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Emmanuel Macron et le gouvernement à l’heure des choix

Le gouvernement doit se prononcer dans les prochains jours sur les questions liées à la réforme des retraites, notamment celle de la méthode, alors que plusieurs figures de la majorité ont mis en garde contre un « passage forcé ».

Semaine décisive pour l’exécutif. Après une longue séquence où chacun – partis de la majorité comme partis d’opposition – a pu prendre position sur la réforme des retraites voulue par l’Élysée et Matignon, Emmanuel Macron et Élisabeth Borne devraient trancher dans les jours à venir sur la méthode.

Le président de la République et le Premier ministre réuniront ainsi la semaine prochaine les chefs de file de la majorité et les ministres concernés pour faire le point sur la manière d’engager la réforme des retraites, a annoncé, samedi 24 septembre, l’entourage du chef de l’Etat. .

Après un déjeuner à l’Élysée vendredi entre les deux chefs de l’exécutif, « toutes les options restent sur la table », a assuré l’entourage présidentiel à l’AFP, alors que la réforme divise au sein de la majorité.

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« Le président et le chef du gouvernement sont alignés sur un principe fondamental : cette réforme doit voir le jour à l’été 2023 », souligne-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. « Le président considère que, comme les députés de sa majorité, il a un mandat très clair des Français pour réformer », ajoute la même source.

Or, selon un sondage Elabe pour BFMTV, diffusé jeudi, seuls 13% des personnes interrogées se disent favorables à une réforme « urgente » des retraites, contre 51% qui demandent « un temps de concertation et de débat » et 36% qui ne le jugent pas nécessaire. Seuls 21% souhaitent repousser l’âge de la retraite contre 46% pour le maintenir à 62 ans et 33% pour l’abaisser.

De leur côté, tous les syndicats promettent un automne sombre si le gouvernement impose une nouvelle réforme des retraites cette année. La CGT a déjà appelé à la grève contre la future réforme jeudi 29 septembre.

  • Une réforme des retraites est-elle indispensable ?

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a annoncé le 15 septembre que les dépenses du système de retraite, même si elles étaient maîtrisées sur le long terme, n’étaient pas compatibles avec la trajectoire de réduction des dépenses publiques envisagée par le gouvernement pour 2027.

Le Comité de suivi des retraites a, pour sa part, alerté jeudi 22 septembre sur le risque de « déséquilibres résiduels importants à court et moyen termes » qui pourraient s’amplifier en cas de croissance dégradée dans les années à venir et recommande que la le législateur « trouve une réponse aux problèmes d’équilibrage » du système, sans toutefois prendre parti pour une mesure d’âge.

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Entre relever l’âge de la retraite, augmenter les cotisations, augmenter le nombre d’années de cotisation, baisser le niveau des retraites, il s’agit de faire un choix politique. Exit la réforme envisagée il y a trois ans avec la mise en place d’une retraite par points. Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a plutôt proposé de maintenir le système actuel en relevant l’âge légal de la retraite – de 62 ans actuellement – à 64 ou 65 ans. L’exécutif pourrait également accélérer la réforme de 2014 qui allonge la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein.

« La grande différence avec tous nos partenaires et tous nos voisins, et d’ailleurs avec la plupart des pays occidentaux, c’est cet âge de la retraite, c’est ce temps de travail », expliquait vendredi le portier. mot du gouvernement, Olivier Véran.

« On parle de rééquilibrer progressivement les choses (…) parce que pour nous, c’est un dogme, un socle, et on ne reviendra pas là-dessus : on n’augmentera pas les impôts, on veut les baisser, et on n’en revient pas ». Je ne veux pas augmenter davantage la dette, sinon nos enfants la paieront. »

  • Une réforme pour financer le « modèle social français »

Interrogé, jeudi 22 septembre, par BFMTV à bord de l’avion présidentiel qui le ramenait de New York, Emmanuel Macron a défendu son projet de réforme du système des retraites, expliquant vouloir se créer des marges budgétaires pour financer d’autres grandes réformes sociales. du pays, préserver l’indépendance de la France et favoriser la transition écologique.

« Je suis convaincu que c’est une nécessité. Pourquoi ? Parce qu’on voit qu’aujourd’hui, le défi qui est le nôtre, c’est d’être plus indépendant en Europe et en franco-français », a déclaré Emmanuel Macron, soulignant que « notre indépendance n’est pas de vivre à crédit ».

Le gouvernement a choisi de protéger les Français de l’inflation grâce au bouclier tarifaire, de soutenir l’économie pendant la crise sanitaire, et veut mener à bien la réforme de l’hôpital, de l’éducation et de la sécurité tout en préparant la transition. écologique, il a développé.


« Cela coûte de l’argent. Pouvons-nous le financer avec le déficit ? Non. Nous sommes l’un des pays les plus déficitaires d’Europe. Pouvons-nous le financer avec plus d’impôts ? Non.

« La vérité est que nous devons travailler plus et produire plus de richesses dans notre pays si nous voulons protéger, avoir une politique de justice sociale et défendre le modèle social français, sa force et son avenir », a-t-il déclaré. -il ajoute.

  • Quelle méthode pour faire passer la réforme ?

C’est la question qui fâche la majorité. Le gouvernement a évoqué le dépôt d’un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Une méthode qui lui permettrait d’aller vite, mais qui aurait le grand défaut d’être considérée comme un « passage forcé », en totale contradiction avec la « nouvelle méthode » de gouvernance prônée par Emmanuel Macron, notamment lors du lancement de la Conseil National Refondation.

« Nous ne sommes pas en pièces », a insisté dimanche un poids lourd de la majorité, le président du MoDem François Bayrou, à l’issue de la rentrée universitaire du parti à Guidel. « Prendre trois ou quatre mois pour réfléchir ensemble et mettre des options et des propositions sur la table, je pense que ce serait bien, non seulement pour la paix civile – ça compte – mais pour la réforme elle-même.

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François Bayrou avait déjà mis en garde l’exécutif le 17 septembre contre une réforme qui ne pourrait « se faire autour d’un amendement », une méthode qui serait selon lui un « passage forcé ». « Si nous nous engageons dans cette voie, alors nous sommes sûrs d’abord de fédérer les oppositions entre elles, puis de diviser la société française », a prévenu le président du Modem, appelant à prendre « le temps de la pédagogie ».

Dans la foulée, le patron du groupe centriste, Jean-Paul Mattei, a annoncé mardi que les députés MoDem voteraient « certainement » contre une réforme des retraites par amendement au projet de budget de la Sécurité sociale.

Jeudi 22 septembre, une autre personnalité importante de la majorité, la présidente (Renaissance) de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pris la relève. « Les amendements du gouvernement ne doivent pas à eux seuls entraîner une réforme de fond », a-t-elle prévenu sur franceinfo, appelant à « prendre le temps de se concerter avec les groupes politiques et avec les partenaires sociaux (…) pour une réforme globale qui doit apparaître juste ». à nos concitoyens ».

  • Les oppositions prêtes à tirer la motion de censure

Du côté de l’opposition, reçue cette semaine à Matignon, l’affrontement est beaucoup plus direct. A l’issue de sa rencontre avec Elisabeth Borne jeudi, Marine Le Pen a brandi la menace d’une motion de censure.

« Je lui ai précisé que s’ils allaient faire passer la réforme des retraites par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et en utilisant le 49.3, alors nous déposerions une motion de censure et nous voterions pour les motions de censure qui seraient déposés, quelle que soit leur origine », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle.

Mardi, la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a prévenu que son groupe déposerait une motion de censure en cas de recours au 49.3 pour faire passer un amendement retraite dans le PLFSS.

Et même chez les républicains, fondamentalement favorables à la réforme des retraites, la pilule a du mal à passer. « Un amendement tombé d’en haut sur le PLFSS est inacceptable », a critiqué le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, sur France Inter.

Avec AFP et Reuters



France 24

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