Skip to content
de Westminster à Windsor, l’adieu de tout un peuple à la reine

[ad_1]

RÉCIT – Le pays tout entier plongé dans le recueillement lundi, à l’occasion des obsèques du souverain. La cérémonie a réuni 2 000 invités à l’abbaye de Westminster avant l’inhumation en « intimité » à Windsor.

Londres

Soudain, toute la foule se fige, immobile et muette. Un immense silence s’abat sur ces milliers, ces dizaines de milliers de personnes, massées le long du Mall, l’avenue qui mène à Buckingham Palace. Certains y avaient attendu des heures – les plus endurants avaient même campé plusieurs nuits – pour être aux premières loges. Ils ont suivi sans la voir, par la retransmission audio diffusée par haut-parleurs, la cérémonie de l’abbaye de Westminster. Le pays tout entier est plongé dans la méditation. D’Edimbourg à Cardiff en passant par les terres lointaines du Commonwealth, nous respectons les deux minutes de silence. En plein centre de Londres, on n’entend plus que les oiseaux des parcs, les canards du lac de St James’s Park. Même le trafic aérien a été suspendu. Les soldats et la police sont au garde-à-vous. Les badauds baissent la tête.

retentit alors un que Dieu sauve le roi chanté à tue-tête, conclu par de vifs applaudissements. La reine est morte, vive le roi ! Dans la nef de l’abbaye où se pressent deux mille personnes, dans les transepts où s’alignent dignitaires et têtes couronnées du monde entier, on n’applaudit pas. L’assemblée a également chanté l’hymne national, à l’exception du roi, assis au premier rang, à qui la chanson rendait hommage.

Le roi Charles III s’est déplacé devant le cercueil de la reine Elizabeth II, lors de la cérémonie à l’abbaye de Westminster à Londres. Dominic Lipinski/Pool via REUTERS

Devant eux, au centre, le cercueil d’Elizabeth II, arrivée en cortège un peu plus tôt de Westminster Hall. Il est drapé de l’étendard royal, les couleurs de la monarchie, sur lequel repose un coussin de velours portant la couronne, l’orbe et le sceptre. Sur une brassée de fleurs, cueillies dans les jardins royaux et pour certaines présentes dans le bouquet de mariage d’Elizabeth, une petite boîte en carton est posée. Avec ces mots simples tracés par la main du roi, du fils : « En mémoire aimante et dévouée, Charles R. » (« En souvenir affectueux et dévoué, Charles, roi »).

De gauche à droite : les anciens premiers ministres John Major, Tony Blair, leurs épouses Norma et Cherie et la première ministre Liz Truss. HANNAH MCKAY/REUTERS

Les voix limpides des chœurs de l’Abbaye de Westminster et de la Chapelle Royale s’élèvent sous la voûte majestueuse, qui n’avait pas vu de funérailles royales depuis plus de deux siècles, à la mort de George II, en 1760. C’est là aussi qu’Elizabeth II fut mariée, en 1947, là aussi qu’elle a été couronnée, en 1953, à l’âge de 27 ans. Le cercueil est entré après un court cortège conduit depuis Westminster Hall, où des centaines de milliers de Britanniques ont défilé depuis mercredi dernier. Derrière le prolongement de l’artillerie tirée par les marins, Charles III, la princesse Anne et leurs deux frères, Edward et Andrew, puis les princes William et Harry. Leurs épouses les rejoignent à l’entrée de l’abbaye. Les caméras se sont attardées sur les jeunes arrière-petits-enfants de la reine, le fils aîné et la fille du prince de Galles et de Kate, George et Charlotte. Des photos de la fillette de 7 ans, coiffée d’un chapeau noir, ont déjà fait le tour du monde.

Le roi Charles III et la famille royale suivent le cercueil d’Elizabeth II, transporté lundi matin dans l’abbaye de Westminster par des grenadiers du régiment de la reine. James Veysey/Shutterstock/James Veysey/Shutterstock

« Ceux qui servent avec amour sont rares »

Dans l’office religieux comme pour tous les autres moments de ce deuil national, chaque détail est pensé, pesé symboliquement et politiquement. Pour honorer le royaume de la haute mer, c’est la secrétaire générale du Commonwealth, Patricia Scotland, qui lit la première lecture. L’évangile de Jean est lu par Liz Truss, la nouvelle première ministre. De même, la cérémonie est jonchée d’hommages à la vie d’Elizabeth II. Son battant entouré d’un fourreau de cuir pour un ton plus feutré et solennel, la cloche de l’abbaye a sonné 96 fois, pour marquer les 96 ans de vie du souverain. Les chansons font appel à la mémoire. Comme Le Seigneur est mon bergerchanté au mariage d’Elizabeth II, ou O Goûtez et voyez à quel point le Seigneur est miséricordieuxcomposé pour son couronnement.

Le sermon prononcé par l’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, rend hommage à la femme de devoir qu’était Elizabeth II. « Notre feu Majesté avait déclaré le 21e anniversaire que sa vie entière serait consacrée au service de la nation et du Commonwealth. Rarement une telle promesse aura été aussi bien tenue. dit le chef spirituel de l’Église anglicane. Il rappelle que « Ceux qui servent avec amour sont rares, quelle que soit leur origine. » Et « Les dirigeants qui servent seront aimés et leur mémoire chérie lorsque ceux qui s’accrochent au pouvoir et aux privilèges seront bientôt oubliés. » Le prélat conclut par un « Nous nous reverrons » (« On se reverra »), les paroles d’une célèbre chanson de Vera Lynn datant de la Seconde Guerre mondiale et que la reine avait reprise pour réconforter les Britanniques confinés pendant la pandémie.

Le « Last Post », la cloche des morts qui honore les soldats britanniques tombés au combat, sonne. Enfin, la cornemuse de Paul Burns, du Royal Regiment of Scotland, joue la complainte traditionnelle, Dors, chérie, dors. La cérémonie se termine et une autre procession commence.

Devant le palais de Buckingham, les bancs de géraniums lumineux sont assortis au rouge de l’uniforme des grenadiers de la reine. Ces soldats, reconnaissables à leurs hautes calottes en poil d’ours, font partie des cinq régiments d’infanterie de la garde de la Maison du Souverain. Avec leur pas rythmé, rendu célèbre par la traditionnelle relève de la garde, ils se sont postés tout le long du parcours, à quatre mètres l’un de l’autre. Au passage du convoi, ils baissent la tête et mettent les armes à leurs pieds.

Arrivé de Westminster, le cortège remonte lentement le Mall, où des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées de part et d’autre. Répartis en sept groupes, chacun au rythme de sa propre fanfare jouant des marches funèbres, quelque 6 000 soldats ont pris part à ce défilé pour rendre hommage à celui qu’ils appelaient leur « patron ». Des membres de la Police métropolitaine à cheval ouvrent la marche, suivis de cavaliers de la Gendarmerie royale du Canada. Viennent ensuite plusieurs détachements du Commonwealth : Nouvelle-Zélande, Australie, Canada. Puis la Royal Air Force, l’Army et la Royal Navy, enfin les hérauts écossais en kilt, ainsi que les troupes d’élite de la brigade Gurkha, d’origine népalaise, et les batteurs des Royal Marines, dont certains étaient vêtus de léopard. ou des peaux de tigre. Des membres de la maison royale de la reine Elizabeth II marchent derrière.

Voici le cercueil de la reine Elizabeth sur un affût de canon, tiré par 142 marins de la Royal Navy, flanqué des Yeomen of the Guard, dans leurs uniformes rouges et or de la période Tudor, et des archers de la reine, deux unités allant des gardes du corps au souverain, dans des rôles cérémoniels . Le rôle des marins date des funérailles de la reine Victoria en 1901 : ils avaient remplacé les chevaux, qui s’étaient enfuis et avaient failli renverser le cercueil.

Des marins de la Royal Navy entourent le cercueil de la reine Elizabeth II, drapé de l’étendard royal, entre l’abbaye de Westminster et l’arche de Wellington à Londres. CHIP SOMODEVILLA/AFP

La famille royale défile derrière le catafalque : le roi Charles, sa sœur Anne, ses frères Andrew et Edward, puis les petits-fils William, prince de Galles et Harry. La reine consort Camilla suit dans la voiture, avec Kate, princesse de Galles, George, maintenant deuxième sur le trône, et Charlotte. Derrière, dans une autre limousine, Meghan Markle et Sophie, comtesse de Wessex, épouse du prince Edward, voyagent ensemble, puis les princesses Beatrice et Eugénie, filles d’Andrew. Le cortège serpente lentement autour du mémorial de la reine Victoria, devant les portes du palais de Buckingham, le long duquel tout le personnel du palais s’est aligné, les mains croisées en signe de respect.

Dans le célèbre Hyde Park de Londres, une foule s’est rassemblée pour suivre le jour des funérailles de la reine sur des écrans géants. Lewis Joly/AP

Le symbole de la fin d’un règne

Arrivé à Wellington’s Arch, à l’angle de Hyde Park, le cercueil est transféré dans un corbillard royal pour être emmené à Windsor, la dernière demeure de la reine, à 38 kilomètres à l’ouest de Londres. Après une nouvelle procession sur la Longue Marche, la large allée de 5 kilomètres menant au château construit par Guillaume le Conquérant, deux nouvelles cérémonies complètent ce marathon de onze jours de deuil.

La première, publique et télévisée, a réuni 800 personnes, dont tous les premiers ministres des royaumes ayant eu la reine comme chef de l’Etat et l’état-major de la maison royale. La seconde, dans l’intimité familiale. Sur les marches du château, les deux corgis de la reine, Muick et Sandy, désormais sous la garde de son fils Andrew, tenu en laisse par un valet, font leurs adieux à leur maîtresse. Comme l’a fait son fidèle poney auparavant.

Dans la chapelle Saint-Georges à Windsor, le point culminant arrive. La couronne impériale d’État, l’orbe et le sceptre sont retirés du cercueil pour être placés sur l’autel. Le symbole de la fin d’un règne. Le Lord Chamberlain, le plus haut fonctionnaire de la maison royale, brise alors sa « baguette d’office », signifiant la fin de son service au souverain. Il le pose sur le cercueil avant qu’il ne descende lentement dans le caveau royal au son de la complainte d’une cornemuse qui s’éloigne lentement. « Le feu, le plus haut, le plus puissant et l’excellent Monarque Elizabeth II, par la grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni et d’Irlande du Nord, de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth, Défenseur de la Foi et Souverain de l’Ordre de la Jarretière » disparaît de la vue du monde à 16h48 (17h48 en France).

la que Dieu sauve le roi résonne à nouveau, célébrant le règne du nouveau roi. Un peu plus tard dans la soirée, le cercueil d’Elizabeth II devait être réuni à celui du prince Philip, décédé en avril 2021, dans une aile adjacente de la chapelle, aux côtés des parents de la reine et des cendres de sa soeur Margaret. . Le dernier repos, dans ces lieux qui donnèrent leur nom à la dynastie.

VOIR ÉGALEMENT – Le cercueil d’Elizabeth II quitte Londres et se dirige vers Windsor sous les acclamations

[ad_2]

lefigaro -fp

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.