Santé

Face au cancer, espoirs et défis

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Grâce aux avancées de la recherche, la maladie pourrait devenir chronique. La mobilisation de l’ensemble de la société est essentielle.

Il y a quelques années, l’annonce d’un cancer sonnait comme une condamnation à mort. Vecteur de peur, parfois de honte, le cancer était la maladie taboue par excellence. Les avancées scientifiques changent la donne. En agissant sur le diagnostic, le traitement ou la prévention, les chercheurs sont parvenus à améliorer considérablement le taux de guérison et le pronostic vital des patients. Sommes-nous sur le point de vaincre le cancer, ou plutôt de le chroniquer ? La France se donne-t-elle les moyens financiers et humains de poursuivre cet objectif ?

Ces questions étaient au cœur du débat de la première matinée du Big Bang Santé, animée par Cécile Thibert, journaliste sciences et santé au Figaro. Trois intervenants, étroitement impliqués dans la lutte contre le cancer – Jérôme Galon, directeur de recherche en immunologie à l’Inserm, Clarisse Lhoste, présidente du laboratoire MSD France, et Catherine Tourette-Turgis, fondatrice de l’Université des patients-Paris Sorbonne – ont exprimé leur espoirs et préoccupations pour les années à venir.

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L’espoir, d’abord. Dans ce domaine, l’immunothérapie va de soi. Jérôme Galon explique la singularité de cette approche thérapeutique, fruit d’un siècle de recherche : « Là où les thérapies traditionnelles visent à tuer les cellules cancéreuses, l’immunothérapie repose sur la stimulation de nos propres mécanismes de défense pour éliminer la tumeur. Le patient devient ainsi sa propre médecine. » Et les résultats sont sans précédent, notamment sur le cancer du poumon, connu pour être le plus répandu et le plus meurtrier. « L’immunothérapie n’en est qu’à ses balbutiements », prédit Clarisse Lhoste. Associée aux traitements traditionnels comme la chimiothérapie, la stimulation du système immunitaire est encore plus efficace. L’une des pistes les plus prometteuses est certainement celle d’un « vaccin curatif personnalisé associant ARN messager et immunothérapie » cité par Clarisse Lhoste. Fruit d’un partenariat entre Moderna et MSD, ce vaccin révolutionnaire pourrait transformer le cancer en maladie chronique d’ici quelques années.

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Encore faut-il que ces traitements d’avenir puissent bénéficier au plus grand nombre. Avant de tomber dans le domaine public, les médicaments sont chers, très chers. Est-ce la faute aux brevets pharmaceutiques ? Pour Clarisse Lhoste, les brevets ne sont pas un obstacle dans la lutte contre le cancer, bien au contraire. « Le brevet incite les acteurs à innover, à explorer de nouvelles voies, à prendre des risques », explique-t-elle. Une relance nécessaire, à l’heure où les financements publics de la recherche ne cessent de baisser. « En science, on fait de la recherche, mais on fait surtout de la recherche pour des financements », ironise Jérôme Galon. Dans la lutte contre le cancer aussi, l’argent est le nerf de la guerre. Le chercheur rappelle que la France est encore loin de consacrer 3 % de son PIB à la recherche scientifique, un objectif pourtant fixé par la stratégie « Europe 2020 » et désormais inscrit dans le droit national. Réduit à néant, le budget français fait pâle figure face aux investissements américains, chinois ou encore sud-coréens… A terme, le risque de déclassement est réel, même si notre pays dispose d’excellents chercheurs.

Récupération sociale

Pour Catherine Tourette-Turgis, le manque de financement n’est pas le seul angle mort de la stratégie de lutte contre le cancer. Cet enseignant-chercheur, figure historique de la lutte contre le sida, déplore qu’on ne pense pas à l’après-cancer : « La société peine à suivre les succès thérapeutiques et à accompagner le malade dans son cheminement vers la guérison. Vous pouvez être restauré sur le plan médical, mais pas sur le plan social et personnel. Le retour à la vie professionnelle, qui concerne 80.000 nouveaux cas par an, reste selon elle un « test »: « 26% des patients quittent leur emploi dès l’annonce du diagnostic et 13% des anciens patients sont encore discriminés à leur retour au travail », dit-elle.

Là où les thérapies traditionnelles visent à tuer les cellules cancéreuses, l’immunothérapie repose sur la stimulation de nos propres mécanismes de défense pour éliminer la tumeur

Jérôme Galon, directeur de recherche en immunologie à l’Inserm

Et si, paradoxalement, lutter contre le cancer signifiait apprendre à vivre avec ? C’est la conviction de Catherine Tourette-Turgis qui milite, à travers son université des patients, pour que la voix de ceux qu’elle a l’habitude d’appeler « rescapés » soit davantage entendue.

Qu’est-ce que l’immunothérapie ?

L’immunothérapie désigne les traitements qui stimulent les défenses immunitaires du patient pour lutter contre la maladie. Les progrès de l’immunothérapie contre le cancer ont été salués par le prix Nobel de médecine 2018, décerné à James Allison et Tasuku Honjo. Contrairement à la chimiothérapie et à la radiothérapie, l’immunothérapie ne cible pas spécifiquement les cellules cancéreuses, mais travaille avec le système immunitaire pour les tuer. Efficace pour traiter certains types de cancer, souvent en complément des traitements traditionnels, l’immunothérapie est encore au stade de la recherche pour beaucoup d’autres. C’est pourtant l’une des voies de guérison les plus prometteuses contre le cancer.

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