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le « cycliste du pape » en mission sacrée pendant les Mondiaux à Wollongong


Le globe-trotter néerlandais débutera ce dimanche les championnats du monde en Australie avec un maillot pour le moins original : celui du Vatican.

Participer à un championnat du monde de cyclisme, même enfant, rien de Schuurhuis n’aurait « jamais osé en rêver« . Dimanche, le globe-trotter néerlandais prendra le départ avec un maillot pour le moins original : celui du Vatican. »Je me sens bénie« , a-t-il déclaré à l’AFP.

C’est la première fois que le Vatican engage un coureur aux Mondiaux après être devenu membre officiel l’an dernier de l’Union Cycliste Internationale (UCI), première fédération d’un sport olympique à lui ouvrir ses portes.

Restait à trouver un représentant minimum compétitif, une tâche pas facile pour ce micro-Etat de moins de 1000 habitants.

Pour être éligible, vous devez être vous-même ou un membre de votre famille directe (parent, enfant), citoyen ou employé du Vatican. Rien Schuurhuis, 40 ans, n’est ni prêtre, ni employé de musée, ni garde suisse, mais sa femme, Chiara Porro, a été nommée ambassadrice d’Australie auprès du Saint-Siège en 2020.

« C’est ainsi que j’ai pu rejoindre l’Athletica Vaticana qui est essentiellement une initiative du pape François», explique le natif de Groningue dans un entretien vendredi à l’AFP. « Le pape estime que le sport est un bon moyen de transmettre des valeurs d’inclusion et de fraternité. Dans le sport, tout le monde est égal et tout le monde partage le même objectif. Ce message me parle. Et me voilà aux Championnats du monde, c’est incroyable.»

Le message du pape

Pour cet ancien coureur semi-professionnel des équipes continentales, la troisième division du cyclisme, c’est l’aboutissement d’un parcours étonnant qui l’a mené aux quatre coins du globe, toujours le vélo en main.

« Avec ma femme nous avons pas mal voyagé, nous avons vécu en Australie, en Inde, en Nouvelle Calédonie. Le vélo a toujours été pour moi, au-delà de la pure compétition, un moyen de se fondre dans la population locale, de se faire des amis de tous âges et de toutes religions.», souligne ce croyant, père de deux enfants.

En 2019, le souverain pontife a fait l’éloge du cyclisme, un sport qui « met en avant certaines vertus comme l’endurance à la fatigue – dans les ascensions longues et difficiles -, le courage – pour tenter une échappée ou attaquer un sprint -, l’intégrité dans le respect des règles, l’altruisme et le sens du travail en équipe», se souvient l’Athletica Vaticana, qui est également membre officiel de la Fédération internationale de padel et de taekwondo, et s’apprête à rejoindre le giron de l’athlétisme.

« Ce message résonne avec ma propre expérience», souligne Rien Schuurhuis qui ambitionne de l’appliquer partout où il est passé, comme en Nouvelle-Calédonie où il a appris les ficelles du métier auprès de jeunes coureurs locaux qu’il a également soutenus financièrement.

« Même si nous ne parlions pas la même langue, le vélo nous a rapprochés. C’est la vertu du sportil dit.

L’évasion,rêve ultime»

S’il a toujours baigné dans le cyclisme – « J’ai probablement appris à faire du vélo avant même d’avoir appris à marcher.« – il aurait « jamais osé rêver de participer un jour« à un championnat du monde »,un objectif bien trop ambitieux« .

« Quand j’étais gamin, j’espérais un jour faire partie d’une équipe sur le circuit continental, pas plus. Alors me retrouver ici, j’ai encore un peu de mal à y croire, je ne vais m’en rendre compte qu’une fois sur la ligne de départ.»

Les ambitions de l’envoyé pontifical, accompagné à Wollongong de l’ancien pro Valerio Agnoli, ex-coéquipier d’Ivan Basso et Vincenzo Nibali, seront modestes dimanche.

« Le rêve ultime serait de prendre la première échappée mais ce sera très dur. Gagner est très impossible (rires), même terminer la course est peu probable, le parcours est tellement dur », glisse-t-il.

L’essentiel est de toute façon ailleurs pour le Néerlandais – il a aussi un passeport australien – qui participe en marge des Mondiaux à plusieurs actions caritatives, comme vendredi avec l’organisation catholique Caritas.

« Je me sens béni d’être ici pour courir ces Championnats du monde, donc pour moi, il est naturel de s’impliquer et d’essayer d’aider les autres en retour.»

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