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La chasse aux bonnes affaires devient un marathon


Cela fait plus de 10 jours depuis vendredi, si l’on se fie aux annonces et à nos boites mails. Dans le commerce de détail, les ventes du Black Friday démarrent un peu plus tôt chaque année, signe que l’industrie est en crise et se cherche.

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« Ça n’a jamais commencé si tôt, dit Fabien Durif, professeur au Département de marketing de l’UQAM.

Chez Canadian Tire, par exemple, c’est la fin de la « Semaine 2 » des « Offres pré-Black Friday » aujourd’hui.

« C’est une tendance que l’on observe depuis plusieurs années, mais il est vrai qu’elle est encore plus prononcée cette année », confirme JoAnne Labrecque, professeure de marketing à HEC Montréal.

Les commerçants qui font de la publicité tellement à l’avance « pensent certainement qu’il sera un peu plus complexe d’attirer les consommateurs », ajoute Fabien Durif.

Cet enseignant est également directeur de l’Observatoire de la consommation responsable, qui vient de publier son baromètre annuel. Le constat, en 2021 : les habitudes de consommation sont assez contradictoires.

Un mouvement qui se cherche

D’une part, l’inflation est élevée et le critère prix devient encore plus important. D’autre part, les consommateurs ont de plus en plus des aspirations éco-responsables et souhaitent que les commerçants fassent un effort.

«Ça devient très compliqué, dit Durif.

Une chose est sûre, pour lui : le fait que le Black Friday s’étale un peu plus chaque année est le signe que « le mouvement s’essouffle et se cherche ».

« Il va falloir s’en tenir à l’achat local ou au Green Friday, par exemple, car le commerce de détail souffre, on le voit dans toutes les études », précise le professeur.

Pendant ce temps, aux Promenades Saint-Bruno, un centre commercial de la banlieue de Montréal, on ne ressentait pas encore, hier matin, la frénésie à l’approche du Black Friday.

Comme tout le monde, Michel Borduas, ouvrier du bâtiment, ne dit pas non aux « spéciaux ».

«Je vais faire le tour plusieurs fois pour cibler ce qui m’intéresse cette année», a-t-il déclaré lorsque nous l’avons rencontré dès l’ouverture des magasins.

Quelques pas plus loin, un père dont le garçon avait besoin de bottes avait été attiré par une remise de 50 % sur quelques paires sélectionnées. Malheureusement pour lui, toutes les bonnes tailles ont été vendues.

« Le Black Friday n’a pas d’importance, je ne vais pas me créer de besoins », nous a confié Claude Leblanc, adjoint à la santé et aux services sociaux avant de rebrousser chemin, les mains vides.

Avec Francis Halin

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