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Éteindre les monuments la nuit, coup de pub ou remède à la crise énergétique ?

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L’illumination nocturne de la Tour Eiffel représente environ 4% de la facture énergétique annuelle du monument, selon la société exploitante. STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP

Tour Eiffel à Paris, Mucem à Marseille, Porte de Paris à Lille… Pour faire face à la crise énergétique, ces monuments ne sont plus éclairés la nuit. Mais les économies réalisées sont faibles.

Les grandes métropoles françaises montent au créneau énergétique. Ces derniers jours, les mairies de Paris, Marseille et Lille ont annoncé leurs mesures pour réaliser des économies d’énergie, pressées par la flambée des prix et l’urgence climatique. L’extinction nocturne des monuments municipaux était partout une option privilégiée, ou presque. La Tour Eiffel va ainsi se débarrasser un peu plus tôt que d’habitude de sa robe jaune orangé, éteignant ses 336 lampes au sodium à 23h45 au lieu d’1h du matin à partir du 23 septembre. Pour les autres bâtiments publics de la capitale, l’arrêt prendra lieu à 22h

Cependant, l’efficacité de ces mesures a été remise en question à la suite de leurs annonces. « L’extinction des monuments à partir de 22h n’est probablement pas la source d’économies la plus importante »a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, avant de lancer ce  » la sobriété, […] ça n’arrête pas de recevoir des touristes”. Devant le ministre, le maire de Nice, Christian Estrosi, a mis en cause les mesures devant la presse « Gadget à Paris »citant expressément « l’extinction de l’éclairage de la Tour Eiffel ». A Nice, « aucune activité sportive ou culturelle ne sera impactée »il a annoncé à cette occasion.

VOIR ÉGALEMENT – « Fin de l’illumination de la tour Eiffel », « extinction des monuments publics », Anne Hidalgo détaille son plan de sobriété énergétique

67 MWh économisés sur l’année

Sur son site internet, la Société d’exploitation de la Tour Eiffel (SETE) confirme que, « contrairement à la croyance populaire, l’illumination nocturne de la [tour Eiffel] ne représente qu’environ 4% de la facture énergétique annuelle du monument ». Un chiffre confirmé par la société d’exploitation à l’AFP. Dans la mesure où la consommation énergétique globale du monument s’élève à environ 6 700 MWh par an, l’illumination nocturne de la Tour Eiffel représente donc 268 MWh chaque année, soit 0,73 MWh chaque jour.

En moyenne, la Tour Eiffel est éclairée 5 heures par jour tout au long de l’année, de 20h à 1h. Soustraire 1h15 à ces cinq heures moyennes d’éclairage nocturne permet d’obtenir une estimation du gain réalisé en éteignant les projecteurs à 23h. :45h plutôt qu’à 1h du matin Environ 67 MWh au total, soit la consommation annuelle de 14 Français, selon les données fournies par EDF.

UN «  geste symbolique »

Quant au scintillement, qui se produit toutes les heures pendant 5 minutes, la SETE le considère comme « très économe en énergie » lui aussi. La société exploitante informe qu’elle consomme environ 8,8 MWh par an, soit « l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’un studio de 30 m² occupé par 2 personnes ». A noter que, là aussi, la mesure décidée par la mairie de Paris ne devrait en principe supprimer que deux scintillements – à minuit et à 1h du matin – sur les six qui se produisent chaque soir.

Ces modestes économies au regard des enjeux ont incité Jean-François Martins, président de la SETE, à qualifier la décision prise par l’exécutif parisien de « geste hautement symbolique ». Il participe, selon lui, « à la prise de conscience de la sobriété énergétique dont nous devons faire preuve ». La SETE informe le Figaro que ses équipes « travaillent actuellement à la mise en place opérationnelle de cette mesure pour être prêts à la date annoncée »23 septembre.

A Lille, l’éclairage des bâtiments publics a déjà cessé. La ville du Nord entend ainsi économiser 170 MWh chaque année, ce qui représente la consommation électrique annuelle de 57 Lillois, selon les chiffres d’EDF. Même décision à Marseille, où la mairie décide d’éteindre les 140 monuments bénéficiant de l’éclairage municipal à 23h30, puis à 22h30 en hiver. Contactée, la mairie dit ne pas disposer de chiffres précis sur les économies réalisées grâce à cette mesure.

UN «  déchets » qui doit s’arrêter

«  L’extinction de l’éclairage des bâtiments publics est un symbole, ce n’est pas ce qui nous fera passer le pic de consommation d’électricité », tranche Jacques Percebois, directeur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie (Creden). Le professeur émérite de l’université de Montpellier rappelle que l’éclairage public des villes et villages ne représente que 1 % de la consommation électrique mondiale.

Toutefois, Jacques Percebois salue la mesure prise dans les différentes grandes villes françaises. «  De toute façon, éclairer les monuments la nuit est un gâchis qu’il est content de voir s’arrêter « , il dit. Sans parler de l’effet de massification que pourraient provoquer ces extinctions symboliques » si tous les français adoptaient le même réflexe « . Cela rappelle la déclaration de la maire de Paris, Anne Hidalgo, pour qui le but de l’extinction des bâtiments publics est avant tout de «  donner l’exemple « . Depuis, les enseignes des Champs-Élysées lui ont donné raison en annonçant qu’elles éteindraient elles aussi leurs fenêtres et écrans à partir de 22 heures.

Pourtant, le chauffage et la climatisation sont les principaux leviers entre les mains des municipalités pour réduire efficacement leur consommation d’énergie, insiste Jacques Percebois. En effet, réduire la température de chauffage des bâtiments d’un seul degré permet d’économiser 7 % d’énergie.

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