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Confusion et contradiction alors que l’accusé terroriste dit une chose tout en en pensant une autre
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L’audience de vendredi du procès pour terrorisme de novembre 2015 a été consacrée au témoignage d’Adel Haddadi, suspect de l’Etat islamique arrêté en Autriche et accusé d’avoir planifié de participer aux attentats de Paris.

Adel Haddadi est soit très stupide, soit très intelligent.

C’est l’homme qui prétend avoir rejoint l’État islamique par accident ; qui travaillait comme cuisinier pour l’organisation terroriste ; qui a été choisi à la gloire d’une mission suicide en Europe à la dernière minute : qui a quitté la Syrie avec les deux kamikazes irakiens morts au Stade de France en novembre 2015 ; qui s’est perdu en chemin et a été arrêté en Grèce, puis en Autriche.

Tard dans la séance de vendredi, l’un des avocats représentant les familles endeuillées a posé la question sur toutes les lèvres : « Faites-vous semblant d’être naïf ? elle a demandé.

« J’étais piégé », a expliqué l’accusé. « Je voulais m’éclipser. Je ne voulais pas que l’État islamique pense que je les trahissais. »

Et puis, dans son français souvent incompréhensible : « J’ai un cerveau différent maintenant. Ça marche mieux. »

S’il fait semblant, Adel Haddadi est très doué pour ça.

Une affaire fastidieuse et contradictoire

Le témoignage de vendredi a été une entreprise laborieuse.

Né en Tunisie, Haddadi arabophone s’est efforcé de répondre aux questions en français. Jusqu’à ce que le président du tribunal, Jean-Louis Périès, lui dise qu’il ferait mieux de parler sa propre langue et de recourir à l’interprète du tribunal. Les choses se sont améliorées, mais pas beaucoup.

Lorsque Périès a demandé à l’accusé, par exemple, d’expliquer une photographie sur laquelle Haddadi est vu avec un autre combattant de l’EI, brandissant une Kalachnikov, la réponse a été moins qu’utile.

« Nous étions en Syrie. Il faisait très chaud. Nous sommes allés nager. »

« Tu es allé nager avec une Kalachnikov ? » ironise le président du tribunal.

Adel Haddadi a déclaré au tribunal avoir été conseillé de rejoindre l’Etat islamique par un certain Abou Ali, membre de l’Armée syrienne libre. Ceci, à un stade début 2015 où les forces de l’EI et de l’ASL étaient enfermées dans une opposition ouverte et sans merci.

Confusion et contradiction

Haddadi a fréquemment expliqué ses actions en disant « J’ai fait ça, mais dans ma tête, je pensais le contraire. »

Ainsi, le cuisinier humanitaire a accepté une formation aux armes. « Parce qu’ils m’ont dit que je devais le faire. »

Il a accepté de participer à une mission suicide. « Mais je voulais vraiment m’échapper. »

« Et pourquoi pensez-vous qu’ils vous ont choisi pour une mission qui était d’une importance aussi cruciale pour l’EI ? » demanda le président du tribunal.

« Eh bien, je les ai entendus dire que je n’étais pas connu des autorités. Et ils savaient que j’avais du mal à refuser. J’avais la réputation d’être serviable. »

« Il y a une différence, tout de même, entre se rendre utile et commettre un attentat-suicide !

L’EI a également donné à Haddadi un téléphone lié au commandant de la mission Oussama Atar, 4 000 euros pour financer le voyage et un complément en espèces à sa sortie de prison en Grèce.

Le tribunal devra trancher entre l’adulte inoffensif et à lunettes qui n’a jamais cessé d’être le gamin qui a reçu des coups de pied de sable au visage, et l’homme qui a tenté en vain de semer la terreur en Europe.

Les deux Irakiens qui ont quitté la Syrie en même temps ont été assez intelligents pour mener à bien leur mission. Ils sont tous les deux morts. Adel Haddadi est toujours en vie. À quel point est-ce stupide ?

Le procès continue.


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