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L’AFLD veut devenir « une référence internationale » en matière de lutte contre le dopage


A 15 ans, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) connaît une nouvelle poussée de croissance. Créée en 2006 à la suite de l’affaire Puerto (un vaste réseau de dopage sanguin organisé autour du médecin espagnol Eufemiano Fuentes), qui a éclaboussé le cyclisme professionnel, l’autorité publique indépendante en charge de « Garantir l’intégrité sportive, l’équité des compétitions et la santé des athlètes », a présenté, jeudi 25 novembre, les grandes lignes de son plan stratégique 2022-2024, qui dictera son action jusqu’aux Jeux olympiques de Paris. Pour l’occasion, l’agence a dévoilé les lignes de son nouveau logo.

Après avoir mis en œuvre ses réformes structurelles, dont l’une agit au 1er janvier 2022 pour le transfert – et la séparation administrative – du laboratoire d’analyses de Châtenay-Malabry vers l’université Paris-Saclay, l’AFLD souhaite désormais passer à la vitesse supérieure et devenir un « Référence internationale » en matière de lutte contre le dopage.

L’agence a effectué 9 000 tests en 2021, devrait en effectuer 1 000 supplémentaires d’ici un an et vise 12 000 prélèvements en 2023, à la veille des JO. Des progrès certes, mais encore loin des 14.000 contrôles effectués aujourd’hui par UK antidopage, son homologue britannique, auxquels les responsables de l’AFLD aiment se comparer.

Côté budget, le régulateur français verra la subvention accordée par le ministère des sports passer de 9,3 millions d’euros en 2021 à 10,2 millions d’euros en 2022 – hors budget propre du laboratoire et hors ressources résultant des prestations d’analyses fournies. pour les tiers. « 1 000 chèques supplémentaires par an, c’est 250 000 euros de plus par an », nous calculons à l’AFLD.

Lutte contre le « dopage par ignorance »

Depuis sa mise en conformité – par l’arrêté du gouvernement du 21 avril 2021 – avec le Code mondial antidopage, l’Agence s’est vu octroyer de nouvelles prérogatives. A sa mission historique de détection et de sanction des pratiques de dopage s’ajoutent des pouvoirs d’enquête et de renseignement ainsi qu’un rôle accru dans l’éducation.

L’AFLD n’était jusqu’alors souvent envisagée qu’à travers son approche disciplinaire, affirme au Monde Jérémy Roubin, secrétaire général de l’AFLD depuis le 1euh avril 2021. « L’agence avait une image de gendarme. Aujourd’hui, elle a réinvesti dans le domaine de la prévention et de l’éducation », se félicite-t-il.

Ainsi, depuis novembre, l’AFLD organise des sessions de formation pour sensibiliser aux enjeux de la lutte contre le dopage et « Promouvoir une nouvelle culture du sport propre » avec les sportifs et leur entourage. Payable pour « Ambassadeurs » ainsi formés à prêcher la bonne parole sur le terrain, aux fédérations sportives dans un premier temps avant d’élargir les publics cibles.

L’AFLD veut ainsi lutter contre « Dopage par ignorance ». « Il faut inoculer les bons réflexes », argumente Jérémy Roubin, pour « Ne plus dire ‘Je n’étais pas au courant' ». L’idée est par exemple de fournir des informations simples et fiables, des conseils pratiques aux sportifs sur la composition des compléments alimentaires ou d’aider les médecins à trouver des alternatives thérapeutiques à un médicament interdit, lorsqu’elles existent.

Côté répressif, l’AFLD a recentré ses activités de contrôle en 2021 sur la haute performance. Désormais, les deux tiers des contrôles effectués ciblent les sportifs nationaux et internationaux, alors qu’ils concernaient les deux tiers des sportifs amateurs il y a quatre ans.

Cette réorientation des contrôles répond à la demande de la Cour des comptes, qui, en avril, s’est interrogée, dans une synthèse transmise au Premier ministre Jean Castex, la compétitivité du laboratoire d’analyses et plus généralement l’efficacité de l’agence française.

Pouvoirs d’enquête

Quelque 360 ​​sportifs français font partie du groupe cible de l’AFLD en 2021, ce qui les soumet à une obligation quotidienne de déclarer leurs allées et venues. Une cinquantaine d’entre eux ont, depuis le 18 novembre, intégré ce groupe cible, dont des skieurs et biathlètes dont la participation aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin (du 4 au 20 février) justifie leur contrôle accru. . A ce groupe cible, le régulateur français prévoit d’ajouter en 2022 un groupe de contrôle, avec un périmètre plus large, une sorte de« Antichambre du groupe cible ».

Plus de contrôles mais aussi plus de pouvoirs d’investigation. L’AFLD peut désormais, conformément aux recommandations de l’Agence mondiale antidopage, convoquer des personnes pour audition, user d’une identité d’emprunt sur Internet, ou effectuer « Visites à domicile » – les perquisitions – sous le contrôle d’un juge judiciaire.

Cinq enquêteurs de l’agence ont prêté serment en octobre. « L’AFLD est l’une des rares organisations nationales antidopage à disposer de tels pouvoirs d’enquête. Cela nous permettra également de poursuivre l’entourage des sportifs », loue Jérémy Roubin.

Forte de ces nouvelles prérogatives, l’AFLD travaille pourtant sur des œufs avec les gendarmes de l’OCLAESP, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, chargé des poursuites judiciaires en matière de dopage, et avec qui les relations ne sont pas toujours « Fluides », selon la Cour des comptes.

« Il y a de la place pour plusieurs acteurs dans la lutte contre le dopage. Dire que l’AFLD s’est donné un pré-carré est un fantasme », assure Jérémy Roubin. En avril, lors d’une conférence, Le colonel Ludovic Ehrhart, chef adjoint de L’OCLAESP, a souligné le nécessaire renforcement de la coopération entre les deux instances, invoquant « Le devoir de la France de montrer l’exemple en 2024 ».

L’édition des JO à domicile représente à la fois une responsabilité, mais une opportunité pour l’AFLD, qui veut faire de l’antidopage « Une partie du patrimoine olympique ». Le laboratoire de Saclay aura alors, pendant les deux grosses semaines de compétition, autant de tests à analyser qu’en six mois d’activité normale. « Avec les Jeux, on aura un effet cliquet », veut croire Jérémy Roubin.

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