Santé

« Il faut remettre le patient au cœur du parcours de soins »

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MAINTENANCE – Carla Gomes, directrice santé de Docaposte, la filiale numérique du groupe La Poste, souligne l’importance de l’utilisation stratégique des données dans le secteur médical.

LE FIGARO. – Pourquoi La Poste, connue pour ses activités historiques d’opérateur postal et ses services de banque et d’assurance, s’intéresse-t-elle autant à la santé ?

Carla GOMES. – La crise du Covid a révélé les dysfonctionnements de notre système de santé. Face au vieillissement de la population, à l’incidence croissante des maladies chroniques, aux difficultés d’accès aux soins, la nécessité de développer des solutions s’imposait. En tant qu’acteur de proximité, La Poste s’est investie dans ce domaine de la santé en favorisant le maintien des patients à domicile, avec des activités de surveillance médicale pour suivre les patients à distance et adapter les soins. Avec Docaposte, la filiale numérique du groupe, nous cherchons aujourd’hui à simplifier le parcours patient, en facilitant le processus de gestion du recueil du consentement médical, le partage des données, l’accès au dossier médical partagé… En parallèle, La Poste poursuit mobiliser son savoir-faire logistique « traditionnel » par le transport de médicaments. Enfin, n’oublions pas le rôle clé que le groupe joue dans le secteur de la santé à travers ses activités de financement. Tout cela forme un tout cohérent.

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Docaposte s’est illustré par une série d’acquisitions récentes dans le secteur de la e-santé, par la création d’un pôle « data et IA »… Quelle est votre stratégie ?

Notre stratégie de croissance vise à accompagner la transformation numérique du système de santé. Cela commence par l’optimisation de la logistique des opérations hospitalières et l’amélioration des soins aux patients. La dernière étape est l’innovation au profit de la recherche clinique. Concrètement, la valorisation des données des différents acteurs de l’écosystème de la santé peut permettre aux laboratoires d’accélérer la commercialisation de nouveaux médicaments au bénéfice des patients.

L’intérêt des données reste peu perçu par le grand public. En quoi est-ce décisif pour la santé de demain ?

Si l’enjeu reste mal perçu, c’est qu’il faut désormais dépasser le stade de la digitalisation, pour aller vers une utilisation intelligente des données. Adapter les outils à la digitalisation est une chose ; le vrai défi des prochaines années est le traitement et l’utilisation stratégique des données. Les données pour les données ne suffisent pas. L’objectif est de donner une capacité accrue à l’humain grâce aux données. Attention, il ne s’agit pas de remplacer les médecins par des machines ! Mais les professionnels de santé doivent disposer de toutes les informations pertinentes pour prendre les meilleures décisions. Sur ce point, le gouvernement a bien avancé avec le « Ségur de la santé ». Et, depuis plusieurs années, La Poste propose un cadre souverain et sécurisé pour faciliter ce partage d’informations entre les nombreux acteurs du secteur : établissements, hôpitaux, start-up, etc.

Le premier objectif de la transformation numérique est de libérer du temps pour les médecins, temps qui sera réalloué au bénéfice du patient.

Carla Gomes, Directrice Santé de Docaposte

Comment garantir la souveraineté et la sécurité de données médicales particulièrement sensibles ?

Ce sont deux questions différentes, même si elles sont toutes les deux essentielles. La souveraineté implique de garantir une indépendance technologique et financière vis-à-vis d’acteurs étrangers qui ne respectent pas nécessairement les mêmes normes. C’est dans cette optique que La Poste a lancé, en partenariat avec Dassault Systèmes, Bouygues Telecom et la Banque des Territoires, un cloud de confiance 100% français, Numspot. En matière de sécurité, il faut souligner la chance que nous avons, en France, d’avoir un cadre réglementaire déjà très développé. Outre le RGPD et la Cnil, il existe une réglementation sur l’hébergement des données de santé : le fait de considérer spécifiquement les données de santé est une exception française. Mais encore faut-il s’associer à ce cadre réglementaire exigeant le respect de principes éthiques et disposer de plateformes de confiance. On retrouve ici l’ADN historique de La Poste. Depuis plusieurs siècles, La Poste garantit à ses usagers la confidentialité des échanges postaux ! Aujourd’hui, 45 millions de dossiers pharmaceutiques de patients sont hébergés dans nos centres de données.

Quelles sont les prochaines étapes?

La Poste entend poursuivre son avancée stratégique dans le domaine de la santé. Nous visons à devenir un partenaire incontournable dans l’analyse des données de santé, grâce à notre plateforme Agoria Health, un entrepôt de données de santé créé en juin 2021 en partenariat avec AstraZeneca et Impact Healthcare.

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Selon vous, quel est l’enjeu essentiel de la transformation numérique de la santé ?

Le numérique ne doit pas être perçu comme une contrainte technique supplémentaire, mais comme une capacité accrue. Le premier objectif de la transformation numérique est de libérer du temps pour les médecins, temps qui sera réalloué au bénéfice du patient. Contrairement à la déshumanisation, il s’agit de remettre le patient au cœur de son parcours de soins.

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