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« Le débat sans excès reste possible sur France Télévisions, pas sur les réseaux sociaux »


MAINTENANCE – Le PDG du groupe public critique Twitter et TikTok et considère que «le service public redevient un enjeu de souveraineté« .

Affaire Hanouna, financement de l’audiovisuel public, avenir de Salto… Delphine Ernotte revient sur les sujets qui agitent le paysage audiovisuel français.

LE FIGARO.- Vous vous attendez à un « exercice 2023 extrêmement difficile ». France Télévisions doit-elle se préparer à de nouveaux efforts ?

Delphine ERNOTTE.- En réalité, France Télévisions fait des efforts drastiques depuis 10 ans. Un rapport de l’IGF publié cet été montrait que l’entreprise « coûtait » 560 millions d’euros de moins à la collectivité qu’en 2009. Sur les 4 dernières années, nous avons économisé 400 millions d’euros. Nous avons tenu tous nos engagements, réformé l’entreprise, tout en faisant de France Télévisions le 1euh Médias français en audience. Globalement, l’effort de productivité est majeur. Environ 20 % en 10 ans : 15 % liés à la réduction des effectifs et 5 % à la réallocation des budgets pour de nouveaux projets, comme le lancement de franceinfo ou le doublement de nos investissements dans le numérique. Je connais peu d’entreprises publiques auxquelles on a demandé autant d’efforts. Par exemple, il y a dix ans, France Télévisions comptait 10 500 salariés. Cette année, nous passerons sous la barre des 9 000. Je crois sincèrement qu’avec une mission et une portée constantes, nous avons atteint la limite. La baisse des coûts ne peut pas être le seul horizon pour France Télévisions.

Comment allez-vous boucler votre prochain budget ?

Malgré le réel effort qui a été fait sur notre budget 2023, il manque 45 millions d’euros pour absorber totalement l’inflation. Je veux protéger au maximum notre offre, tout en présentant un budget équilibré, comme c’est le cas depuis mon arrivée. Nous allons donc économiser 15 millions sur les programmes, 15 autres sur nos dépenses quotidiennes. Enfin, le dernier tiers sera absorbé par une prévision volontariste sur nos propres ressources.

L’audiovisuel public n’est-il pas voué à coûter trop cher à l’Etat, si celui-ci est impécunieux ?

Rapporté au PIB ou à la population, le coût du service public français se situe plutôt dans la moyenne basse en Europe, à 14e rang pour être précis. La BBC, par exemple, a un budget 50 % supérieur au nôtre. La radiodiffusion publique allemande est deux fois mieux financée. En réalité, la vraie question est politique : avons-nous besoin d’une radiodiffusion publique forte ?

A cette même question, que répondez-vous ?

Le monde a beaucoup changé. Il y a cinq ans, nous pensions que les vieux médias allaient mourir, que nous allions tous être « netflixés » ou « twitterisés ». On a dit aussi que les GAFAN, nés sous le soleil de la côte ouest des Etats-Unis, étaient dirigés par des progressistes. Que les réseaux sociaux étaient synonymes de liberté et de démocratie. Regardez ce qui se passe aujourd’hui. Le commutateur est terminé. Elon Musk dit…

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