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La France accepte un navire de migrants alors que l’Italie s’enflamme


Un navire de sauvetage transportant 230 migrants a accosté vendredi dans le port français de Toulon au milieu d’une violente dispute entre la France et l’Italie sur le pays qui en est responsable.

L’Ocean Viking, opéré par une ONG française, avait récupéré les migrants en mer près des côtes libyennes avant de passer des semaines à chercher un port pour les accueillir.

La France n’avait jamais autorisé auparavant un navire de sauvetage transportant des migrants de la Méditerranée à débarquer sur ses côtes, mais l’a fait cette fois parce que l’Italie avait refusé l’accès.

Le sauvetage est intervenu un jour après que le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que les migrants relevaient de la responsabilité de l’Italie en vertu des règles de l’UE et que la décision française était une mesure « exceptionnelle ».

Il a qualifié le refus de l’Italie d’accepter les migrants d' »incompréhensible » et qu’il y aurait des « conséquences graves » pour les relations avec l’Italie qui, selon lui, avait « manqué d’humanité ».

Les migrants, dont plus de 50 enfants, ont été emmenés dans une zone d’attente internationale en attendant le traitement des demandes d’asile.

Ils ne seraient pas autorisés à quitter la zone tant que le processus ne serait pas terminé dans environ trois semaines, a déclaré le gouvernement. Les entretiens d’asile devaient commencer samedi.

L’abri, à une courte distance en voiture du port, était fortement gardé. Une équipe de l’AFP était l’un des rares médias à y avoir accès.

Ibrahim, un Gambien de 17 ans, a déclaré qu’atterrir à Toulon était un « rêve » inattendu.

Comme beaucoup d’autres, il pensait arriver en Italie, mais se retrouve en France, où il aimerait « rester et commencer sa vie ».

Il lui manque une dent, qui, selon lui, est due aux abus qu’il a subis en Libye.

« Tout ce que je voulais, c’était quitter la Libye (et quitter) l’enfer », a-t-il déclaré.

Ibrahim avait reçu un manteau, mais de nombreux autres migrants étaient encore pieds nus lorsque l’AFP est arrivée. Certains étaient assis sur des chaises en plastique blanc dans une salle extérieure.

Parmi eux se trouvait un Pakistanais de 18 ans, qui agrippait un sac poubelle contenant ses seules affaires. Imran – un pseudonyme – a passé 21 jours en mer, a-t-il dit, et s’est senti épuisé.

Il se demandait combien de temps il pourrait rester en France.

« Ils ne nous ont rien dit », a-t-il dit.

« Tant que nous ne sommes plus en Libye ou en mer, je suis d’accord avec tout. J’avais besoin d’être sur la terre ferme.

Sa préoccupation la plus urgente, a-t-il dit, était de faire savoir à sa famille qu’il était toujours en vie.

– ‘Fin d’une épreuve’ –

En représailles à la position de l’Italie, la France a suspendu un plan visant à accueillir 3 500 réfugiés actuellement en Italie, dans le cadre d’un accord européen de partage de la charge, et a exhorté l’Allemagne et les autres pays de l’UE à faire de même.

Vendredi, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a condamné ce qu’elle a qualifié de « réaction agressive » du gouvernement français, déclarant aux journalistes que c’était « incompréhensible et injustifié ».

Le navire Ocean Viking avait initialement cherché à accéder à la côte italienne, qui est la plus proche de l’endroit où les migrants ont été récupérés, affirmant que les conditions sanitaires et sanitaires à bord se détérioraient rapidement.

L’Italie a refusé, affirmant que d’autres pays devaient assumer davantage le fardeau de l’accueil des milliers de migrants essayant chaque année d’atteindre l’Europe depuis l’Afrique du Nord.

Après le débarquement à Toulon, le président français Emmanuel Macron a déclaré que le débat sur la migration en France ne pourrait être résolu « si nous n’avons pas une véritable organisation européenne qui fonctionne ».

Il a également souligné l’importance de comprendre « comment résoudre les problèmes d’inégalité avec le continent africain et les autres rives de la Méditerranée ».

« Tout le monde est très, très fatigué, mais aussi soulagé de remettre le pied à terre, c’est la fin d’un calvaire », a déclaré à l’AFP Laurence Bondard, membre de SOS Méditerranée, l’ONG en charge de l’opération Viking.

Mais l’organisation a également déclaré que les navires de migrants ne devraient pas avoir à faire le long voyage vers la France lors de futurs sauvetages.

« C’est une erreur que les gens débarquent à une si grande distance des lieux de sauvetage », a déclaré à la presse le président de SOS Méditerranée, François Thomas.

Le directeur des opérations Xavier Lauth a déclaré que le navire reprendrait les missions de sauvetage « parce que nous n’acceptons pas que cette mer devienne un cimetière ».

Quelque 600 policiers ont été déployés pour l’arrivée du navire, la Croix-Rouge étant en charge de l’aide humanitaire.

Meloni, chef du gouvernement italien le plus à droite depuis des décennies, s’est montré prêt à faire passer le différend en tête de l’agenda européen.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a déclaré jeudi que la demande concernait « 234 migrants, alors que l’Italie en a accueilli 90 000 cette année seulement ».

Neuf nations européennes se sont engagées à accueillir les deux tiers des migrants, a déclaré Darmanin jeudi, le tiers restant restant en France.

Jusqu’à présent cette année, 164 demandeurs d’asile ont été transférés d’Italie vers d’autres pays du bloc qui se sont portés volontaires pour les accepter.

C’est une fraction des plus de 88 000 qui ont atteint ses côtes jusqu’à présent cette année, dont 14% sont arrivés après avoir été secourus par des navires d’ONG, selon les autorités italiennes.

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