Santé

La téléconsultation cherche son second souffle

[ad_1]

Avec la fin des réglementations accommodantes liées à la crise du Covid, le secteur doit se réinventer.

C’est une musique qu’on entend beaucoup depuis le premier confinement : pour la télémédecine, «tous les voyants sont verts» ou, «les planètes s’alignent« . Il y a eu, il est vrai, l’immense succès de la plateforme Doctolib – pour n’en citer qu’un – et des levées de fonds notables, comme celle de la société de conception de gondole médicale Medadom – de 40 millions d’euros en 2021.

Pourtant, deux ans plus tard, le secteur semble entrer dans sa période de soudure. Soucieux de calmerOuest lointainAutour de la télémédecine, l’Etat a mis fin au remboursement intégral des téléconsultations depuis le 30 septembre, sans ouvrir la porte à une quelconque évolution du cadre réglementaire. Récemment, un amendement parlementaire déposé dans le cadre de la révision du PLFSS visait tout simplement à interdire la téléconsultation réalisée à domicile. Peu soutenue dans les rangs de l’Assemblée, la mesure avait peu de chances d’aboutir, mais le débat suscite des interrogations : pourquoi, alors même que les déserts médicaux ne cessent de s’étendre, la télémédecine peine-t-elle tant à convaincre ?

Au plus fort de la crise sanitaire, près de 45 000 médecins ont eu recours à la télémédecine, quinze fois plus qu’avant l’épidémie de Covid-19. Alors qu’on les disait réfractaires à toute invasion numérique, ils semblaient avoir embrassé les nouvelles technologies. Mais cette conversion était-elle voulue ou forcée ? C’est toute la question. Interrogé sur la progression des déserts médicaux, William Joubert, président du Syndicat national des professionnels de santé, soupire : «Déserts médicaux, c’est toute la France maintenant« . Face à l’ampleur du problème, la télémédecine seule ne suffira pas : «C’est un adjuvant, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga.« Si William Joubert concède que la télémédecine le fait »gagner du tempsaux praticiens et peut être unremède localisé» pour ceux qui n’ont pas de médecin, il ne manque pas d’énumérer les limites de l’acte médical à distance : l’absence d’examen physique, bien sûr, mais aussi les zones où le débit internet est limité, l’analphabétisme des personnes âgées…

Réluctance

Pour autant, William Joubert ne souhaite pas la fin de la téléconsultation autonome, qu’il juge utile. Ce qu’il redoute, c’est un assouplissement de la réglementation actuelle, susceptible de favoriser une ubérisation de l’activité : «Si on change tout le cadre réglementaire, on risque de trouver des médecins européens, voire des médecins extra-européens, sur les plateformes…« .

https://static.lefigaro.fr/files//2022-12/fb7e22cd-938d-40ef-9722-d7ff67158d37.pdf

«Et alors ?», rétorque, non sans un certain sens de la provocation, Corinne Isnard Bagnis, médecin néphrologue et spécialiste de la e-santé, co-auteur, avec Olivier Babinet, du livre Les Déserts Médicales en question(s). Ayant enchaîné conférences et webinaires sur le sujet ces dernières années, elle est bien consciente des réticences du corps médical vis-à-vis de la médecine 2.0. : «Nous y sommes allés pendant le Covid car il n’y avait pas de plan B. Rien ne nous empêchait de faire de la télémédecine avant.Sans évolution de la réglementation, notamment le respect du principe de territorialité, Corinne Isnard Bagnis voit mal comment la télémédecine pourrait répondre au problème des déserts médicaux. Selon elle, le défi est avant tout organisationnel. Pour que l’expérience soit bénéfique à la fois aux médecins et aux patients, elle propose de définir des créneaux horaires dédiés, afin d’éviter les pertes de temps dans la salle d’attente virtuelle ou encore de mieux sanctionner les rendez-vous manqués.

Des considérations qui font sourire Damien Uhlrich, directeur général de Hopi Medical, société de télémédecine nancéienne fondée il y a quinze ans. Pionnier du secteur, il ne cache pas son hostilité envers ce qu’il préfère appeler le «conseils téléphoniques« . «Il ne sert à rien« , affirme-t-il. Ou plutôt si, àrassurer les patients sains; les autres sont automatiquement envoyés aux urgences« . A l’arrivée, la prestation médicale est moindre pour le patient, alors que pour l’Assurance-maladie, la facture est double : »Le prix de la téléconsultation, plus celui du passage aux urgences« , précise-t-il. Les téléphériques ? Damien Uhlrich n’en est guère plus convaincu. Selon lui, «un patient ne peut pas s’auto-examiner», car l’utilisation autonome d’instruments médicaux est laborieuse, quand elle n’est pas dangereuse.

Vecteur de coordination

Depuis plus d’une décennie, Damien Uhlrich défend son propre modèle de téléconsultation : le patient, assisté d’une infirmière, réalise si besoin un examen médical complet, incluant échographie et électrocardiogramme. Un dispositif de pointe, qui, assure-t-il, finit par convaincre les professionnels de santé les plus réticents. Car obtenir le soutien des médecins présents sur le territoire n’est ni un détail ni une tâche aisée. Damien Uhlrich en sait quelque chose. Lorsque Hopi Medical a ouvert ses portesautorité» un centre de téléconsultation à Oberbruck (Haut-Rhin), avec l’ambition de créer le premier village de téléconsultation en France, il va de déception en déception. «Quand ce n’est pas la collectivité territoriale qui prend l’initiative, ça ne marche pas« , il admet. Depuis, plus question de faire cavalier seul : Hopi Medical s’appuie sur les médecins locaux, ou mieux, sur les récentes communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour s’implanter.

» LIRE AUSSI – Téléconsultations avec les médecins généralistes : des patients très urbains

Nous sommes donc loin deOuest lointain», décrit par le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), Thomas Fatôme. Fort de ses récents succès, l’entrepreneur voit dans la téléconsultation un moyen de coordination du corps médical. Selon lui, en plus de faciliter l’accès aux soins, l’ouverture d’un centre de télémédecine à la pointe de la technologie peut renforcer l’attractivité des quartiers sous-estimés, où faute d’infrastructures, les jeunes médecins sont souvent réticents à exercer . Mais encore faut-il que cette téléconsultation, plus sophistiquée, et donc plus contraignante, fasse son chemin dans les déserts médicaux. Pour l’instant, la tendance est plutôt à l’installation de gondoles et de bornes produites par H4D ou Medadom. Lorsqu’on lui demande s’il souffre de la concurrence de ces géants qui ont acquis, en l’espace de quelques années, une visibilité supérieure à celle de Hopi Medical, Damien Uhlrich répond par la négative : «Notre modèle est le seul viable.Optimiste, il voit dans cette période mouvementée de nouvelles perspectives pour la télémédecine de pointe.

[ad_2]

lefigaro -helth

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Bouton retour en haut de la page