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Des sites olympiques conçus pour laisser « un héritage social »

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la ministre déléguée chargée de l’Égalité des genres, Élisabeth Moreno, a annoncé jeudi qu’une partie du futur village olympique sera consacrée après la compétition à l’hébergement des femmes battues. Un projet de plus qui s’inscrit dans la volonté de Paris-2024 de laisser un « héritage social ».

Les JO de Paris doivent avoir un impact et un héritage social. C’est le message martelé par le comité d’organisation en vue de 2024. A l’occasion de la Journée mondiale dédiée à l’élimination des violences faites aux femmes, jeudi 25 novembre, une nouvelle partie a été dévoilée : une partie du village olympique – dont les travaux ont débuté à l’été 2019 – seront destinés après le concours à accueillir des femmes victimes de violences pour les aider à se reconstruire.

Selon L’Équipe, le plan devait être annoncé jeudi lors d’une visite conjointe sur le chantier en Seine-Saint-Denis des ministres Roxana Maracineanu, chargée des Sports et très engagée dans la lutte contre les violences sexuelles, Emmanuelle Wargon, en chargée du Logement, et Élisabeth Moreno, Ministre Déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Selon l’horaire, les trois femmes devaient être là à 16h30.

« Les femmes victimes de violences conjugales bénéficieront dès la fin des Jeux de Paris-2024 de logements qui les aideront à se reconstruire. Le logement est une étape cruciale dans la reconstruction de ces femmes », explique Élisabeth Moreno, dans L’Équipe. « La lutte contre les violences nécessite la mobilisation de l’ensemble de la société. Je peux vous dire aujourd’hui que l’héritage des Jeux de Paris-2024 montrera combien cet engagement va durer.

Si le nombre exact de foyers n’a pas encore été déterminé, l’entourage du ministre délégué en évoque plusieurs dizaines et leur accessibilité aux femmes en situation de handicap.

Grands projets « héritage »

Le comité d’organisation défend son projet, à savoir « organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques avec un nouveau modèle. Des Jeux ambitieux, spectaculaires, ouverts à la participation de tous mais aussi plus responsables, plus durables, plus solidaires et plus inclusifs », selon leur site internet. Elle précise qu’elle dispose d’un « plan d’héritage et de pérennité » visant à atteindre ces objectifs.

« Les Jeux ont été avant tout conçus en termes de patrimoine territorial pour les populations qui en avaient le plus besoin », soulignait également en septembre le Premier ministre Jean Castex. Sur les plus de 1,5 milliard d’euros d’investissements publics nécessaires aux Jeux Olympiques, « près de 80 % » se situent en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France.

Fidèle à cet héritage, le village olympique a d’abord été conçu non pas pour les athlètes mais pour l’avenir. Comme lors des JO de Tokyo, les studios consacrés aux athlètes du monde entier se transformeront rapidement en appartements familiaux où les premiers habitants s’installeront en juin 2025, moins d’un an après la fin de l’événement.

Les 14 000 participants aux compétitions olympiques laisseront à terme la place à 6 000 habitants avec des immeubles transformés en 2 200 maisons familiales, 900 résidences, deux hôtels et 100 000 m² de bureaux. Le tout avec un développement de l’offre et des services publics, c’est promis.

« Le village des athlètes est construit dans un souci de réduction des émissions de gaz à effet de serre, explique la Société de livraison des travaux olympiques (Solideo), en charge de l’aménagement, aux Échos. « Nous favorisons le recyclage, la réutilisation d’environ 75 % des matériaux utilisés pour les Jeux pendant la phase de réversibilité et utilisons des matériaux biosourcés », dont le bois, qui doit représenter 50 % des matériaux utilisés pour la construction.

De plus, le quartier olympique offre des espaces de refuge pour résister aux événements météorologiques extrêmes qui devraient augmenter d’ici 2050.

Outre le dur héritage, le comité d’organisation espère laisser un « héritage immatériel » et profiter de ces premiers Jeux olympiques d’été organisés en France depuis 1924 pour « faire de la France une nation sportive », comme il l’a insisté. il y a quelques mois le président de la République, Emmanuel Macron.

Une empreinte tout aussi controversée

Il n’en demeure pas moins que malgré ces grandes ambitions en termes de pérennité et d’« héritage », certains travaux majeurs liés à l’organisation des Jeux Olympiques font pourtant polémique.

A Aubervilliers, les défenseurs de l’environnement ont intenté une action en justice contre la construction d’un bassin de formation, qui implique la destruction d’environ 4 000 m² de parcelles de jardins ouvriers centenaires.

Des centaines de personnes ont manifesté leur hostilité au projet en manifestant ou, pour une poignée d’entre elles, en occupant le site pendant quatre mois avant d’être évacuées. La justice a levé, mardi 23 novembre, la suspension du permis de construire autorisant la reprise du projet.

Un autre record olympique a connu un revirement similaire. En avril, la justice avait interrompu les travaux du village médiatique de Dugny, également en Seine-Saint-Denis. Après l’étude du dossier en arrière-plan, il avait fait marche arrière, autorisant la reprise du chantier trois mois plus tard. La construction est considérée comme une « amputation » du parc départemental Georges-Valbon, situé en bordure. L’Aire des Vents, où ce quartier doit être construit, est considérée par les écologistes comme un « corridor écologique naturel ».

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