Skip to content
De Rouen à Clermond-Ferrand, les expositions « Arts de l’Islam » sont conçues pour la discussion.


La mélodie hypnotique d’une flûte entraîne le visiteur dans une pièce sombre et étroite. Sur un mur d’un bleu profond défilent des images de mosquées surdimensionnées et majestueuses mêlées à celles de temples décorés d’émeraudes. UNE Traversée – c’est le titre du film – une invitation. Quatre minutes sans discours, réalisées par la société de production Mardi8, pour accueillir le public de « Arts islamiques, un passé pour un présent » au Musée de la Céramique de Rouen (Seine-Maritime). La cité normande fait partie des dix-huit sélectionnées à travers la France pour ce projet d’envergure qui court jusqu’au 27 mars 2022.

Lire aussi : « C’est aussi un patrimoine français, notre patrimoine »

Le défi ? Portez un regard neuf, loin des polémiques, sur les arts et les cultures de l’Islam, et montrez la richesse de cette civilisation. « Nous avons choisi d’exposer dans dix-huit villes car nous avions besoin d’une force de frappe suffisante pour toucher le plus grand nombre, notamment les jeunes générations », explique Yannick Lintz, directeur du département des arts islamiques au Louvre et conservateur général des expositions. Le projet revendique son fort ancrage local. « Nous avons pu travailler sur le terrain avec des acteurs avec lesquels nous n’avions pas l’habitude de travailler régulièrement, comme l’Union des musulmans de Rouen », insiste Sylvain Amic, directeur de la Rencontre des musées métropolitains Rouen Normandie. Le choix des pièces et l’implication des acteurs pédagogiques ont été affinés avec eux.

Une ouverture sur le monde

Lumière tamisée, scénographie raffinée, les dix œuvres exposées au Musée de la Céramique se dévoilent sobrement derrière les vitrines. Un grand canapé tourné vers l’extérieur, invite à prendre le temps de regarder. Ce dispositif, ainsi que le film d’introduction, est à quelques variantes près le même dans toute la France. Seules les pièces présentées changent. A Rouen, les visiteurs peuvent admirer un manuscrit du XVIe siècle avec une carte circulaire avec la Mecque en son centre – « Une vision du monde vue par les Arabes à la manière de Thomas Pesquet », s’amuse Yannick Lintz -, ou un panneau en céramique d’Iran (fin 17ee– début XVIIee), représentant un joueur de flûte. « C’est un autre visage de l’art islamique que nous voulons dévoiler. Il n’est pas seulement religieux, comme on a tendance à le croire. Il peut aussi être profane », détails Marie-Lise Lahaye, conservatrice des arts décoratifs au Musée de la Céramique de Rouen.

Lire aussi : Une exposition pour changer de look

Des cartels, comprenant des photos et des cartes, accompagnent les œuvres d’une volonté pédagogique revendiquée. « Les textes sont courts, les mots simples pour être accessibles à tous les visiteurs, quels que soient leur âge et leur origine culturelle », souligne Yannick Lintz. Les expositions servent de support à des conférences pour le grand public et à des stages de formation pour les enseignants pour les aider à parler des arts islamiques avec les étudiants. « A Rouen, les attentats Charlie hebdomadaire ont été un moment de tension et d’incompréhension dans les écoles. Les professeurs étaient impuissants face aux réactions de certains de leurs élèves », explique Laurence Renou, vice-présidente de la métropole Rouen-Normandie. « L’exposition est une ouverture sur un monde peu connu des étudiants, ni des adultes. Les enseignants pourront mettre à jour leurs connaissances et mieux les diffuser « , détails Agnès Barbier, déléguée académique à l’action culturelle à Clermont-Ferrand, autre ville partenaire des expositions « Arts de l’Islam ».

De Rouen à Clermond-Ferrand, les expositions « Arts de l’Islam » sont conçues pour la discussion.

A Mantes-la-Jolie (Yvelines), c’est le Musée de l’Hôtel-Dieu, à deux pas de l’imposante collégiale, qui accueille l’exposition. Là aussi, la même ambition de dialogue et de transmission. « C’est un très beau symbole que ce projet soit à Mantes, où il y a une forte communauté musulmane », reconnaît Raphaël Cognet, maire de la ville (LR). Parmi les œuvres exposées, un casque « turc » datant de la fin du XVIe siècle.e siècle ou le Portrait de Hasan Beg Torkaman, une représentation sur papier d’un derviche tourneur et de son chien datant du 17ème sièclee siècle en Iran. Intransportable et aujourd’hui conservé au musée du Louvre, le célèbre Tapis Mantis, L’œuvre safavide qui ornait la collégiale Notre-Dame fait l’objet d’un film immersif.  » Cette L’art islamique ne va pas se comprendre avec dix œuvres, ne soyons pas naïfs, poursuit le maire. Mais si 10% des gens disent vouloir en découvrir plus, nous n’aurons pas perdu notre temps.  » C’est tout l’intérêt de cette proposition artistique, historique et politique où les œuvres d’art peuvent servir de base à une discussion apaisée, loin des idées reçues.

Lire aussi « Arts de l’Islam », des chefs-d’œuvre à lier

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec le Musée du Louvre et la Réunion des Musées Nationaux

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.