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La police des mœurs iranienne, une milice religieuse au service de l’intégrisme au pouvoir

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SE CONCENTRER- Depuis 2006, la « Patrouille d’orientation islamique » surveille le respect des lois prescrivant la conduite et la tenue vestimentaire dans les espaces publics en Iran. Interrogé par des manifestants depuis trois mois, son démantèlement vient d’être annoncé, sans plus de détails.

Le procureur général iranien Mohammad Jafar Montazeri a annoncé samedi que la police des mœurs avait été limogée par les autorités compétentes, selon l’agence de presse ISNA dimanche 4 décembre. « La police des mœurs n’a rien à voir avec la justice, et elle a été abolie par ceux qui l’ont créée », a-t-il déclaré samedi soir dans la ville sainte de Qom. Cette unité de police spécifique, dont le vrai nom est « Patrouille d’orientation islamique », avait arrêté il y a trois mois la jeune Mahsa Amini, l’accusant d’avoir enfreint le strict code vestimentaire de la République islamique. La mort de cette Kurde iranienne de 22 ans le 16 septembre, trois jours après son arrestation, a déclenché un vaste mouvement de protestation dans le pays.

La police des mœurs a été créée sous le président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, pour « diffuser la culture de la décence et du hijab ». Il était composé d’hommes en uniforme vert et de femmes portant le tchador noir, qui couvre la tête et le haut du corps. Cette unité a commencé ses patrouilles en 2006.

En réalité, il fait suite à plusieurs décennies de répression contre les Iraniens qui ne respectent pas à la lettre les prescriptions légales édictées par le pouvoir religieux en place depuis la révolution iranienne. Avant la création de la police des mœurs, plusieurs unités plus ou moins officielles faisaient déjà appliquer ces lois (notamment la loi de 1983 obligeant les femmes à porter le hijab). Ainsi tout au long de la décennie des années 1980, le resserrement du contrôle moral s’accompagne de la formation de petits groupes de femmes, entièrement voilées de noir, qui font parfois violemment respecter les règles islamiques : c’est « le voile ou la bastonnade ».

Dans les années qui ont suivi sa création en 2005, la police des mœurs a puni les femmes qui ne portaient pas le hijab, ou qui portaient du maquillage ou des bijoux voyants… mais aussi les hommes qui portaient par exemple des pantalons courts ou trop moulants. . D’après Le Gardien elle emploie environ 70 000 agents à travers le pays, auxquels s’ajoutent en 2016 environ 7 000 informateurs, chargés de surveiller la population dans la rue et de dénoncer les passants avec des tenues indécentes, comme le rapporte Courrier international.

Une police marquée par les évolutions politiques au sommet du régime

Le rôle de la police des mœurs a évolué au fil des années, en fonction des assouplissements ou durcissements décidés par le chef du régime. Sous le président modéré Hassan Rohani, on pouvait voir des femmes en jeans moulants portant des voiles colorés. Mais en juillet, son successeur, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a appelé à la mobilisation des « toutes les institutions pour renforcer la loi sur le voile »indiquant que « les ennemis de l’Iran et de l’islam ont voulu saper les valeurs culturelles et religieuses de la société en répandant la corruption ».

Ces dernières années, les Iraniens ont pris l’habitude de télécharger des applications, comme « Gershad », qui avertissent de la présence de la patrouille pour tenter d’échapper à son contrôle.

Les femmes qui enfreindraient le code vestimentaire de la République islamique risquaient d’être emmenées par cette unité, qui travaille main dans la main avec la justice. La plupart du temps, les femmes épinglées pour leur manquement aux bonnes mœurs reçoivent un simple avertissement ou une amende, mais chaque année plusieurs dizaines de milliers d’entre elles sont arrêtées, parfois poursuivies.

Selon une enquête menée par Amnesty International et relayée par Ouest de la France, «plus de 2,9 millions d’Iraniennes ont reçu un avertissement de la police pour non-respect du code vestimentaire islamique et 18 081 autres femmes ont été renvoyées devant les autorités judiciaires pour être poursuivies et puniesentre mars 2013 et mars 2014.

Le démantèlement annoncé de la police des mœurs ne laisse pas présager pour l’instant un assouplissement des lois en vigueur, même si celles-ci seront à nouveau étudiées par le régime de Téhéran. Les modalités concrètes de la répression (qui n’ont pas encore été confirmées par d’autres responsables iraniens) n’ont pas été détaillées.

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lefigaro -fp

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