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encéphalogramme plat pour la série Syndrome [E] sur TF1


CRITIQUE – Rien ne sauve cette adaptation du thriller Horrible de Franck Thilliez diffusée ce jeudi 29 septembre à 21h10 sur TF1. Et certainement pas l’acteur Vincent Elbaz.

Ingénieur de formation, Franck Thilliez est passé maître dans l’art
Thriller en francais. En 2020, il se classe au quatrième rang des plus gros vendeurs de romans en France. Son potentiel populaire n’était donc plus à prouver. Et l’idée d’adapter Syndrome [E]son huitième roman, celui où l’auteur réunit pour la première fois ses deux enquêteurs préférés Lucie Hennebelle et Franck Sharko, se tenait parfaitement.

Ça pue la guimauve

On s’attendait donc à retrouver l’ambiance de ce roman qui tisse habilement son intrigue entre cauchemars poisseux, corps mutilés et neurosciences. Le syndrome E permettrait en effet, par manipulation mentale, de transformer des innocents, notamment des enfants, en redoutables meurtriers. Ça devrait sentir comme du formol baignant le cerveau des victimes. Hélas, ça pue la guimauve, l’attraction du carnaval. Cette série de six épisodes (qui pourraient tenir en trois ou quatre) ressemble à un train fantôme dont on connaît toutes les ficelles.

Comme si TF1 cherchait à se faire peur sans jamais oser pousser les curseurs de l’horreur. Comme si la réalisatrice Laure de Butler et le scénariste Mathieu Missoffe étaient retenus. Et quelle idée folle de faire apparaître la fille morte de Shako à l’écran ! Elle le suit partout. Au commissariat, en filature, dans sa chambre… Elle est sa mauvaise conscience. Ses remords depuis qu’elle a été tuée (avec sa mère) lors de l’attentat de Nice. Seul le policier la voit, lui parle. Ce qui provoque quelques malentendus, et surtout une certaine gêne pour le spectateur, mais aussi pour Vincent Elbaz, qui incarne ce flic cassé.

Naufrage complet

L’acteur surjoue le drame, celui d’un flic anesthésié par une profonde douleur. Jusqu’à la caricature. A croire que le malheur lui va mal. En tout cas, il ne lui offre que quelques nuances dans son interprétation : à peine plus de deux expressions sur son visage émacié. Il ne commence à remonter le moral que vers le cinquième épisode. Si les recherches sur le fameux Syndrome E, dont s’inspire Thilliez, permettaient de contaminer mentalement un être par stimulation cérébrale, on aurait aimé que Vincent Elbaz soit un peu plus stimulé, justement.

Dans la peau de l’inspecteur Hennebelle, Jennifer Decker va mieux. Tout comme Dominique Blanc, qui joue le méchant de l’histoire. Mais faut-il s’évader de la Comédie-Française, dont ils sont respectivement pensionnaire et sociétaire, pour vivre une telle aventure télévisuelle ? La question reste ouverte. Emmanuelle Béart, préfet de police, joue ce qu’on lui donne à jouer, des miettes. Bérengère Krief et Marius Colucci, exécuteur crédible d’œuvres basses, parviennent à se sauver de ce qui, à tous points de vue, ressemble à un naufrage.

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