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femme accusée d’adultère fouettée 100 fois, partenaire 15 fois

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Une Indonésienne a été fouettée 100 fois pour adultère jeudi dans la province conservatrice d’Aceh, seule région d’Indonésie qui applique la charia islamique, tandis que son compagnon, qui a nié les accusations, n’a reçu que 15 coups de fouet.

Le tribunal a prononcé une peine plus lourde pour la femme parce qu’elle a avoué aux enquêteurs avoir trompé son mari, a déclaré Ivan Najjar Alavi, chef de la division des enquêtes générales au bureau du procureur. A l’inverse, les juges ne croyaient pas pouvoir condamner son compagnon, lui aussi marié, à une peine aussi sévère. « Pendant le procès, il n’a rien avoué, il a nié toutes les accusations. Ainsi, (les juges) ne sont pas en mesure de prouver sa culpabilité », a déclaré Ivan Najjar Alavi aux journalistes, après la flagellation publique des contrevenants. Comme peine alternative, il a été reconnu coupable d’avoir « a montré des signes d’affection à une femme autre que sa femme ». Le couple a été surpris par des habitants dans une plantation de palmiers à huile en 2018.

Fouettée, la femme avait du mal à supporter la douleur. Son calvaire a été brièvement interrompu, a constaté un journaliste de l’AFP. Le même jour, un autre homme, reconnu coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec un mineur, a été battu 100 fois de la même manière. Il devra également passer 75 mois en prison, selon les procureurs. Des dizaines de personnes sont venues assister aux punitions. La scène a été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux.

Une région où la charia est imposée

Un spectacle critiqué par les défenseurs des droits de l’homme, qui ont dénoncé la cruauté de cette pratique, pourtant soutenue par la population d’Aceh, dont les cinq millions d’habitants sont à 98 % musulmans. Cette province très conservatrice jouit d’une relative indépendance depuis un accord conclu avec les autorités centrales de Jakarta en 2005 pour mettre fin à un conflit de plusieurs décennies avec les rebelles indépendantistes.

Le port du voile est obligatoire pour les femmes, l’adultère, les rapports sexuels hors mariage ou avec une personne du même sexe sont punis. La consommation d’alcool ou les jeux d’argent sont interdits. Le cinéma est interdit, pour éviter les comportements « anti-islamiques ». La région d’Aceh envisageait autrefois la décapitation pour les crimes les plus graves, mais le gouvernement indonésien y a opposé son veto. En 2019, 43 hommes et 42 femmes ont été officiellement condamnés à la flagellation pour crimes religieux dans la seule ville de Banda Aceh.


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