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Fraude : un propriétaire de garderie accusé


Un propriétaire de garderie de Montréal qui aurait extorqué des milliers de dollars à des parents pendant des années sera accusé de fraude criminelle, a appris notre Bureau d’enquête.

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En février, notre Bureau d’enquête a révélé que Fatima El Boukhari, alors à la tête de la crèche privée Aux coins des ami(e)s, aurait escroqué des dizaines de parents par le biais d’un stratagème fiscal.

La directrice aurait soutenu, à tort, que son établissement était subventionné. Elle aurait utilisé les crédits d’impôt pour frais de garde d’enfants afin de s’enrichir sur le dos des parents, à leur insu (voir ci-dessous).


Fraude : un propriétaire de garderie accusé

Photos d’archives, Le Journal

Notre Bureau d’enquête avait capté en caméra cachée le discours séducteur que Fatima El Boukhari a prononcé devant des parents qui voulaient envoyer leurs enfants à sa garderie l’hiver dernier.

Deux chefs d’accusation

Dans la foulée de notre signalement, plusieurs parents s’estimant lésés ont porté plainte auprès de la police, qui a enquêté.

Fatima El Boukhari – qui s’est également présentée comme Haidy Dawah – doit maintenant comparaître le 12 septembre au palais de justice de Montréal pour faire face à deux chefs d’accusation.

Il est accusé d’avoir « frustré diverses personnes, d’une somme d’argent, d’une valeur excédant 5 000 $ » par « tromperie, mensonge ou autres moyens trompeurs », en plus d’avoir fait de faux documents, soit des demandes de prépaiement, peut-on lire dans la dénonciation.

Les infractions auraient été commises entre août 2016 et février 2022, à Montréal.

Poursuite des petites créances

Fatima El Boukhari fait également l’objet d’un procès aux petites créances de 15 000 $.

« Je réclame cette somme car nous avons été escroqués », lit-on dans la pétition déposée en mai par Hamza Benrabah.

Ce père affirme avoir dû payer quelque 5 000 dollars d’impôts, après avoir envoyé son fils pendant quatre mois à la garderie dirigée par Fatima El Boukhari.

Il allègue que cette dernière lui a fait croire que son établissement était subventionné, qu’elle a falsifié des documents déposés en son nom et à son insu à Revenu Québec et qu’elle a continué à retirer des sommes de son compte, même si son enfant ne fréquentait plus la garderie.

Les enquêteurs de Revenu Québec

Comme plusieurs parents qui s’estiment floués, M. Benrabah a porté plainte au ministère ainsi qu’à Revenu Québec, sans retrouver les sommes perdues. Il a également rencontré un enquêteur fiscal en septembre dernier, peut-on voir dans un document versé au dossier.

Selon nos informations, plusieurs parents ont également rencontré les enquêteurs de l’agence gouvernementale au cours de la dernière année, mais n’ont pas obtenu de suivi.

Revenu Québec, qui selon nos sources avait effectué une perquisition à l’automne 2021 dans l’établissement, a refusé de confirmer ou d’infirmer la semaine dernière si une enquête était en cours concernant ce dossier.

Garderie tolérée

Le ministère de la Famille a ordonné la fermeture du service de garde en février, 48 heures après que notre Bureau d’enquête l’ait interrogé sur la gestion douteuse de cet établissement.

En effet, depuis son ouverture en 2012, la garderie et ses dirigeants – Fatima El Boukhari et son mari, Mohamed Dawah – avaient fait l’objet de nombreuses plaintes et se retrouvaient dans le collimateur du ministère, de Revenu Québec et des banques, parmi lesquelles les autres.

Aujourd’hui, la garderie conteste l’avis de révocation de permis transmis par le ministère devant le Tribunal administratif du Québec.

– Avec Michaël Nguyen

Le prétendu stratagème

  • La garderie de Fatima El Boukhari prétendait à tort être subventionnée par l’État, ce qui lui permettait d’offrir à ses clients un tarif journalier de 8,70 dollars.
  • La femme a fait valoir que la subvention de l’État devait passer par le compte des parents avant d’être versée à la garderie, ce qui est faux.
  • L’établissement a rempli au nom des parents et à leur insu une demande de versement anticipé sur le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants auprès de Revenu Québec, en modifiant diverses informations afin de maximiser le montant perçu. L’adresse au dossier a également été modifiée : les parents n’ont donc reçu aucune communication concernant cette demande.
  • Chaque mois, les parents recevaient leur acompte, pensant qu’il s’agissait de la subvention. La garderie inscrivait ce montant mensuellement.
  • À la fin de l’exercice financier, Revenu Québec réclamait toutefois les trop-payés aux parents. Ils ont été obligés de rembourser les milliers de dollars empochés par la garderie.

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