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La banque UBS poussée à acheter le Credit Suisse et à éviter une débâcle


La plus grande banque suisse UBS subit des pressions des autorités pour racheter son rival Credit Suisse afin d’éviter une débâcle, ont déclaré samedi plusieurs médias, dans le but de rassurer les investisseurs et d’éviter une panique contagieuse sur les marchés lundi.

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UBS va racheter le Credit Suisse et l’accord sera scellé dimanche lors d’une réunion extraordinaire du gouvernement et des dirigeants des deux géants bancaires à Berne, a indiqué samedi le quotidien Blick, généralement bien informé.

Il souligne que les autorités n’ont pas d’autre choix, en raison de l’énorme pression exercée par les grands partenaires économiques et financiers de la Suisse qui craignent pour leur propre place financière.

Bruno Le Maire, le ministre français des Finances, a clairement fait passer le message dans Le Parisien : « Nous attendons maintenant une solution définitive et structurelle aux problèmes de cette banque ».

Le Trésor américain avait également indiqué qu’il suivait l’affaire de près.

Le marché suisse ouvre à 08h00 GMT ce lundi, tout devra être réglé d’ici là pour la banque perçue comme un maillon faible du secteur.

A la clôture de la Bourse mercredi après une chute record, le Credit Suisse valait à peine 7 milliards de francs suisses (environ autant d’euros), une misère pour une banque qui fait partie – comme UBS – des 30 établissements dans le monde qui sont considérés comme trop importants pour leur permettre d’échouer.

Mais selon le Financial Times et Blick, les clients de la banque ont retiré 10 milliards de francs suisses de dépôts en une seule journée à la fin de la semaine dernière. Un signe tangible de défiance vis-à-vis de l’establishment.

Alors, comment rassurer ? Selon l’agence Bloomberg, qui cite des sources anonymes, UBS exige que les pouvoirs publics supportent les frais de justice et les pertes potentielles qui peuvent s’élever à des milliards de francs.

Les discussions butent sur la banque d’investissement, indique l’agence financière, l’un des scénarios à l’étude étant une reprise uniquement de la gestion d’actifs et de patrimoine avec une vente de la banque d’investissement.

Les discussions portent également sur le sort de la succursale suisse du Credit Suisse, l’une des parties rentables du groupe qui a perdu 7,3 milliards de francs suisses l’an dernier et table toujours sur des pertes « substantielles » en 2023.

Cette branche regroupe la banque de détail et les crédits aux PME. L’une des pistes envisagées par les analystes est celle d’une introduction en bourse, qui éviterait aussi des licenciements massifs en Suisse à cause des doublons avec les activités d’UBS.

Mercredi, la méfiance des investisseurs et partenaires a poussé la Banque centrale suisse à prêter 50 milliards de francs suisses pour donner un nouveau souffle au Credit Suisse et rassurer les marchés. Cependant, le répit n’a été que de courte durée.

Racheter la banque ne coûterait pas cher aujourd’hui, mais une acquisition de cette taille est d’une complexité redoutable, surtout quand elle se fait dans l’urgence.

Le Credit Suisse vient de vivre deux années marquées par plusieurs scandales qui ont révélé, de l’aveu même de la direction, des « faiblesses substantielles » dans son « contrôle interne ».

L’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) l’a accusé d’avoir « gravement manqué à ses obligations prudentielles » dans la faillite de la société financière Greensill qui a marqué le début de ses déboires.

En revanche, UBS, qui a mis plusieurs années à se remettre du choc de la crise financière de 2008, commence à récolter les fruits de ses efforts, et selon plusieurs médias la banque n’avait pas l’intention avant le week-end de se lancer dans l’aventure Credit Suisse. .

La Commission de la concurrence pourrait également froncer les sourcils selon la configuration de la reprise.

Fin octobre, le Credit Suisse avait dévoilé un vaste plan de restructuration prévoyant la suppression de 9.000 postes d’ici 2025, soit plus de 17% de ses effectifs.

La banque, qui employait 52.000 personnes à fin octobre, envisage de séparer la banque d’investissement du reste de ses activités pour se recentrer sur ses pans les plus stables, dont la gestion de fortune.

Mais comme le souligne Blick : « Tout porte à croire à une solution suisse ce dimanche. Et lorsque la bourse ouvrira lundi, le Credit Suisse pourrait appartenir au passé.»



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