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La construction ralentit et cela augure mal


Lorsque la construction ralentit, comme c’est actuellement le cas sur le marché des maisons neuves et de la rénovation résidentielle, les choses ne sont pas de bon augure sur le plan économique.

Pourquoi ? Car le moindre ralentissement aura un impact négatif sur le nombre d’heures travaillées et le nombre d’employés.

Comme la construction offre des emplois rémunérateurs, tout ralentissement entraînera inévitablement une baisse importante des revenus de ces travailleurs.

En 2021, les travailleurs de l’industrie de la construction gagnaient un salaire horaire moyen de 44,15 $, soit environ 15 $ de plus de l’heure que le salaire moyen au Québec. On parle ici d’une différence de 50 %.

Les 287 000 travailleurs de la construction se sont partagé quelque 8,7 milliards de dollars en salaires l’an dernier.

La situation

Après deux années fastes (2020 et 2021), le marché de l’habitation au Québec accuse un sérieux retard depuis mai dernier. Et ça va empirer en 2023 !

À cause de quoi ? Des coûts de financement qui continuent d’augmenter en raison de la forte, très forte hausse des taux d’intérêt suite à la hausse des taux directeurs de la Banque du Canada afin de contrer les pressions inflationnistes. Lequel taux directeur est passé de 0,25% en début d’année à 3,75%. Et ce n’est pas fini, ledit taux directeur devrait dépasser les 4% d’ici peu.

Les taux hypothécaires se sont envolés. Alors qu’il y a à peine un an, un crédit immobilier sur 5 ans se négociait pour aussi peu que 2%, aujourd’hui le taux moyen tourne autour de 6%.

Autres facteurs de ralentissement dans l’industrie de la construction et de la rénovation domiciliaires : les coûts ont continué d’augmenter en raison de la hausse des prix des matériaux, de la hausse des coûts de main-d’œuvre, des retards causés par la pénurie de certains matériaux.

Conséquences de tout cela, selon Hélène Bégin, économiste senior au Mouvement Desjardins ? Les ventes de biens existants ont déjà chuté de 5,5 % entre avril et septembre. Les mises en chantier ont chuté de 19,7 % au cours de la dernière année et de près de 60 % depuis le sommet historique de janvier 2021.

De plus : « La hausse actuelle des taux d’intérêt, ajoute l’économiste Bégin, n’a pas encore produit son plein effet restrictif sur le marché immobilier résidentiel. Les ventes de propriétés, les dépenses de construction neuve et de rénovation seront donc en baisse au cours des prochains trimestres. »

Points de vue

Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, le nombre de mises en chantier sur le marché de l’habitation neuve au Québec diminuera de façon spectaculaire l’an prochain.

Nous prévoyons 13 000 mises en chantier de moins que cette année, soit une baisse de 21,7 %. cent. Ceci est d’autant plus significatif que l’année 2022 montre également une baisse importante des mises en chantier, soit 11,5% par rapport à 2021.

En termes de chiffre d’affaires, la construction neuve rapportera quelque 5,1 milliards de dollars de moins en 2023 qu’en 2021, soit une baisse de 29 %.

Quant au secteur de la rénovation, il y a eu un ralentissement important ces derniers mois. Mais le Québec terminera tout de même l’année 2022 avec une hausse importante, même de 17,4 % par rapport à 2021.

Mais l’année prochaine, le tableau sera nettement différent. À la lumière du tableau, en 2023, les dépenses de rénovation devraient diminuer de 3,5 milliards de dollars par rapport à cette année, soit 15,6 %.

En 2023, 19 milliards de dollars seront dépensés en rénovation domiciliaire, soit le même montant qu’en 2021.

En plus de l’industrie de la construction, qui encaissera un vilain coup de marteau l’an prochain, on s’attend à ce qu’il en soit de même pour le marché de la revente de propriétés résidentielles.

Selon les analystes du marché, le nombre de transactions chuterait de 36 % par rapport à 2021. En termes de chiffre d’affaires des courtiers immobiliers, on parle d’une baisse de 16,6 milliards de dollars.

Derrière cette correction immobilière, il y a cependant une bonne nouvelle pour les futurs acquéreurs de maisons ou de copropriétés : le prix moyen devrait chuter d’environ 12 %.

Le marché de l’habitation au Québec

Nouvelles constructions

  • 2022 : 16,7 milliards de dollars
  • 2023 : 12,5 milliards de dollars

Mises en chantier

  • 2022 : 60 000
  • 2023 : 47 000

Frais de rénovation

  • 2022 : 22,5 milliards de dollars
  • 2023 : 19 milliards de dollars

Revente de maisons (transactions)

  • 2022 : 87 925
  • 2023 : 69 950

Prix ​​de revente moyen

  • 2022 : 485 000 $
  • 2023 : 425 000 $

Chiffre d’affaires (revente de maisons)

  • 2022 : 42,6 milliards de dollars
  • 2023 : 29,7 milliards de dollars

Prix ​​de location moyen par mois

  • 2022 : 915 $
  • 2023 : 965 $

Taux de vacance / unités

  • 2022 : 1,8 %
  • 2023 : 1,5 %

Sources : SCHL, Statistique Canada, Association canadienne de l’immeuble, Desjardins



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