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La Française Stéphanie Frappart, première femme arbitre de la Coupe du monde

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Encore un coup dans le plafond de verre. La Française Stéphanie Frappart devient la première femme à arbitrer un match de Coupe du monde masculin, arbitrant jeudi le match Allemagne-Costa Rica au Qatar.

Une première dans l’histoire du football. La Française Stéphanie Frappart, 38 ans, deviendra, jeudi 1er décembre, la première femme à arbitrer un match de la Coupe du monde masculine, en tenant le coup de sifflet du match décisif du groupe E, Allemagne-Costa Rica, nouvelle étape dans une carrière commencé en 1993 et ​​depuis sans accroc.

Première femme arbitre centrale de deuxième division française (2014) en Ligue 1 masculine (2019), première femme à diriger la Supercoupe d’Europe en août 2019, première femme à officier en Ligue des champions en décembre 2020, première à arbitrer un Euro en 2021…

La voici désormais arbitre d’un meeting au Qatar, aux côtés de la Rwandaise Salima Mukansanga et de la Japonaise Yoshimi Yamashita – ainsi que de trois autres femmes désignées comme assistantes.

« Une Coupe du monde, c’est le summum, la plus grande compétition du monde », expliquait-elle fin septembre, lors d’un point presse à Clairefontaine, après sa nomination pour le déplacement au Qatar.

Plutôt qu’un accomplissement personnel, elle a préféré y voir « la valorisation de l’arbitrage français. L’arbitrage français est reconnu par l’UEFA et la Fifa, c’est bon pour l’arbitrage et le football français ».

Clément Turpin, l’autre Français parmi les 36 arbitres officiant à Doha, qui a tenu le coup de sifflet lors du premier tour du championnat du monde, vante son expérience. « Elle a fait des dizaines de compétitions internationales. Elle sait parfaitement gérer un événement intercontinental ».

Son expérience est incontestable.

« Beaucoup de diplomatie »

Ancienne joueuse de l’AS Herblay en région parisienne, elle arbitre depuis l’âge de 13 ans. Elle a écumé les stades de deuxième division française pendant cinq saisons avant d’être promue à l’été 2019 en Ligue 1, ce qu’aucun autre arbitre principal n’avait réussi à faire jusque-là.

Stéphanie Frappart fait alors rapidement l’unanimité, s’attirant les louanges des acteurs du jeu, qu’ils soient au sol ou sur le banc.

« Elle a beaucoup de diplomatie », avait confié en 2019 Christophe Galtier alors entraîneur de Lille. « Tout ce qu’elle a à faire, c’est un regard, un sourire, un geste… et c’est fini.

« Elle a une petite voix, mais elle a du charisme, de la personnalité », a décrit le milieu de terrain Pierre Bouby, qui l’avait côtoyée en Ligue 2 avec Orléans. « Elle utilise les bons mots, explique-t-elle, c’est une diplomate et on peut discuter avec elle. »

Sa carrière a depuis décollé, passant de la France à l’Europe. Lors de Juventus Turin-Dynamo Kyiv (3-0) en décembre 2020, elle est devenue la première femme à officier comme arbitre principal d’un match de Ligue des champions, et sa performance ce soir-là, maîtrisée, avait été applaudie par la presse.

Ensuite ce sera l’Euro et enfin le monde. Entre-temps, elle arbitrera un autre match historique. En mars dernier, elle a arbitré le match féminin Barcelone-Real Madrid devant 91 000 spectateurs massés au Camp Nou, un record historique à l’époque.

« Un grand pas en avant »

Évidemment, des questions sur le fait d’être une femme au milieu des hommes lui sont régulièrement posées. Ses réponses sont, comme sa manière d’arbitrer, fermes et diplomatiques.

« Nous devons prouver physiquement, techniquement et tactiquement que nous sommes les mêmes que les hommes. Je n’ai pas peur de ça. Rien ne change pour moi », a déclaré la Française en 2019, alors qu’elle s’apprêtait à arbitrer un match de Super Coupe d’Europe.

Car s’il arrive que les joueurs se trompent et l’appellent encore parfois « Monsieur l’arbitre », cela ne fait aucune différence pour Stéphanie Frappart. Pour elle, derrière le sifflet, il n’y a pas de différence. « Les décisions et les règles sont les mêmes. Je fais les mêmes tests physiques que les garçons. Les joueurs ne ralentissent pas sur un terrain [lorsqu’ils sont arbitrés par une femme] donc les exigences ne sont pas moindres », expliquait-elle en 2019 dans une interview au Parisien.

Son discours n’a pas varié : « J’ai toujours milité pour qu’on soit pris en compte pour nos compétences et pas forcément pour notre sexe. Si les filles ont des qualités, il faut aussi leur donner l’opportunité de les concrétiser », ajoute-t-elle aujourd’hui. .

« Depuis 2019, on a fait un grand pas en avant. Désormais, ce n’est plus une surprise de voir des femmes arbitrer des hommes, quel que soit le continent ou le pays. C’est donc dans la lignée de ce qui s’est fait avant et un peu plus. mis en évidence », a-t-elle expliqué en septembre.

Clément Turpin abonde. « Aujourd’hui, elles sont sélectionnées non pas parce qu’elles sont des femmes, mais parce qu’elles sont compétentes ». « C’est la première fois, mais ça fait partie d’un chemin parcouru depuis un moment », ajoute-t-il, refusant de lui donner des conseils.

L’arbitre, originaire de la banlieue parisienne, a déjà connu le machisme. Mais la plupart du temps, il venait des tribunes. Sur la pelouse, elle était protégée des violences verbales, contrairement à ses parents qui les subissaient souvent à sa place, comme elle l’avait confié à l’Equipe : « Quand on est par terre, on est dans notre bulle, on n’entend pas. Mais ce n’est pas toujours facile d’être à l’écart et d’entendre des mots sur son propre enfant ».

Plus récemment, en 2015, elle a dû faire face au dérapage sexiste de l’entraîneur de Valenciennes David Le Frapper. Alors qu’il estimait que son équipe aurait dû bénéficier d’un penalty face à Laval, il a déclaré après le match nul (0-0) : « Concernant le penalty, il était là, mais l’arbitre n’a pas vu, peut-être qu’elle patinait. Quand on est une femme et qu’on vient arbitrer un sport masculin, c’est compliqué.» La technicienne s’est alors excusée auprès de Stéphanie Frappart qui n’a pas souhaité réagir à ces propos.

Le natif du Val-d’Oise n’a pas non plus peur de servir au Qatar, malgré les critiques qui entourent ce pays depuis sa désignation.

« C’est aussi un signe fort des autorités pour mettre des femmes dans ce pays. Je ne suis pas une porte-parole féministe, mais si ça peut faire bouger les choses… Je sais qu’on joue souvent un rôle, notamment dans le sport », explique-t-elle. , se réjouissant d’avoir « toujours été bien reçu » au Qatar.

Avec l’AFP

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