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Doit-on relever l’âge de la retraite maintenant ?


Les jours où la bourse s’effondre, je suis toujours là pour vous rappeler qu’elle rebondira. Lorsque l’inflation se réchauffe, je suis le premier à dire qu’il va se refroidir. Mais en ce qui concerne les pénuries de main-d’œuvre, je ne vois aucune amélioration en vue.

Jeudi, Statistique Canada annonçait l’aggravation de la situation. Le taux de postes vacants a frôlé les 7 % en juin au Québec, alors que les employeurs cherchaient désespérément 271 000 paires de bras. Il y a moins de chômeurs que ça…

À moins d’une grave récession, les choses ne peuvent pas s’améliorer et le problème reviendrait une fois la machine relancée. Ce n’est pas sorcier : il y a plus de personnes âgées qui quittent le marché du travail que de jeunes qui y entrent. Nous avons encore des années comme celle-ci, au point où la croissance économique est compromise.

Jeudi, j’ai présenté les mesures fiscales mises en place pour inciter les gens à prolonger leur carrière. Ils ne suffiront pas. Doit-on aller plus loin ?

Vieillissement de la population

On m’a suggéré de réduire les impôts des années soixante. Je pense plutôt au report de l’âge normal de la retraite, c’est-à-dire au report du moment où une personne devient éligible à sa retraite à taux plein. L’idée n’est pas souvent associée à la pénurie de main-d’œuvre. Il se pose plutôt dans les discussions sur le financement de la retraite, un autre problème épineux.

Pour mémoire, l’âge actuel de la retraite a été fixé il y a plus de 50 ans. Dans le passé, on ne recevait pas de pension fédérale avant l’âge de 70 ans. Pour le Régime de rentes du Québec (RRQ), il a été fixé à 65 ans dès le début, au milieu des années 1960. A l’époque, un homme de 65 ans avait une espérance de vie de moins de 14 ans, une femme de cet âge, presque 17 ans. En 2019, un Québécois de 65 ans pouvait espérer vivre près de 20 ans, et un Québécois, plus de 22 ans.

Évidemment, cela crée une pression sur les régimes de retraite et les finances publiques, et à cela s’ajoute le fait qu’il y a moins de travailleurs au bas de la pyramide pour remplir la cagnotte qui doit satisfaire un nombre croissant de retraités. . En termes d’épargne personnelle, ce n’est pas mieux. Auparavant, les gens travaillaient 40 à 45 ans pour financer une retraite qui durerait 15 à 20 ans. Maintenant, comme nous quittons le marché du travail plus jeunes, nous nous retrouvons à travailler pendant 35 ans, période pendant laquelle nous devons amasser suffisamment d’argent pour subvenir à nos besoins pendant 25 à 30 ans.

D’accord, cela peut sembler être un progrès. Si seulement les gens pouvaient…

Tentative échouée

J’ai soulevé cette préoccupation une fois ou deux ici. Le programme de la Sécurité de la vieillesse (rente, Supplément de revenu garanti, allocation au conjoint, etc.) pèsera de plus en plus sur les finances publiques en raison du vieillissement de la population.

C’est comme la pénurie de main-d’oeuvre, c’est le genre de choses qu’on voit venir de loin rien qu’en suivant les courbes démographiques.

Le vieillissement de la population s’observe partout en Occident, et plusieurs pays ont adopté des mécanismes pour que l’âge de la retraite évolue automatiquement avec l’espérance de vie.

Ici, les conservateurs de Stephen Harper avaient décidé en 2012 de relever graduellement l’âge d’admissibilité à la pension de la Sécurité de la vieillesse à 67 ans, en 2029. Les libéraux ont sabré ce projet, ils sont à l’aise dans le rouge.

C’est plus facile d’envisager une prolongation de carrière quand on travaille devant un ordinateur, l’idée n’a certainement pas d’adeptes chez les ouvriers d’abattoir ou les infirmiers poussés à l’épuisement avant la cinquantaine. On ne peut pas repousser l’âge de la retraite sans réaménager l’environnement de travail pour les plus expérimentés.

Jusqu’à présent, la croissance économique a pu amortir l’effet du vieillissement de la population, mais si nous manquons de main-d’œuvre pour faire fonctionner la machine, ça s’annonce mal.

Moins de croissance finit par déborder dans les caisses de l’État. Cela touche également les actifs financiers, dont dépendent en partie nos revenus de retraite (notre épargne, nos régimes de retraite).

C’est là que le problème de la pénurie de main-d’œuvre et celui du financement de la retraite se rejoignent, dans une solution qui ne semble pas très populaire.



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