Santé

« La prévention est un investissement social »

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MAINTENANCE – Convaincu de l’importance de la prévention, le Président du Groupe VYV plaide pour une action complémentaire de l’Etat, de l’assurance maladie et des mutuelles.

Le Groupe VYV est né en 2017 de la fusion de plusieurs acteurs mutualistes et de l’économie sociale et solidaire (Harmonie Mutuelle, MGEN, MNT, etc.). Avec plus de 10 millions de Français protégés, elle est le premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale en France.

LE FIGARO. – La prévention est l’une des priorités du gouvernement. Pourquoi est-ce un problème fondamental ?

Stéphane Junique. – La santé, rappelons-le, ne se limite pas aux soins. C’est un ensemble auquel participent une multitude de déterminants. La prévention, qui vise notamment à limiter l’impact des facteurs de risque, est la clé pour vivre plus longtemps et en meilleure santé. Mais la prévention est aussi un investissement social : pour un euro investi dans la prévention, une économie globale de treize euros est réalisée sur l’ensemble de notre système de santé ! Les bénéfices de la prévention sont donc multiples.

Comment expliquer qu’elle soit si peu ancrée dans notre pays ?

Je pense que la raison est avant tout culturelle. La France, ne l’oublions pas, a longtemps été en avance sur la courbe en matière de soins de la peau. Le Samu, par exemple, est une invention française… La réussite et l’exemplarité de notre système de santé expliquent sans doute la prépondérance de l’hôpital dans nos politiques de santé. Néanmoins, il est temps de rattraper notre retard sur notre prévention. La prévalence de maladies chroniques telles que le diabète, le sida et même certains cancers nous y oblige. D’autant plus que l’influence des facteurs comportementaux et socio-environnementaux sur la santé est désormais clairement établie.

Cela peut paraître surprenant, mais je considère que le logement est l’un des principaux déterminants de la santé. En permettant à l’ensemble de la population de vivre dans des conditions satisfaisantes, un nombre considérable de facteurs de risque sont déjà réduits.

Stéphane Junique

Quels sont les leviers d’action à mobiliser ?

Les leviers publics sont nombreux et parfois insoupçonnés. Cela peut paraître surprenant, mais je considère que le logement est l’un des principaux déterminants de la santé. En permettant à l’ensemble de la population de vivre dans des conditions satisfaisantes, un nombre considérable de facteurs de risque sont déjà réduits. La santé doit être intégrée dans toutes les réflexions qui animent nos politiques publiques. Cependant, l’Etat ne peut, à lui seul, relever le défi de la prévention dans notre pays.

Ce qui pose la question du financement…

Il est temps d’ouvrir un débat sur le financement de la protection sociale en France. En écartant le scénario d’une « grande Sécurité sociale », l’État a fait le bon choix mais encore faut-il veiller à ce que ce retournement ne réponde pas uniquement à des motivations comptables. La prévention, où tant reste à faire, est l’occasion de défendre notre modèle de complémentarité autour d’un véritable projet de société. Nous proposons d’instaurer, pour tous les assureurs, une contribution équivalente à 2% du montant total des cotisations en faveur de la prévention. En consacrant 2% des cotisations du groupe aux enjeux de prévention, le Groupe VYV pourrait créer un effet de levier de 100 millions d’euros pour agir sur des déterminants de la santé insuffisamment pris en compte par la Sécurité Sociale.

Lesquels, par exemple ?

Je pense notamment à l’exercice physique. Seuls 5% des Français pratiquent suffisamment d’activité physique pour entretenir leur capital santé ! Ce constat est alarmant. L’enjeu est d’aider nos adhérents, parfois fragilisés par une longue maladie, à renouer avec la pratique sportive. Cela passe par le remboursement de l’activité physique adaptée prescrite, mais aussi la création de lieux dédiés, à l’image de nos cinq centres sportifs de santé.

Les jeunes sont souvent oubliés dans les politiques de santé publique. Que recommandez-vous vis-à-vis de cette population spécifique ?

On suppose encore trop souvent que les jeunes n’ont pas de problèmes de santé. C’est évidemment faux. Les crises et les transitions que nous vivons causent une grande anxiété chez certains de nos jeunes. C’est pourquoi le Groupe VYV a fait de la santé mentale des jeunes une de ses priorités. Au cours des neuf premiers mois de 2022, nous avons remboursé plus de 360 ​​000 consultations psychologiques. Au vu de ces chiffres, j’ai été surpris par le très jeune âge des adhérents concernés : un quart d’entre eux avait moins de 17 ans ! Je suis convaincu qu’une société ne peut pas laisser sa jeunesse dans un tel état de souffrance.

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Quels sont les autres défis du Groupe VYV pour l’année à venir ?

Ces années de crise sanitaire ont renforcé notre volonté de développer les services de soins et d’accompagnement. Le Groupe VYV est un acteur de premier plan de l’assurance, mais aussi un acteur de proximité capable de répondre aux difficultés d’accès aux soins du territoire. Un sujet me tient particulièrement à cœur : les retraites. Je regrette l’absence de ce sujet dans le débat public, alors qu’il concerne tous les Français. Face à la multiplication des risques, la généralisation d’un socle de protection des retraites dans notre pays est une nécessité.

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