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Comment la Chine tente d’enterrer l’affaire Peng Shuai, avec la bénédiction du CIO


Enterré l’affaire Peng Shuai ? Le slogan « Où est Peng Shuai » est en tout cas dépassé. Dimanche 21 novembre, l’ancien champion de tennis est apparu en public lors d’une compétition junior. La veille, des journalistes des médias d’État avaient partagé des vidéos d’elle assistant à un dîner en ville. Et dimanche soir, le Comité international olympique (CIO) a publié un communiqué annonçant que son président, Thomas Bach, avait pu s’entretenir avec le joueur. Après plus de deux semaines sans nouvelles suite à ses accusations de viol contre un haut responsable chinois le 2 novembre, on sait désormais où se trouve Peng Shuai : elle est à Pékin, vraisemblablement chez elle, et a pu sortir plusieurs fois pour assister à des événements. Rien ne dit pourtant que le champion est libre.

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A ce titre, la déclaration du CIO est particulièrement légère : l’organisation, qui s’apprête à organiser les JO d’hiver à Pékin en février, a relayé la communication de Pékin, sans évoquer les allégations de viol contre l’ancien numéro sept du régime, Zhang Gaoli, à l’origine de l’affaire. « Peng Shuai a remercié le CIO pour son intérêt, pour son bien-être. Elle a expliqué qu’elle était saine et sauve chez elle à Pékin, mais qu’elle aimerait que sa vie privée soit respectée. C’est pourquoi elle préfère passer du temps avec sa famille et ses amis en ce moment.  » Selon l’organisation, tout va bien pour Peng Shuai et il vaut mieux la laisser tranquille.

Selon le New York Times, Peng Shuai était accompagné pendant l’entretien par un « Ami » pour l’aider à s’exprimer en anglais, car elle parle couramment la langue après quinze ans sur le circuit international. Dans le passé, la Chine a souvent mis en scène les aveux forcés de dissidents, d’intellectuels ou d’anciens dirigeants déchus.

La date d’aujourd’hui

L’appel du CIO couronne les efforts de propagande de Pékin ce week-end. Une campagne qui évite les canaux officiels : les médias et la diplomatie chinoise écartent complètement le sujet. Et pour cause, l’affaire reste censurée en Chine. Des journalistes des médias d’Etat se sont chargés de distiller des photos et des vidéos du joueur sur Twitter, une plateforme bloquée en Chine. Après une série de photos soi-disant du compte WeChat de Mmoi Peng Friday, plusieurs vidéos sont apparues ce week-end.

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Samedi, le rédacteur en chef du très nationaliste Temps mondial, Hu Xijin, qui revendique des liens avec le pouvoir, a posté deux courtes vidéos du joueur « Dîner avec son entraîneur et ses amis dans un restaurant » à Pékin et en tournée le même jour, a-t-il déclaré. Le sujet de la conversation est… la date d’aujourd’hui. Une deuxième vidéo s’attarde sur la date saisie à l’entrée de l’établissement pour prouver l’authenticité du document, comme dans les « preuves de vie » des preneurs d’otages.

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