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Football et crypto-monnaies : des liaisons dangereuses ?

De plus en plus de clubs de football recherchent de nouvelles sources de revenus grâce aux crypto-monnaies. Au Royaume-Uni, la quasi-totalité de ceux qui composent l’élite ont passé des accords avec des entreprises de ce secteur. Des partenariats qui peuvent être lucratifs, mais aussi risqués pour les clubs ou leurs supporters.

Les clubs de football sont de plus en plus friands de crypto-monnaies. C’est notamment le cas au Royaume-Uni, où 17 des 20 clubs de Premier League ont un partenariat avec une entreprise de ce secteur, a constaté le tabloïd britannique Daily Mail, dans une enquête sur les liens entre le monde du football et celui du football. bitcoins, blockchain ou NFT, publiés mardi 23 novembre.

Le quotidien britannique ne les cite pas, mais les trois groupes britanniques qui n’ont pas encore succombé aux sirènes des crypto-monnaies semblent être Burnley, Chelsea et Norwich City, selon des recherches menées par France 24.

Mariage gagnant-gagnant ?

Tous les autres ont au moins un partenariat avec un groupe de ce secteur. Il peut s’agir de plateformes d’échange de crypto-monnaies comme CoinJar, qui a séduit Brentford, de sociétés d’investissement comme eToro, qui a noué des partenariats avec plusieurs clubs (Arsenal, Newcastle ou encore Aston Villa), ou de sites de jeux avec des crypto-monnaies comme Yolo Group (créateur de Bitcoin Casino) qui s’est associé à Southampton.

Ce rapprochement entre l’élite du football britannique et le monde des bitcoins ou de l’ethereum est présenté comme l’alliance du futur. Ce serait un mariage gagnant-gagnant pour les clubs et les fans, assurent Arsenal, Manchester City et d’autres dans leurs communiqués de presse.

La formation trouve une nouvelle source de revenus. Après plus d’un an de vaches maigres en raison de la crise sanitaire, qui a lourdement pesé sur leurs finances, les clubs espèrent engranger des dizaines de millions d’euros grâce à ces nouveaux partenariats.

Ailleurs au Royaume-Uni, les clubs ont déjà gagné gros grâce aux crypto-monnaies. L’accord entre le Paris Saint-Germain et le site Soros.com offrirait un revenu garanti de 2,5 millions d’euros par an au club de la capitale, a analysé le journal L’Équipe. Au Mexique, le club Necaxa au Mexique a levé 1,5 million de dollars en vendant 1% de ses actions sous forme de NFT (« Non Fungible Token » qui sont des jetons numériques avec droits de propriété attachés), rapporte le site Sport Business Journal.

Cette manne potentielle est d’autant plus importante pour les clubs britanniques qu’ils pourraient bien perdre les revenus des sites de paris en ligne. Ces derniers sont parmi les principaux sponsors des clubs anglais. Sur les vingt clubs d’élite, neuf ont un maillot sponsorisé par des marques comme Betway (West Ham), Betvictor (Fulham) ou W88 (Crystal Palace). Ces accords rapportent environ 75 millions d’euros par saison aux clubs concernés, mais le législateur britannique envisage d’interdire ces partenariats qui favorisent les paris en ligne.

« Je pense que les clubs de football intensifieront encore leurs partenariats avec les entreprises du secteur des crypto-monnaies afin de réduire leur dépendance au parrainage des sites de paris en ligne », a déclaré Charlie Bannister, spécialiste de l’agence de marketing SGI Sports, interrogé. par le Daily Mail.

Jeux risqués pour les fans

Ces accords permettront également aux supporters « d’être mieux associés à la vie de leur club préféré », assurait, en août, l’Everton FC pour justifier son partenariat avec Socios.com, un créateur de crypto-monnaies sportives qui s’est associé à des dizaines. clubs de football du monde entier, dont le PSG et le FC Barcelone.

Au Royaume-Uni, Socios.com – fondé par l’entrepreneur en série français Alexandre Dreyfus – a des partenariats avec Everton, Manchester City, Leeds, Aston Villa et Arsenal. Cette société crée des jetons numériques aux couleurs du club, que les fans peuvent acheter pour obtenir le droit de participer à certaines décisions.

Cependant, les supporters ne deviennent pas actionnaires du club mais peuvent, via des sondages en ligne, influencer le choix de la couleur du foulard porté un jour donné par l’entraîneur, ou de la musique à jouer dans le stade lorsqu’un but est marqué. « C’est une façon de se démarquer de la foule des fans », résume Max Rabinovitch, responsable de la stratégie d’entreprise chez Socios.com, interrogé par le site Sport Business Journal.

Cette nouvelle obligation, dans certains clubs, de devoir acheter le droit de participer à certaines décisions cosmétiques a été très mal vécue par plusieurs groupes de supporters anglais. Ceux de West Ham sont même parvenus, en 2019, à convaincre la direction du club de mettre fin au partenariat avec Socios.com arguant que « c’est un mécanisme pour exploiter financièrement l’engagement des supporters aux côtés du club, qui devrait plutôt être récompensé ».

Sans parler du danger d’y laisser ses économies. La valeur du jeton numérique, une fois émis, peut changer en fonction de la demande. « Ce sont des actifs spéculatifs qui ne sont soumis à aucune réglementation », a prévenu Charles Randall, président de la Financial Conduct Authority (FCA, le régulateur britannique des marchés financiers), interrogé par le Daily Mail. Pour avoir leur mot à dire, « les fans vont devoir s’aventurer dans l’écosystème des crypto-monnaies, un environnement que très peu connaissent », a regretté le groupe de supporters de Leeds, après l’accord conclu en août entre leur club préféré et Socios.com.

Cette course aux sponsors 2.0 a également incité certains des plus grands clubs du monde à se lancer dans les crypto-monnaies. Manchester City a ainsi suspendu, le 19 novembre, son accord avec la société 3Key, une semaine seulement après l’avoir signé. De sérieux doutes sur la légitimité de cette société, qui se revendique « spécialiste de la finance décentralisée », avaient été soulevés par des internautes qui n’avaient trouvé aucune trace en ligne de personnes réelles liées à la société, relate le quotidien britannique The Guardian. La veille, le FC Barcelone avait rompu un accord avec Ownix, une start-up liée à un homme d’affaires israélien arrêté pour plusieurs fraudes à la crypto-monnaie.

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