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Jean-Marie Rossi, doyen des grands antiquaires parisiens, est mort


Jean-Marie Rossi fut le dernier des Mohicans, le doyen des grands antiquaires spécialisés dans le mobilier du XVIIIe siècle.e et XIXe des siècles. Sa très grande taille et son humour parfois lâche impressionnent les visiteurs de sa galerie de la place Beauvau (8e arrondissement de Paris), où il a élu domicile en 1999, à deux pas du Palais de l’Elysée. En un demi-siècle d’activité, cet œil atypique avait connu la crème de la crème des collectionneurs et des décorateurs ainsi que les aléas du marché des antiquaires. Le commerçant est décédé le 5 décembre, à l’âge de 91 ans, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Né le 18 novembre 1930 d’un père ouvrier milanais, délégué CGT et anticlérical, et d’une mère alsacienne, le jeune Jean-Marie rejoint en 1956 l’antiquaire Maurice Aveline, rue du Cirque, dont il devient rapidement le bras droit , puis le partenaire. Très vite aussi, la chance lui sourit. Sa première grande affaire fut un buffet de cinq mètres de long – un long buffet bas – de l’ébéniste BVRB, acheté 260 livres lors d’une vente à Londres, et revendu 17 millions de dollars.

Il préfère le XVIIIe siècle aux meubles qui peuvent être utilisés partout.e siècle « extraordinaire et déraisonnable », « l’ambiance château, l’invitation à la fête »

Dans les années 1970-1980, le marché du meuble du XVIIIe à son meilleur. Ses clients s’appellent John Paul Getty, Agnelli, Gunther Sachs et Hubert de Givenchy. S’il s’impose comme un ténor de sa profession, aux côtés de Didier Aaron, Bernard Steinitz, Jacques Perrin et Maurice Ségoura, Jean-Marie Rossi ne rentre pas dans le moule. Il préfère les meubles du XVIIIe siècle pour aller partout.e siècle « Extraordinaire et déraisonnable », « L’ambiance château, l’invitation à la fête », il dira dans le livre Être antiquaire (éd. Conflit !, 1983). Lorsque ses confrères s’intéressent exclusivement au mobilier statutaire, bureaux estampés Riesener ou armoires Boulle, Jean-Marie Rossi pousse sa curiosité vers le mobilier anglais, italien ou allemand ainsi que vers le XIXe siècle.e siècle, puis dénigré. « Le goût Rossi était l’originalité des formes, résume le dealer Bill Pallot. Il s’intéresse aux objets insolites, qui anticipent leur époque. « 

« Un sacré panache »

Antiquaire le jour, il passe ses soirées en compagnie d’artistes, César, Arman et Etienne-Martin. En 1960, il assiste même à la célèbre performance au cours de laquelle Yves Klein, en nœud papillon, orchestre une anthropométrie à la Galerie internationale d’art contemporain. L’audacieux antiquaire sera l’un des tout premiers acheteurs français de pop art. A son actif également des oeuvres de Daniel Buren et Sol LeWitt. Sa meilleure affaire ? Un tableau de Roy Lichtenstein, acquis pour 6 000 francs à la galerie Ileana Sonnabend, dont la revente, des années plus tard, lui a permis d’acquérir les murs de sa galerie de 700 m2.2 place Beauvau.

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