Skip to content
la centrale de Zaporijjia à nouveau au cœur du conflit


Une équipe de l’AIEA inspecte la centrale nucléaire de Zaporijjia le 1er septembre. Le sort du site est au premier plan des préoccupations russes, ukrainiennes et internationales. AIEA/Zuma Press/Bestimage

DÉCRYPTAGE – Le président Zelensky a demandé « des garanties contre le chantage nucléaire de la Russie ».

Qui a bombardé Zaporijia ? Après la victoire ukrainienne à Kherson, et alors que les combats se poursuivent intensément autour de Bakhmout, dans le Donbass, le sort de la centrale nucléaire est au premier plan des préoccupations russes, ukrainiennes et internationales. « Des explosions ont eu lieu sur le site de cette grande centrale nucléaire, ce qui est totalement inacceptable », a déclaré dimanche sur BFM le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi. « Qui que ce soit, cela doit cesser immédiatement », continua-t-il, s’inquiétant ouvertement d’un « la démence »: « Les gens qui font ça savent où ils frappent. C’est absolument délibéré, ciblé.

Située sur la rive gauche du Dniepr, face à Nikopol, la centrale nucléaire est actuellement détenue par les forces russes. Bien que l’AIEA ait pu y mener des inspections, la situation y reste perpétuellement complexe et tendue, avec des équipes ukrainiennes toujours présentes mais aussi, probablement, des positions militaires russes s’abritant autour de l’usine pour échapper aux tirs ennemis tout en étant en position d’attaque.

Les Russes et les Ukrainiens s’accusent mutuellement des bombardements. Certains pourraient exercer une menace latente, un chantage à l’escalade ; les autres, essayant de remporter une nouvelle victoire… « Nous avons tous besoin d’une protection garantie contre le sabotage russe dans les installations nucléaires », a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, devant l’assemblée parlementaire de l’OTAN. Le directeur de Rosatom, l’agence nucléaire russe, a également mis en garde contre le risque d’accident.

Les deux co-belligérants semblent ignorer les règles non écrites du conflit, s’inquiète une source militaire française. En théorie, les zones à risque sont censées être éloignées des théâtres d’affrontement, dit-on, alors qu’en Ukraine personne ne prend ces précautions.

La centrale électrique de Zaporijjia est aussi symbolique que stratégique. La Russie espère pouvoir la connecter au réseau électrique de Crimée. Pour l’instant, elle n’a pas réussi. Pour les Ukrainiens, reprendre le contrôle de la plus grande centrale électrique d’Europe allégerait la pression énergétique exercée sur le reste du pays.

Quatre réacteurs à l’arrêt

Depuis la contre-offensive de septembre, l’armée russe a choisi de bombarder les infrastructures civiles du pays afin de faire pression non seulement sur les troupes, mais aussi sur les civils ukrainiens, qui subissent notamment d’importantes coupures d’électricité alors que les températures chutent.

À l’heure actuelle, la centrale électrique de Zaporijia n’est connectée à aucun réseau électrique. Quatre réacteurs sont à l’arrêt et les deux derniers sont en cours de refroidissement. L’infrastructure est uniquement raccordée à un réseau électrique pour assurer le bon fonctionnement et le refroidissement des matières nucléaires sensibles. En cas de bombardements et de destructions, le risque principal serait lié à la dispersion de matières radioactives. A priori, ce scénario n’intéresse ni l’un ni l’autre.

La dizaine d’attentats enregistrés le week-end dernier a endommagé, selon les experts de l’AIEA, « un bâtiment de stockage des déchets radioactifs, les systèmes d’arrosage du bassin de refroidissement, un câble électrique vers l’un des générateurs diesel, les réservoirs de stockage des « condensats » et un pont entre un réacteur et ses bâtiments auxiliaires ». Le niveau de rayonnement est resté à un niveau normal, selon l’AIEA.

La communauté internationale est néanmoins inquiète. La situation est suffisamment grave pour qu’Emmanuel Macron s’en mêle. Le président s’est entretenu dimanche avec Rafael Grossi et lundi avec son homologue Volodymyr Zelensky. « A chaque victoire militaire de l’Ukraine, la reconquête de la région de Kharkiv ainsi que la reprise de Kherson, la Russie réagit par de nouveaux bombardements des infrastructures essentielles de l’Ukraine », a déploré le chef de l’Etat. En première ligne, la centrale électrique de Zaporijia restera une cible tant que durera la guerre.

lefigaro -fp

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.