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le gouvernement appelle au « calme et à la retenue » après une manifestation anti-France


Le gouvernement du Burkina Faso a appelé samedi la populationcalme et retenu», au lendemain d’une manifestation contre la présence de la France dans ce pays sahélien miné depuis plusieurs années par les violences jihadistes.

« Le gouvernement appelle les populations au calme et à la retenue, au risque de plonger notre pays dans un cycle de manifestations sans fin, préjudiciable à nos objectifs de paix, de stabilité et de sécurité, recherchés pour nos populations.», indique un communiqué du porte-parole du gouvernement Jean-Emmanuel Ouédraogo.

« Il invite notamment les jeunes à ne pas se laisser détourner, et à se focaliser sur les objectifs de défense opérationnelle dans la guerre totale que nous menons contre le terrorisme (…) plutôt que sur des manifestations du genre, dont les bénéfices pour la cause de la lutte de notre peuple reste à prouver», poursuit ce texte.

Vendredi, les forces de sécurité burkinabè ont dispersé une manifestation à Ouagadougou contre la présence de la France au Burkina Faso.

Ces manifestations, qui visaient principalement l’ambassade de France à Ouagadougou, se sont également étendues à la base militaire française de Kamboinsin, en périphérie de la capitale, où est stationné un contingent de forces spéciales de la force Sabre.

Samedi, le gouvernement burkinabè a assuré qu’il « ne dérogera pas aux règles et principes de protection dus aux diplomates et représentations diplomatiques présents sur le sol burkinabé« .

Le 28 octobre, plusieurs centaines de personnes avaient déjà manifesté pour exiger le «départ dans les 72 heuresde la France au Burkina Faso.

Les intérêts français au Burkina, dont l’ambassade et deux Instituts français, ont été attaqués par des manifestants lors du coup d’État du 30 septembre qui a porté au pouvoir un jeune capitaine de 34 ans, Ibrahim Traoré, investi depuis président de la transition.

Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, Moscou bénéficie d’un soutien populaire grandissant alors que la France, ancienne puissance coloniale, y est de plus en plus vilipendée, notamment au Mali, pays voisin du Burkina également dirigé par des militaires putschistes depuis 2020.

Au Burkina, la junte au pouvoir n’a pas fermé la porte à un rapprochement avec la Russie mais n’a montré aucune hostilité envers la France, qui continue de soutenir l’armée burkinabè dans sa lutte anti-jihadiste.

Les attaques régulières de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI) ont tué des milliers de personnes et déplacé quelque deux millions de personnes depuis 2015.

lefigaro -fp

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