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Course de karting à la prison de Fresnes : Dupond-Moretti ouvre une enquête


La diffusion d’une vidéo de karting mêlant détenus et gardiens de la prison de Fresnes fait polémique. Le garde des sceaux dénonce des « images choquantes ». L’activité a cependant été préparée en concertation avec la Direction de l’administration pénitentiaire et a été approuvée jusqu’au plus haut niveau hiérarchique.

Pendant quelques heures, la cour sinistre du centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) est méconnaissable : au lieu de la promenade des détenus, ils participent à une véritable course de karting. livré, notamment face à une équipe de gardiens de prison – qui, soit dit en passant, a remporté le concours. Dans une vidéo tournée sur place le jour de l’épreuve (27 juillet) et diffusée ce vendredi 19 août, on voit les concurrents se livrer à une ambiance survoltée lors des épreuves de ce « KohLantess« , un « Koh Lanta des villesimaginé et organisé par Djibril Dramé, qui organise ce type d’événement dans la ville de Fresnes depuis plusieurs années.

Après avoir notamment organisé une compétition sportive du même acabit entre policiers et jeunes de la ville, Djibril Dramé avait donc envisagé puis obtenu d’organiser une nouvelle édition de «KohLantessà l’intérieur même de la prison de Fresnes. Seulement, la diffusion des images de l’événement a suscité une vive polémique, puisque des personnalités de droite et notamment d’anciens soutiens d’Éric Zemmour les ont relayées en critiquant le choix de laisser les détenus se livrer de manière spectaculaire. à un divertissement aussi sophistiqué. « Pouvez-vous imaginer les victimes et les familles des victimes qui voient leurs bourreaux faire du kart dans la prison de Fresnes ?a par exemple commenté l’influenceur Damien Rieu, partageant un extrait du film de l’événement – visionné des centaines de milliers de fois en quelques heures.

Face aux réactions scandalisées de nombreux internautes, le garde des sceaux a rapidement fait part de son désarroi, estimant que la vidéo diffusée montre «des images choquantes». Éric Dupond-Moretti a clairement désavoué le principe même de l’événement, précisant que «la lutte contre la récidive passe par la réinsertion mais certainement pas par le karting !« Le garde des sceaux, visiblement surpris qu’une telle initiative ait été prise, a annoncé l’ouverture d’une enquête »pour que toute la lumière soit faite« .

Une initiative validée au plus haut niveau de la Direction de l’Administration Pénitentiaire

Cependant, selon les informations de Figaro, le ministère de la justice avait approuvé l’initiative au plus haut niveau, qui était remontée jusqu’au cabinet du ministre et avait reçu l’aval de la direction de l’administration pénitentiaire – qui n’a pas encore souhaité répondre à nos sollicitations. La publication de la vidéo, initialement prévue au début du mois d’août, a également été retardée car le contenu a été soigneusement vérifié par la Direction de la communication du ministère de la Justice, afin de s’assurer qu’aucune information sensible n’est publiée sur YouTube par le les organisateurs. Difficile donc, pour le ministère, de nier par la suite avoir été informé de l’événement… D’ailleurs, le directeur des prisons de Fresnes avait lui-même salué l’événement sur les réseaux sociaux, se réjouissant de la tenue de ce «moment d’engagement fraternel« . « KohLantess» avait d’ailleurs fait l’objet de nombreuses parutions dans la presse, y compris en amont du jour de l’épreuve à Fresnes, et plusieurs journalistes avaient été invités : au lendemain de la course de karting, un important reportage avait notamment été publié dans Le Parisien .

Plusieurs syndicats de surveillants pénitentiaires de Fresnes avaient pourtant exprimé leur inquiétude à leur hiérarchie quant à la tenue de ce concours, estimant qu’il n’était pas « un centre de vacances», pour reprendre les termes d’un tract distribué par le Syndicat pénitentiaire des surveillants et brigadiers du centre pénitentiaire de Fresnes (SPS), approuvé par leurs collègues de FO qui sont également montés au créneau.

Chez les gardiens de prison, on est particulièrement ému par une organisation lâche, et un certain nombre de libertés prises avec les consignes de sécurité. « Les organisateurs et le matériel utilisé pour l’événement sont entrés par la porte arrière de la prison, ce qui n’est généralement pas recommandé puisque nous n’avons pas de portails ni de radiographies : les contrôles ont été bâclés ce jour-là -le», témoigne l’un d’eux, qui a assisté à l’entrée des organisateurs de la manifestation le 27 juillet. Un autre regrette également que la directrice du deuxième arrondissement de la prison, éminente représentante de la direction du centre pénitentiaire, se soit laissée jetée à l’eau par les détenues alors qu’elle ne participait pas aux épreuves aquatiques (une piscine avait en effet également été installée dans la cour). La tenue de ceKohLantess» avait fait l’objet d’une importante dispute dans les rangs des gardiens de prison, et avait provoqué des échanges houleux avec la direction de l’établissement.

Le profil, enfin, des organisateurs de l’événement, avait suscité l’inquiétude de certains encadrants. Djibril Dramé et plusieurs de ses acolytes sont en effet connus pour avoir été en garde à vue suite à une farce dans un bureau de vote de la ville, le jour du second tour de l’élection présidentielle, entièrement costumés et masqués. Arrêté pour « perturbation des opérations électorales par la foule, les clameurs et les menaces», Djibril Dramé avait finalement reçu un rappel à la loi, et avait alors plaidé sur les réseaux sociaux pour un «blague d’écolier« .

lefigaro -fp

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