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la tour Triangle toujours aussi contestée, comme bien d’autres projets – RT en français

L’opposition à la mairie de Paris, ainsi que les élus écologistes, ont voté contre le lancement du chantier de la tour Triangle, prévu début 2022. Plusieurs autres projets architecturaux de la commune sont également contestés. .

Nouveau coup dur pour la controversée tour Triangle à Paris : le conseil municipal a voté le 18 novembre trois vœux demandant l’abandon ou le report de ce projet, dont la construction doit débuter d’ici la fin de l’année. Ce vote n’est pourtant pas juridiquement contraignant, comme l’a très vite rappelé la commune dirigée par la conseillère socialiste et candidate à la présidentielle Anne Hidalgo.

Alors que les groupes PS et PCF, alliés dans la gestion de la capitale, n’ont pas pris part au vote, le premier adjoint d’Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a expliqué que la question de la construction de la tour Triangle dans l’arrondissement du XVe siècle – « objet totémique  » selon lui –  » a été débattu à de nombreuses reprises  » et que la Ville n’a  » aucun moyen légal de s’opposer à ce projet  » depuis le feu vert de 2015.

Parmi les trois vœux remettant en cause une idée jugée « anachronique », celle du groupe EELV et apparentés, pourtant alliés d’Anne Hidalgo, a été adoptée avec 90 voix sur 163 conseillers, dont ceux de l’opposition de droite et de centre. Les deux vœux des groupes LR et MoDem demandant à la Ville de suspendre le projet dans l’attente du nouveau plan local d’urbanisme bioclimatique, d’ici 2024, ont été adoptés sans majorité absolue, les Verts s’abstenant en dénonçant le « manque d’ambition » et « l’hypocrisie » de l’opposition.

Alors que la conseillère municipale EELV Fatoumata Koné a reconnu une « volonté symbolique » de « montrer qu’une majorité d’élus du Conseil de Paris est contre le projet », son collègue écologiste Emile Meunier estime que « Mme Hidalgo doit soumettre une délibération au prochaine astuce pour annuler cette aberration écologique ». Ce dernier rappelle également l’existence d’une pétition sur change.org intitulée « Non à la Tour Triangle », signée par près de 14.000 personnes.

Mi-octobre, le maire du XVe arrondissement Philippe Goujon (LR) a rappelé à l’AFP son opposition à cette tour, rejetée selon lui « par tous les habitants du quartier » pour qui elle risque de « modifier le paysage urbain ». « Ce bâtiment énergivore est le résultat d’une opération de pure spéculation immobilière, basée sur des critères totalement dépassés à l’époque du Covid », ont écrit à l’unisson les élus.

Le bailleur, le géant des centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield (URW), qui en sera propriétaire pendant 83 ans, a annoncé début novembre que le site démarrerait d’ici janvier 2022, avec le soutien financier de l’assureur Axa, pour une livraison par 2026. La tour, qui devrait mesurer 180 mètres de haut pour 42 étages, sera érigée dans l’enceinte du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, et devrait abriter un hôtel quatre étoiles, plus de 2000 mètres carrés d’espace de travail partagé, une crèche, un centre de soins et un espace culturel.

Une enquête préliminaire autour de la tour Triangle

Développé en 2008 sous le mandat de Bertrand Delanoë, alors qu’Anne Hidalgo était son assistante à l’urbanisme, le projet de la tour Triangle a été rejeté une première fois, avant d’être approuvé à une courte majorité par le Conseil de Paris le 30. Juin 2015. Depuis, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire en juin 2021 pour « favoritisme », après un signalement en 2020 de la maire LR du 7e arrondissement Rachida Dati, et le dépôt début 2021 de une plainte de l’association Anticor. Rachida Dati et Anticor s’appuient sur un rapport de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France de juillet 2020 concernant le parc des expositions de la Porte de Versailles.

Selon ce bilan, la ville de Paris a accepté d’indemniser « pour dommages non démontrés » le concessionnaire du parc Viparis (filiale d’URW) à hauteur de 263 millions d’euros. Tout en attribuant à ce même concessionnaire « dans des conditions en partie discutables » un nouveau contrat pour continuer à exploiter les installations. Après l’annonce de cette enquête préliminaire, le groupe URW avait « contesté formellement les allégations infondées portées contre lui » et regretté « la confusion faite avec la tour Triangle ».

L’abandon progressif des bâtiments du pont au-dessus de la rocade

La Tour Triangle n’est pas le seul bourbier architectural de la municipalité. La mairie avait également imaginé un « pont-gymnase » enjambant les huit voies de la rocade bordant la capitale, qui aurait dû se situer en bordure du pont qui relie Paris à Saint-Mandé (Val-de-Marne).

C’est en tout cas ce qu’avait annoncé en 2017 l’ancienne conseillère PS du 12e arrondissement Catherine Baratti-Elbaz. Le bâtiment aurait dû être achevé en mars 2020, mais selon Le monde, il est officieusement abandonné : « Construire un grand gymnase d’un seul volume, sans poteau, au-dessus du vide, c’est compliqué », expliquait en mars dernier l’un des dirigeants de Semapa, la société satellite de la ville, en charge du projet. , dont le coût avait doublé entre le devis initial et sa mise à jour qui a conduit à l’abandon.

D’autres types de bâtiments de pont ont été imaginés dans les années 2010. Un projet « vert » Porte Maillot qui devait comprendre exactement 1 000 arbres (en plus des appartements, des bureaux, un hôtel, etc.), avait été lancé en 2016 pour s’achever en 2022. Enfin, la construction n’a jamais démarré, même si des appartements avaient été mis en vente en 2018.

Le projet n’est pas officiellement enterré, mais c’est comme, notamment à cause de la fronde (déjà) des élus écologistes, pour qui la construction de maisons au-dessus du périphérique est un non-sens sanitaire et environnemental. . Toujours Porte Maillot, côté 17e arrondissement, toujours en raison de l’opposition des associations et des élus, une idée d’un bâtiment à ossature bois posé sur dalle à ériger au-dessus du périphérique, financée par BNP Paribas, a été mise de côté.

Les permis de construire des deux projets ont également été contestés par la justice en août 2021, en raison de leurs conséquences sur la santé de ceux qui devraient y vivre et y travailler. Même phénomène Porte d’Aubervilliers, où un quatrième projet de construction de pont est au point mort, en raison de l’opposition commune des élus LR et EELV.

Le quartier de la Tour Eiffel est-il entièrement piéton ?

A l’image de son obstination concernant la Tour Triangle, la mairie socialiste n’abandonne pourtant pas facilement. Un peu oublié, le projet de réaménagement autour de la tour Eiffel a été relancé par le premier adjoint Emanuel Grégoire début novembre.

Les quartiers proches des monuments parisiens les plus emblématiques pourraient connaître un lifting avec une volonté de piétonniser au maximum, à travers la création d’une « promenade végétale » de la Place du Trocadéro à l’Ecole Militaire, en passant par les jardins du Trocadéro et le Pont d’Iéna, jusqu’au gymnase Emile-Anthoine. Au total, le projet comprend l’ajout de 17 000 mètres carrés d’espaces verts et la transformation de 35 000 mètres carrés en espace piétonnier.

Le sujet à la fin sera de savoir […] si les gens le trouvent beau et utile

« Un élément structurant du projet et un peu irritant pour certains est la piétonnisation en continuité du Trocadéro jusqu’à l’Ecole militaire », a concédé Emmanuel Grégoire lors de la présentation le 3 novembre, admettant que c’était « des préoccupations légitimes » qui seront étudiées. Développé depuis 2019, le projet coûtera 107 millions d’euros selon RTL, pour un chantier débutant au second semestre 2022.

Certains membres de l’opposition ont pointé le prix fort de l’idée : « La priorité pour Paris, c’est la propreté des rues, un travail mieux organisé, investir dans nos écoles. Cet argent devrait être utilisé autrement. A l’heure où la ville est endettée, la priorité des dépenses doit aller directement au service des Parisiens, pas dans des grands projets qui n’amélioreront pas la situation », a dénoncé Pierre-Yves Bournazel, député de Paris et président du groupe indépendant. et progressif. « Le sujet à la fin sera de savoir s’il a été utilement dépensé et si les gens le trouvent beau et utile », a déclaré Emmanuel Grégoire.

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