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douze ans plus tard, les Ghanéens n’ont pas oublié Luis Suarez

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Coupable d’une main rude mais salvatrice lors du quart de finale de l’édition 2010, l’attaquant uruguayen est attendu au tournant par le Ghana ce vendredi (16h00).

Génie pour certains, diable pour d’autres. Cela pourrait être le résumé de la carrière de Luis Suarez, pas le type de joueur, et l’homme, à laisser indifférent ou sans opinion. L’un des chapitres de sa légende, avant celui de sa morsure sur l’Italien Giorgio Chiellini quatre ans plus tard, remonte à douze ans. En quart de finale de la Coupe du monde 2010, la joueuse de la Céleste avait en effet brisé les rêves de « Étoiles noiresde la manière la plus cruelle, arrêtant le ballon sur sa ligne de but d’une main volontaire.

Pire encore : exclu, Suarez avait exulté lorsque le Ghanéen Asamoah Gyan avait manqué le penalty qui avait suivi. L’Uruguay s’est finalement imposé aux tirs au but (1-1, 4 succès à 2), au terme d’une prolongation mythique. Douze ans plus tard, les Ghanéens ont l’occasion de prendre leur revanche sur l’attaquant. « Je ne vais pas m’excuser aujourd’hui d’avoir pris le ballon d’un revers de main (Ce jour là)et puis c’est le joueur ghanéen qui a raté le penalty, pas moi», a déclaré jeudi en conférence de presse l’Uruguayen, qui avait été érigé en héros dans son pays pour sa ruse. « Tu ne peux pas continuer à t’attarder», a ajouté l’attaquant uruguayen, qui avait en tout cas brisé le cœur de toute une nation.

Nous n’avons jamais pardonné à Suarez.

Collins Adomako-Mensah

Et quoi qu’en disent les Black Stars aujourd’hui, au Ghana, le temps n’a pas fait son œuvre. « Nous n’avons jamais pardonné à Suarez», a déclaré à l’AFP le parlementaire ghanéen Collins Adomako-Mensah. « Il devrait s’attendre à des étincelles de nos garçons. Tout comme nous avons pleuré il y a douze ans, il pleurera vendredi.D’autant qu’en s’imposant face à l’Uruguay, le Ghana aurait pu devenir la première sélection africaine en demi-finale d’une Coupe du monde. L’occasion sera donc belle vendredi à 16h00 au stade al-Janoub de Doha de prendre sa revanche sur la main mémorable de Suarez lors du dernier match de poule du groupe H où les deux équipes jouent leur avenir.

« Tout le monde se sentait mal (en 2010), mais je veux juste passer à l’étape suivante», a assuré au Qatar le capitaine André Ayew, seul des 26 joueurs ghanéens qui était déjà là lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud. « Je ne regarde pas en arrière, je ne veux pas me concentrer sur le passé.« Son entraîneur, Otto Addo, a lui aussi tenté de tempérer les choses en conférence de presse : »Ce sera une approche différente face à une équipe coriace. Il faudra être au top pour espérer les battre, mais j’ai confiance. Cet incident remonte à longtemps, et il ne faut pas forcément le penser en termes de vengeance.»

Mais dans la capitale Accra, difficile d’oublier cette triste défaite de juillet 2010.J’ai détesté ce jour», se souvient avec difficulté Samuel Quist, 36 ans, en train d’acheter un maillot de son équipe en prévision du match de vendredi. « Nous nous attendions à faire la fête, mais nous avons pleuré dans les rues.Un autre fan des Black Stars, Philip Sheshe, 32 ans, ne veut plus penser à la défaite. « Luis Suarez, nous nous souvenons tous de lui. Ce jour-là, le ballon devait entrer dans le filet mais il a utilisé sa mainsouffle M. Philip Sheshe, 32 ans, devant un magasin de maillots de bain ghanéen.

Le Ghana veut faire au moins aussi bien qu’en 2006 et 2010

Pour leur quatrième participation à une Coupe du monde, les Black Stars pourront-elles sortir des poules et réitérer l’exploit des Mondiaux précédents ? Ils avaient atteint les huitièmes en 2006 et donc les quarts en 2010. Grâce à sa victoire contre la Corée du Sud (3-2) dans un match à rebondissements, le Ghana (2e, 3 points) est assuré de se qualifier. il s’impose face à l’Uruguay (4e, 1 point). Les hommes de la Céleste, en revanche, n’ont pas leur avenir pleinement en main : ils doivent s’imposer contre le Ghana et espérer que la Corée du Sud (3e, 1 point) ne l’emporte pas contre le Portugal (1er, 6 points), auquel cas d’autres critères entreraient en jeu pour déterminer qui sortira deuxième du groupe. En tout cas, Philip Sheshe, comme une majorité de Ghanéens, promet un match difficile et a hâte, comme beaucoup dans la capitale : d’assister au « vengeance vendredi« .

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