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Hommage à Channel mort un an après la tragédie des migrants « évitable »


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Des hommages et des manifestations ont eu lieu en France pour commémorer les 27 migrants décédés il y a un an dans une catastrophe maritime dans la Manche. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a admis que les services de secours français auraient dû intervenir.

Plusieurs bateaux remplis de sauveteurs et d’élus locaux ont pris la mer jeudi au large de Dunkerque pour marquer l’anniversaire de l’accident de migrants le plus meurtrier jamais enregistré en Manche.

Les responsables ont jeté des couronnes dans l’eau et se sont arrêtés pour se souvenir des 27 personnes, pour la plupart irakiennes, qui ont péri lorsque leur bateau gonflable a coulé au milieu du chenal de navigation entre la France et la Grande-Bretagne.

Trente et une personnes se trouvaient à bord à ce moment-là, mais seulement 27 corps ont été retrouvés.

« C’est un drame auquel on s’attendait et il y en aura probablement d’autres », a déclaré le chef de l’antenne locale du service canot de sauvetage de la SNSM, Alain Ledaguenel.

« Ce sont des hommes, des femmes et des enfants et il ne faut jamais l’oublier », a déclaré à RFI l’eurodéputé vert et ancien maire Damien Carême.

« Des décès auraient pu être évités »

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés affirme que ces décès auraient pu être évités. Le HCR a appelé tous les États à « s’engager à placer la vie humaine, les droits et la dignité au centre et à l’avant-garde des discussions ».


Ailleurs, une marche de protestation organisée par une association caritative locale a vu des personnes marcher du centre de Dunkerque jusqu’à la plage derrière une banderole indiquant « Vos frontières, nos morts ».

L’un des marcheurs a lu les noms des défunts face à l’eau.

Les habitants de Dunkrik tiennent une banderole sur laquelle on peut lire « Vos frontières, nos morts ». REUTERS – PASCAL ROSSIGNOL

« J’aurais dû intervenir »

Des documents d’une enquête française sur l’accident suggèrent que les coordinateurs français et britanniques du sauvetage en mer se sont renvoyé la responsabilité lorsque le bateau a coulé.

Lors des premiers appels SOS, le bateau semble avoir été juste à l’intérieur des eaux françaises mais dérivant vers la frontière britannique. Aucune des deux parties n’a envoyé de bateau de sauvetage, selon Le Monde un journal.

« Tout ce qui a été écrit est assez choquant », a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à la chaîne de télévision France 3.

« D’après ce que j’ai compris, nous aurions dû intervenir parce que, apparemment, ils se trouvaient dans les eaux françaises », a-t-il ajouté.

Hommage à Channel mort un an après la tragédie des migrants « évitable »
Les gens tiennent des pancartes avec les noms de certains des 27 migrants qui sont morts dans un naufrage. REUTERS – PASCAL ROSSIGNOL

A Paris jeudi soir, une centaine de personnes ont manifesté place de la République où des feuilles blanches portant les noms des morts ont été déposées au pied de la colonne au centre de la place.

Une lettre a été lue par la fenêtre d’un homme qui a perdu la vie, le père de ses deux enfants. Elle a dit qu’il « ne méritait pas de mourir comme ça ».

Ailleurs jeudi, 65 associations humanitaires britanniques, belges et françaises ont appelé le gouvernement britannique à fournir des voies légales aux demandeurs d’asile dans une lettre commune publiée dans Le Monde.

Le gouvernement britannique a des programmes pour aider les réfugiés ukrainiens et afghans, mais d’autres sont obligés de traverser la Manche pour faire une demande d’asile.

(Avec les fils de presse)



rfi

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