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« La Vie clandestine », le roman raté d’Action directe

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Comment sait-on que des événements historiques sont entrés dans la mythologie, ont quitté leur statut de faits complexes pour venir nourrir la légende ? Quand on peut en donner des versions parodiques, ou simplement ludiques. La bascule de l’Histoire aux histoires ne se repère pas aux degrés de grandissement héroïque ou tragique – qui peut s’opérer d’emblée, alors que l’Histoire est en train de se faire (voir la stature acquise par le président Zelensky depuis le début de la guerre en Ukraine).

Ce sont au contraire les opérations de réduction, la possibilité de jouer avec les événements en désamorçant leur charge, qui signalent que le poids de l’Histoire s’est allégé pour devenir simple matériau élastique : par exemple quand on trouve amusant de glisser le pistolet en plastique de son fils dans son sac pour rendre visite à un terroriste d’extrême gauche à la retraite.

C’est ce que fait Monica Sabolo alors qu’elle s’apprête à passer deux jours chez Claude Halfen, ancien membre d’Action directe : ce dernier a « précisé d’un ton solennel que je ne devrais jamais donner son adresse à potentiellement, jamais, sous aucun prétexte. Mon fils m’a demandé s’il y aurait des armes enfouies dans son jardin. Désormais, lorsque nous promenons dans un parc, nous supposons que des mitraillettes sont cachées dans les buissons ». La gravité d’Halfen, soucieux de protéger sa vie, la charge de son passé, tout cela semble bien dérisoire, ramené à une plaisanterie enfantine.

La Vie clandestine est le dernier roman de Monica Sabolo, écrivaine remarquée pour Tout cela n’a rien à voir avec moi (JC Lattès, prix de Flore en 2014), et Été (JC Lattès, 2017). Le point de départ en est simple : une autrice désœuvrée cherche un sujet pour son prochain livre, « Quelque chose de facile et d’efficace, qui aurait des chances de se vendre et me permettrait de survivre ».

Un appel à témoins concernant quatre membres d’Action directe. © PhotoDR

En écoutant une émission sur France Inter, elle jette son évolution sur l’histoire d’Action directe, ce groupe de militants qui, devant l’incapacité des idéaux politiques d’extrême gauche à triompher dans les années 1970, promet le passage à l ‘action violente, et revendiquera plus de quatre-vingts actions – parmi lesquelles des attentats et des assassinats –, jusqu’à l’arrestation de ses principaux membres, en 1987.

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