et anti-violences conjugales qui réclament sa démission.

Adrien Quatennens, 32 ans, est une figure incontournable du mouvement LFI du leader d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon.

Autrefois pressenti pour reprendre le parti, sa carrière politique est désormais en jeu.

La semaine dernière l’hebdomadaire satirique Canard Enchainé a révélé que la femme de Quatennens l’avait signalé à la police.

Dans un longue déclaration publiée sur Twitter Dimanche, la jeune députée a reconnu une dispute il y a un an au cours de laquelle « dans un contexte d’extrême tension et d’agression mutuelle, je l’ai giflée.

« Je regrette profondément cette action et j’ai dit pardon à plusieurs reprises », a-t-il écrit.

Le couple était en train de divorcer et Quatennens a également reconnu « avoir envoyé trop de messages » à sa femme « pour essayer de la convaincre que nos difficultés de couple pouvaient être surmontées ».

Il a annoncé qu’il démissionnait de son poste de coordinateur LFI pour « protéger le mouvement et ses militants ».

Le tribunal de Lille, où Quatennens est député, a annoncé lundi avoir ouvert une enquête sur la déclaration de son épouse à la police.

« Dignité et courage »

Jean-Luc Mélenchon, candidat aux élections présidentielles de cette année, a salué « la dignité et le courage » de Quatennens. Il a blâmé la police et a déclaré que le jeune député avait été victime d’une campagne dans les médias.

Une autre députée LFI, Sophia Chikirou, a salué « l’honnêteté et l’abnégation » de Quatennens et a appelé les gens à laisser le couple tranquille.

Mais les propos de Mélenchon ont provoqué l’indignation.

« Ce tweet vient d’un autre monde», a déclaré la sénatrice verte Mélanie Vogel.

« C’est une réaction extrêmement choquante, Mélenchon n’a pas eu de mots pour la victime », a déclaré la conseillère de Paris Raphaelle Rémy Leleu. Au lieu de cela, « il utilise une rhétorique masculiniste pour exprimer sa solidarité sans faille » [with Quatennens].

« Cela montre que le mépris et la haine des femmes ont beaucoup plus d’importance que ce que disent les victimes », a-t-elle déclaré à RFI.

Adrien Quatennens écoute attentivement Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, le 3 mars 2020. AFP – LUDOVIC MARIN

Appels à la démission

Mélenchon a ajouté plus tard « un coup de poing est toujours inacceptable ». Mais le mal était fait.

Le scandale Quatennens est le troisième cette année à toucher un parti qui se targue d’être à l’avant-garde de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Taha Bouhafs, qui était candidat à la députation sur une liste d’extrême gauche avec LFI, a démissionné en mai de cette année après que plusieurs femmes l’ont accusé d’agression sexuelle.

Et en juillet, une enquête a été ouverte contre le député LFI Eric Coquerel, président de l’influente commission des finances de l’Assemblée nationale, pour harcèlement présumé et agression sexuelle.

En 2019, Quatennens a prononcé un discours émouvant au parlement sur la lutte contre le fémicide. Il a été élu député de Lille en juin de cette année.


« Je m’attends à ce qu’il quitte son poste de député », a déclaré Rémy Leleu. « Si nous avions su cela au moment de l’élection, j’aimerais espérer qu’il n’aurait pas été candidat et que les gens n’auraient pas voté pour lui.

« Vous ne pouvez pas représenter une nation qui a reconnu avoir commis des violences domestiques ; vous ne pouvez pas participer aux côtés de la gauche et des Verts à la lutte pour les droits des femmes si vous avez vous-même été violente.

« Engagement sans relâche »

Mathilde Panot, chef du groupe LFI au parlement, a nié que l’avenir de Quatennens en politique était compromis.

« Nous ne croyons pas qu’un homme, même s’il a commis un acte de violence, soit violent à vie », a-t-elle déclaré.

Mais la députée écologiste Sandrine Rousseau l’a appelé à se retirer de toute prise de parole en public. « La violence contre les femmes a de nombreux visages, aucun n’est acceptable », a-t-elle écrit.


La députée Clémentine Autain, également jeune figure influente de LFI, a déclaré que la décision de Quatennens de se retirer de ses responsabilités dans le parti était « juste et inévitable ».

« Notre mouvement est basé sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Mes pensées vont à toutes les femmes qui aspirent à la liberté », a-t-elle tweeté.

Un communiqué de LFI indique que le parti « réitère son engagement sans relâche dans la lutte contre les violences faites aux femmes ».



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