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Inflation : moins d’argent pour les dîners-bénéfices


Demandes d’aide en flèche, coûts de fonctionnement en hausse et événements de collecte de fonds de plus en plus difficiles à vendre : l’inflation frappe les organismes communautaires sur tous les fronts.

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Trois semaines avant la tenue de son souper-bénéfice en soutien aux personnes autistes, le Patro Roc-Amadour de Québec a failli tout annuler, car il n’y avait que 69 billets vendus. Mais le directeur général Clément Lemieux a refusé de baisser les bras, il a motivé l’équipe, tout le monde a redoublé d’efforts, si bien que, finalement, 200 invités ont été reçus le 12 novembre.

« Nous obtenons des résultats en travaillant beaucoup plus dur qu’avant. Il faut trois mois plutôt qu’un mois pour atteindre nos ventes », observe M. Lemieux.

De plus, le coût des billets a dû être augmenté de 75 $ à 100 $ pour générer les mêmes revenus qu’au dernier souper-bénéfice, avant la pandémie, car le prix des aliments a augmenté et les commandites se sont resserrées.

«À un moment donné, nous avons reçu plus de cadeaux. Là-bas, les entrepreneurs nous aident beaucoup, nous offrent de bons prix, mais eux aussi sont impactés par l’inflation sur les salaires et leurs coûts de production », remarque M. Lemieux.


Inflation : moins d’argent pour les dîners-bénéfices

Au service des personnes vulnérables, le Patro doit tirer les deux tiers de son budget de fonctionnement de la communauté, comme le Centre de pédiatrie sociale des Appalaches, qui se creuse aussi les méninges pour générer suffisamment de revenus. Les événements de collecte de fonds ne paient plus autant qu’auparavant.

« Les gens font de petits dons de 20 $, mais participent moins aux grands événements. On dirait qu’ils attendent de voir le résultat de l’inflation. Peuvent-ils encore se permettre de soutenir des causes ? On entend les questionnements », déclare Claudia Huppé-Proulx, directrice générale.

Avant la pandémie, le Centre organisait chaque année un seul souper-bénéfice, afin d’amasser 15 % de ses revenus autonomes. En 2022, le dîner générera moins de 10 % des revenus. Nous devons maintenant faire plus d’activités pour équilibrer le budget. En mai, l’association vend des boîtes repas gourmandes pour deux à manger à la maison. Il peut se vendre moins cher qu’une soirée en salle, il reste donc accessible aux particuliers.

« Pour le souper-bénéfice, nous ciblons maintenant la clientèle corporative, qui achète une ou deux tables, et nous offrons de la visibilité aux entreprises. Nous avons pris cette route. M. et M.moi Tout le monde a moins de moyens pour s’offrir des billets à 120-130 dollars », note Mmoi Huppe-Proulx.

« On sent une volonté du monde de l’entreprise de tendre la main pour nous soutenir », indique aussi Sandra Ferguson, de la Fondation Sourdine, qui note aussi une plus grande difficulté à signer des partenariats de long terme.

Le Centre de pédiatrie sociale des Appalaches a embauché une nouvelle employée à temps partiel pour appuyer la directrice dans la recherche de partenariats. Le Patro Roc-Amadour ouvre un poste à temps plein pour augmenter ses revenus. Il estime avoir besoin de générer près de 150 000 $ de revenus annuels supplémentaires d’ici 2024 pour accomplir sa mission, car les besoins sont grandissants.

« On sent l’inflation très fortement dans le service de sécurité alimentaire, c’est-à-dire les dépannages d’urgence et la popote roulante. Nous sommes à notre capacité maximale, nous aidons 150 familles par semaine. Avant la pandémie, c’était de 80 à 100 familles », raconte Clément Lemieux.

L’inflation exerce également une pression sur les salaires. Le Patro peine notamment à recruter des éducateurs spécialisés pour sa clientèle. Les salaires qu’il peut offrir sont de 5 $ à 7 $ inférieurs à ceux du réseau de la santé, qui vient maintenant chercher sa main-d’œuvre dans les cégeps.

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