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Jouets pour enfants : les emballages « in English only » plein les allées

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En pleine période de magasinage des Fêtes, l’anglais prédomine dans les allées de jouets pour enfants au point que de nombreux emballages sont uniquement en anglais, une pratique qui est illégale.

«Il y a beaucoup de marchands qui vendent des jouets uniquement écrits en anglais», explique Philippe Roy, président du groupe Ricochet, un importateur et distributeur de jouets québécois.

Le Journal l’a constaté à plusieurs reprises, et sans trop d’efforts, en parcourant les allées de plusieurs magasins de la Rive-Sud de Montréal cette semaine.

Dans une librairie-papeterie Buropro Citation, il n’a fallu qu’une poignée de minutes pour compter une dizaine de jeux proposés dans un contenant anglais.

Chez Clément – ​​un magasin québécois d’articles pour bébés et enfants – plusieurs cas ont été rapidement visibles.

Chez Toys « R » us et Walmart, il a fallu quelques minutes de plus pour chercher dans différents emballages à prédominance anglaise pour finalement trouver plusieurs étuis qui n’étaient qu’en anglais.


Philippe Roy

Pratique illégale

Cependant, la pratique est illégale.

Selon la Charte de la langue française, toute inscription sur un produit, un contenant ou un emballage doit être rédigée en français, et aucune inscription dans une autre langue ne doit prévaloir sur le français.

Les instructions d’utilisation et l’utilisation du jeu lui-même doivent également être proposées en français.

Alors, comment se fait-il que ces articles se retrouvent sur les étagères ? Traduire demande une certaine organisation mais surtout des coûts supplémentaires, souligne M. Roy. Cependant, le marché québécois est le seul marché francophone en Amérique du Nord.

Certaines marques américaines décident donc d’éviter de traduire leurs emballages. Les distributeurs et les détaillants choisissent de les acheter quand même et de les mettre en vente au Québec.

 » Concurrence déloyale « 

Si les citoyens sont touchés, ce sont aussi les entreprises qui respectent la réglementation qui sont lésées, croit M. Roy.

« C’est un peu une concurrence déloyale pour nous qui devons payer la production pour faire traduire nos emballages », explique l’entrepreneur.

De plus, le problème s’étend bien au-delà des magasins, ajoute-t-il. Les sites transactionnels, comme Amazon, auraient très peu de contrôle sur la qualité et le conditionnement des produits qu’ils revendent.


Philippe Roy

les erreurs

Le journal pris contact avec les quatre bannières visitées.

Clément et Walmart ont tous deux demandé des photos de l’emballage en question. Ils affirment qu’il s’agit d’erreurs et promettent de rectifier la situation.

Dans un entretien téléphonique avec Le Journal, le porte-parole de Clément a déclaré avoir mis beaucoup d’efforts dans la langue française.

Lorsque les emballages en anglais leur « échappent », les plaintes à l’Office québécois de la langue française (OQLF) leur transmettent rapidement l’information, explique Jean-Philippe Clément. Il ajoute collaborer de manière réactive, parfois en apposant des autocollants sur les emballages en anglais.

«Ces produits n’ont jamais été destinés à être expédiés dans nos succursales québécoises», se défend Steve Azoulay, directeur principal, affaires publiques chez Walmart Canada, cette fois par courriel.

Walmart dit avoir ouvert une enquête et s’engage à retirer les articles des magasins du Québec, en attendant la réception du stock conforme.

Au moment d’écrire ces lignes, Toys »R »Us n’a pas répondu aux questions du Journal. Quant à Buropro Citation, l’entreprise québécoise dit s’en remettre à ses distributeurs pour gérer la langue des emballages qu’elle vend.

Explosion de plaintes

Près de 400 plaintes concernant l’emballage et la langue des produits ont été reçues l’an dernier par l’Office québécois de la langue française. C’est 45 % de plus que l’année précédente.

Dans 99% des cas, l’Office dit avoir trouvé une solution. L’an dernier, trois entreprises ont été condamnées à des amendes allant jusqu’à 1 500 $.

Français souvent en très petits caractères sur les emballages de jouets au Québec

Même si les emballages des jouets vendus au Québec contiennent du français, dans bien des cas l’anglais prédomine, laissant au client francophone le soin de s’y retrouver parmi les petites inscriptions.

On le remarque assez nettement lorsqu’on arpente les allées des jeux et jouets. Lorsque l’emballage n’est pas également bilingue anglais-français, la langue prédominante est souvent l’anglais.

Sur de nombreux emballages le nom du jeu apparaît en anglais en très grosses lettres, alors que le français est relégué à des caractères beaucoup plus petits. Cependant, cela ne viole pas nécessairement la loi.

Procurez-vous une table d’activités pour enfants. L’emballage ne l’indique pas comme tel, mais plutôt comme une « table de curiosité ». La désignation en anglais est bien visible, en gros caractères.

En petit, en dessous, on retrouve le français après l’espagnol : « Activity station / Estacion de Actividades / Poste d’activites ».

Pourtant, la société Baby Einstein n’a pas enfreint la loi puisque « Curiosity table » est bien en anglais, mais est affublé d’un TM, pour « trade mark » ou « trademark ».

Autre exemple avec une kitchenette pour les enfants cette fois.

Plutôt que d’écrire « cuisine » en français pour désigner le jeu, le constructeur a choisi d’apposer une marque en anglais : « Top cooks kitchen ». Nulle part sur l’emballage le nom du jeu n’est écrit en français. On ne peut lire en français que « 2 ans ».

Et les exemples se comptent par dizaines.

Certains fabricants de jouets utilisent-ils des marques déposées pour éviter d’avoir à écrire le nom du jeu en français ?

Le journal a posé la question à Walmart Canada et à Toys’R’Us. Les distributeurs n’ont pas répondu.

Interrogé par Le Journal, Philippe Roy, président du distributeur de jouets Ricochet, se garde également de répondre par l’affirmative. « C’est probablement pour des raisons internationales », répond-il.

L’anglais au premier plan

Alors que l’emballage est également bilingue anglais et français, M. Roy reconnaît prudemment que ses clients détaillants canadiens veulent « mettre l’anglais d’abord, suivi du français ». Et ce, pour desservir l’ensemble du marché national qui est majoritairement anglophone, ajoute-t-il.

Ainsi, les marques canadiennes qui distribuent à la fois au Québec et dans les régions anglophones choisissent souvent des emballages bilingues plutôt que deux emballages distincts dans chaque langue. Question de logistique et de rentabilité.

Ils demandent également que l’anglais soit placé en premier.

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