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En pleine pandémie, les impôts gardent la forme

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En 2020, première année d’une crise sanitaire et économique marquée par la pandémie de la COVID-19, nous, les Québécois, avons versé la somme colossale de 174 milliards de dollars en taxes aux administrations publiques.

le Québec a encaissé 86,5 milliards de dollars; Ottawa 55 milliards de dollars; les municipalités 15,9 milliards de dollars et les régimes de retraite publics (RRQ et RPC) quelque 17 milliards de dollars.

Au total, nos différentes administrations publiques ont empoché à peine 1,2 milliard de dollars de moins qu’en 2019, une année « normale » où l’économie fonctionnait bien. Cela démontre à quel point la « ponction fiscale » tient bon même en temps de pandémie !

Et cela a permis au Québec de « rester » numéro 1 au Canada. Comparativement aux provinces canadiennes, le Québec avait toujours le fardeau fiscal le plus élevé en 2020, représentant 38,8 % de notre PIB. Nous devançons la moyenne canadienne des autres provinces d’un énorme 5,4 points de pourcentage.

Autre « honneur » pas piqué : en termes de pression fiscale, ces « 38,8 % » du PIB en taxes et prélèvements « permettent » au Québec de tenir le 9et position parmi les 39 pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Le taux de pression fiscale moyen des pays membres de l’OCDE est de 33,5 %. Aux États-Unis, notre principal partenaire commercial, le taux de pression fiscale atteint à peine 25,5 % de leur PIB.

MAIS AU QUÉBEC…

déclare Luc Godbout, titulaire de la Chaire en fiscalité et finances publiques de l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke, qui dévoilait hier son Rapport fiscal du Québec, édition 2022 « Le fardeau fiscal plus élevé au Québec qu’ailleurs (au pays) découle de l’ampleur de l’intervention gouvernementale. Conclusion, il y a un revers à la médaille, l’Etat recourt à plus de fiscalité pour financer plus de services publics. »

Grand bien pour nous et espérons que nous recevrons au Québec des services publics à la hauteur de ce qu’il nous en coûtera de plus en taxes et droits par rapport aux autres provinces canadiennes.

NOTRE CHARGE FISCALE ADDITIONNELLE

Dans la nouvelle édition de Évaluation de la fiscalité au Québec, réalisée sous la direction de Tommy Gagné-Dubé, à laquelle Luc Godbout, Suzie St-Cerny, Michaël Robert-Angers et Julie S. Gosselin ont également participé, les spécialistes ont évalué l’écart du fardeau fiscal supporté par les Québécois par rapport aux Canadiens de autres provinces.

Pour ce faire, ils ont calculé le montant des économies d’impôt que réaliseraient les Québécois si le Québec appliquait la structure fiscale en vigueur dans chacune des six provinces suivantes. Ainsi, avec la structure fiscale de l’Alberta, on économiserait 22,5 milliards de dollars en impôts ! Avec les provinces suivantes :

  • Colombie-Britannique : 16,7 milliards de dollars
  • Saskatchewan : 10,1 milliards de dollars
  • Ontario : 10 milliards de dollars
  • Manitoba : 6,6 milliards de dollars
  • Nouveau-Brunswick : 661 millions de dollars

Question : recevons-nous au Québec des services publics égaux aux impôts que nous payons plus que dans les autres provinces ? Pas facile à démontrer, j’en conviens !

OÙ LE QUÉBEC SE DISTINGUE

Parmi les provinces canadiennes, le Québec se classe premier pour le fardeau fiscal :

  • Impôt sur le revenu des particuliers : 14,1 % du PIB
  • Impôts payés par les entreprises : 5,9 % du PIB
  • Charges sociales (fonds des services de santé) : 1,8 % du PIB
  • Cotisations sociales (emploi, parentales, médicaments, RRQ, etc.) : 6,1 % du PIB.

MAIS AU NIVEAU DE LA SOCIÉTÉ…

Selon les données communiquées en 2021 par le ministère des Finances, qui s’appuyaient sur les statistiques fiscales de 2014, 41,8 % des grandes entreprises ne payaient pas un centime d’impôt. Parmi les entreprises de taille moyenne qui ont évité l’impôt, le pourcentage est passé à 38,9 % et parmi les petites entreprises, le pourcentage est passé à 60,6 %.

Et dire qu’en 2014, le Québec avait enregistré une croissance de 3,1 %.

Alors qu’en 2020 le PIB réel a chuté (-5,1 %) en raison de la pandémie de COVID-19, cela suggère que le pourcentage d’entreprises qui n’ont pas payé d’impôts sera nettement plus élevé .




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